L’océan Indien se penche sur l’intégration de la question du VIH et du sida dans les programmes scolaires

19/03/2008
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L’océan Indien se penche sur l’intégration de la question du VIH et du sida dans les programmes scolaires

Une trentaine de personnes venus des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles ont examiné récemment les politiques d’éducation sexuelle en milieu scolaire dans leur pays respectif. Ces personnes, tous d’éminents responsables dans le domaine de l’éducation et du VIH/sida, ont également parlé des meilleures pratiques en matière de communication pour une capitalisation régionale.

« Nos enfants et nos jeunes font face à une multitude de pressions exercée sur eux par les média, les pairs, la pauvreté, les pratiques traditionnelles, la violence -- morale, sexuelle, verbale--… Ils ont besoin d’acquérir les connaissances qui leur permettent d’y faire face ! surtout face au VIH/sida. Et pour cela, l’école est le meilleur environnement pour eux afin d’obtenir ces connaissances », a souligné Monique-Andreas Esoavelomandroso, secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien.

Les jeunes sont aujourd’hui au centre de l’épidémie globale du sida: sur les 1.5 milliard de jeunes dans le monde, on estime à 11.8 millions le nombre de ceux qui vivent avec le VIH. Chaque jour, 5.000 et 6.000 personnes âgées de 15-24 ans sont infectées par le VIH. Et 40% des nouveaux cas touchent les jeunes.

La COI a signé avec le Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA ) sur financement de la Banque Africaine de Développement, une convention d’un montant de plus de 50.000 euros, pour la formulation de politiques ou stratégies à caractère régional en matière d’IEC – Information Education Communication – en milieu scolaire et universitaire . Cette convention concerne également l’élaboration d’un module d’éducation sexuelle ou familiale à des fins d’intégration aux curricula pédagogiques.

L’expérience démontre et reconnaît qu’au début de l’adolescence, quand les jeunes commencent à faire des choix, il est très important de mettre à leur disposition les connaissances nécessaires et les messages de prévention pour les préparer à faire face aux défis du VIH/Sida. Toucher les jeunes en milieu scolaire fait sens dans la mesure où la majorité des jeunes et des enfants fréquentent l’école. Initier une éducation sexuelle à l’école peut aussi être très important dans les pays, comme les îles de l’océan Indien où le dialogue parent-enfant en la matière est tabou ou insuffisant.

A l’issue de cette rencontre, les pays de l’océan indien ont identifié les grandes lignes pour un ou des modules d’éducation sexuelle en milieu scolaire en matière de VIH/Sida, qui prennent en compte les spécificités nationales tout en atteignant l’objectif de renforcer les compétences des jeunes. 100 enseignants de la région seront formés pour constituer, ensuite, un pool de formateurs de leurs pairs enseignants dans leur pays.

Entre-temps, une quarantaine de personnes issues des ONGs et associations de lutte contre le sida de l’océan Indien se sont réunies à Maurice pendant les deux premières semaines du mois de mars. La Commission de l’Océan Indien (COI) a décidé de leur offrir une formation dispensée par l’ONG Enda du Sénégal concernant les concepts organisationnels et la prise en charge communautaire des personnes vivant avec le VIH.

« Les ONGs jouent un rôle fondamental vis-à-vis de la société», souligne Monique Andreas- Esoavelomandroso, Secrétaire générale de la COI. « Elles ont le pouvoir d’interpeller les décideurs, de défendre les droits des plus vulnérables et de travailler directement avec les bénéficiaires en toute indépendance. Pour cela, il faut leur donner les outils et les moyens qui leur permettent de jouer ce rôle », explique-t-elle.

Aujourd’hui dans le monde, les ONGs jouent un rôle très important dans la lutte contre le sida. Beaucoup de réseaux d’ONG se sont mis en place et figurent parmi les plus grands défenseurs des droits des PVVIH. Ils prônent l’accès universel aux traitements, aux soins et à l’accompagnement. Ils représentent la voix des personnes affectées par le VIH/Sida en interpellant les gouvernements sur leurs devoirs et obligations.

Cette formation, dispensée par l’ONG ENDA du Sénégal, a permis aux ONG de l’océan Indien de discuter, de voir ensemble les enjeux majeurs et les thématiques émergentes concernant la réponse au VIH. La formation a évoqué également, parmi d’autres thèmes, la prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le VIH.

« C’est tout simplement formidable de rencontrer ses pairs de l’océan indien ; on parle le même langage, on rencontre les mêmes difficultés», témoigne Firinga Johnson, issu du réseau MAD’AIDS de Madagascar «Nous avons compris qu’au-delà de la formation, il faut également nous mettre en réseau pour avoir encore plus de force », poursuit-il.

« Ces ateliers répondent à un besoin réel que nous avons identifié », affirme le Dr Agnes Chetty, chargée de formation au sein du projet AIRIS – COI. « La valeur ajoutée qui est aussi non négligeable pour cet atelier, c’est l’échange et le partage que nous avons déjà expérimenté dans d’autres activités et qui se révèlent très bénéfiques à terme ».