Améliorer les résultats des opérations dans les Etats fragiles

13/04/2011
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“3C - Cohésion, coordination et complémentarité” : tel était le thème de l’atelier organisé à Tunis, le mardi 12 avril 2011, sur l’amélioration des résultats du développement dans les Etats fragiles. Ouvrant l’atelier, la cheffe de l’Unité des Etats fragiles, Sunita Pitamber, a expliqué que c’est le premier d’une série de séminaires pour aider les experts et les gestionnaires de projets de la Banque à mieux comprendre ce qu’est le développement orienté vers les résultats. « Si nous voulons pour remplir notre mission, en particulier dans les Etats touchés par les conflits et la fragilité en Afrique, nous devons comprendre clairement les méthodologies appropriées. Nous devons également comprendre les défis auxquels les pays sont confrontés, à leur niveau, pour montrer les résultats, car les résultats sont importants pour nous », a déclaré Mme Pitamber.

L’élément central de l’atelier était un exposé présenté par Cristina Hoyos, experte de l’Unité des Etats fragiles, qui a fait remarquer que 40 pays fragiles et sortant d’un conflit abritent 1,5 milliard de personnes qui sont les plus pauvres parmi les pauvres. Citant des passages du Rapport sur le développement dans le monde consacrés aux conflits, à la sécurité et au développement, elle a indiqué que les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) n’ont été atteints par aucun des pays où sévissent ces conditions. « L’impact sera sans doute variable, pour autant la crise financière et économique mondiale augmentera probablement le nombre des Etats fragiles et mettra sous pression les budgets des pays donateurs. Dans ces circonstances, l’impact, la responsabilisation et l’efficacité des mesures prises par la communauté internationale revêtent une importance cruciale », a-t-elle souligné, se faisant l’écho du Rapport.

Mme Hoyos a puisé dans sa vaste expérience non seulement dans les opérations au bénéfice des Etats fragiles, mais aussi dans les négociations internationales sur la paix et les questions d’environnement. Elle a été conseillère spéciale pour le développement, la sécurité et la fragilité, à l’Agence suisse pour le développement et la coopération, vice-présidente du Réseau internationale sur les conflits et la fragilité, et co-présidente du Réseau pour la prévention des conflits et la coopération au développement de l’OCDE/CAD, de 2006 à 2008.

Dans son exposé, Mme Hoyos a souligné les différents facteurs requis pour améliorer les résultats dans les Etats fragiles, entre autres :

  • Un mandat précis établi autour de la valeur ajoutée ;
  • La coordination entre agences ;
  • Des diagnostics clairs et communs sur les sources du conflit et la fragilité, ainsi que sur les facteurs de propagation ;
  • La suppression des doubles emplois entre donateurs, en mettant en commun les ressources, si possible, sans ralentir les mesures urgentes que certains donateurs pourraient prendre et qui exigent des résultats rapides ;  
  • L’anticipation et la souplesse, si nécessaire, pour éviter les blocages bureaucratiques ;
  • Par-dessus tout, la nécessité de renforcer l’appropriation par les pays concernés.

L’exposé a été suivi de discussions sur la possibilité d’adopter la méthodologie des 3C dans les Etats africains sortant d’un conflit et fragiles, comme procédure de travail pour renforcer les résultats du développement. Plus de 40 participants, y compris des chefs de division et des gestionnaires de tâches, ont adopté les propositions et indiqué qu’il est nécessaire de poursuivre le dialogue sur le développement dans les pays. Ils ont fait observer que la Banque ne peut pas être partout, car elle pourrait ne pas avoir elle-même les capacités requises. Pour la plupart des participants, les Etats fragiles ne doivent pas être traités en bloc, car chacun a son profil, ses caractéristiques et ses particularités. Ils ont reconnu le rôle des bureaux extérieurs de la Banque, notamment dans le domaine de la coordination de l’aide et du développement du savoir.

En conclusion des échanges, Mme Pitamber a expliqué que de nombreuses organisations multilatérales mettent déjà en œuvre l’approche des 3C : cohérence/coordination/complémentarité. Elle a cité l’intervention faite par le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, au cours de la conférence sur les 3C tenue en mars 2009 à Genève, en Suisse, au cours de laquelle il a souligné que « Les pays sortant de conflit et où l’Etat est fragile ont besoin de trois types d’interventions simultanées et non consécutives : les opérations de sécurité et de maintien de la paix, les efforts d’aide humanitaire, les programmes de développement. »  Pour M. Kaberuka, cela veut dire que l’eau potable doit être disponible, les enfants doivent aller à l’école, les récoltes doivent être faites, que le pays soit en situation de conflit ou non.