CPDN : l’absence de données et de moyens de mise en œuvre pourrait pénaliser l’Afrique

07/12/2015
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53 pays africains ont soumis à temps leurs contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) pour la COP21 – exceptée la Libye, pour des raisons évidentes. Toutefois, force est de constater que la plupart de ces CPDN souffrent d’un manque de moyens de mise en œuvre pratiques et techniques.

Les CPDN allient le système descendant de l’accord des Nations Unies sur le climat à un système ascendant par lequel les pays proposent des accords selon un contexte national, des capacités et des priorités nationales qui leur sont propres avec l’ambition de réduire suffisamment les émissions mondiales de gaz à effet de serre afin d’empêcher la température mondiale de s’élever de plus de 2° C.

Présentés comme des plans d’action sur le climat parmi les plus ambitieux, la plupart des CPDN des pays africains qui disposent de très peu de données et d’outils n’ont pas de moyens de mise en œuvre clairs. Et cela, selon un groupe d’experts qui les ont analysés, constitue le principal obstacle à la réalisation des objectifs d’atténuation en ce qui concerne l’utilisation des terres et l’agriculture.

S’adressant depuis le Pavillon africain de la COP21, lors d’une manifestation organisée en marge de la conférence de Paris, Youba Sokona, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a indiqué que les données climatiques étaient importantes pour la lutte contre le changement climatique.

Dans sa présentation sur la maîtrise de l’atténuation et de l’adaptation et sur les avantages collatéraux des CPDN, Alexandre Meybeck, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a précisé que la plupart des pays n’ont pas inclus l’adaptation dans leurs CPDN, en particulier ceux de l’Annexe I, contrairement à la majorité des pays africains qui ont également pris en compte l’agriculture.

Meybeck a expliqué que, d’après l’analyse des CPDN, pour ce qui est de l’adaptation, la plupart des pays indiquent que les secteurs les plus vulnérables sont l’agriculture, l’eau et les écosystèmes.

« Pour réaliser leurs objectifs, 113 parties, sur les 122, citent l’agriculture, tandis que 98 % citent un changement de gestion forestière et d’utilisation des terres comme outil de lutte contre le changement climatique. Les forêts et l’utilisation des terres sont souvent rattachées à l’agriculture », a-t-il ajouté.

Auteur primé et maître de conférences à l’université de Yale, Eric Toensmier, de Perennial Solutions, a affirmé que l’agriculture du carbone (carbon farming) est un outil pouvant être utilisé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ce mode d’agriculture permet de capter le carbone et de le conserver dans la végétation et le sol. C’est là une façon de gérer la terre, l’eau, les plantes et les animaux pour relever le triple défi de la restauration des paysages, du changement climatique et de la sécurité alimentaire.

Les parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) ont soumis leurs engagements sur le climat visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les CPDN contiennent des mesures prises en vue de réduire les émissions, et s’attachent aussi à aborder les mesures prises pour s’adapter aux impacts du changement climatique, ainsi que l’appui dont le pays a besoin ou qu’il fournira pour lutter contre le changement climatique.