Améliorer le commerce intra-africain par des corridors d’infrastructures

28/05/2010
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La Banque africaine de développement (BAD) souhaite compenser le handicap  que subit  le commerce intra-africain en raison des coûts exorbitants des transports, qui s’élèvent à 60% des  coûts d’importations et d’exportations.

C’est ce que déclaré, vendredi 28 mai 2010, à Abidjan, M.Ali Kies, nouveau directeur du département de l’eau et de la Facilité africaine de l’eau et ancien  chef de la division  des transports du département de l’infrastructure de la BAD.

C’était lors d’une conférence presse dans le cadre des Assemblées annuelles  de l’institution, qu’il tenait aux côtés de M. Alex Rugamba, directeur du département de l’intégration régionale de la BAD  sur infrastructure et intégration régionale.

M.Kies a expliqué la volonté de la BAD par le fait que les chiffres en matière d’intégration  de l’Afrique au commerce mondial ne plaident  pas en faveur du continent: 3% du volume mondial.

Le commerce intra-africain  quant à lui fait moins de 10% de volume. En outre,  plusieurs pays sont enclavés. Ce qui s’est traduit par le fait que « lors de la  dernière crise énergétique, 17 d’entre eux ont souffert et continuent de souffrir.»

Selon M.Kies, la BAD n’est pas dans une approche d’infrastructures physiques mais dans une approche de corridors. Ce nouveau concept permet à l’institution de favoriser la facilitation des déplacements des personnes et des biens. Ceci en assurant la durabilité et la gestion de ces infrastructures par des autorités dédiées regroupant les Etats, la communauté économique régionale et le secteur privé.

De plus, cette gestion conjointe, outre l’intégration régionale, permettra l’extra-territorialité pour éviter tout dysfonctionnement venant des difficultés dans un pays. En quatre ans, la BAD a investi 12 milliards USD et l’infrastructure à caractère régional a bénéficié entre 25 et 35%  de ce montant.

Pour la seule année 2008-2009, les investissements pour les opérations multinationales ont  progressé de 56% et ceux pour l’infrastructure globale, de 177%.

De manière générale, pour ce qui est de l‘infrastructure les besoins sont évalués par une étude à 90 milliards USD par an.  S’agissant de l’intégration régionale, la BAD a fait le choix d’en faire un pilier, de se déterminer comme mobilisatrice de ressources et d’ériger un département de l’intégration régionale pour rendre son action plus efficace.

L’intégration régionale sera aussi un facteur d’amélioration de la compétitivité des entreprises, à travers le partage des  ressources (eau, TIC, énergie) et des coûts, a  précisé M.Alex Rugamba.

Pour lui, l’intégration ne se focalise pas seulement sur l’infrastructure, mais elle prend aussi en compte de manière globale toutes les dimensions (financière, économique et humaine).

Ainsi, il a indiqué que le plaidoyer que fera La Coalition pour le développement de l’Afrique (CoDA), regroupant d’éminentes personnalités africaines ; pourrait faire évoluer les restrictions enregistrées ici et là, en matière de délivrance de visas pour favoriser une meilleure intégration des populations.