L’intégration ouvre des perspectives pour les pays enclavés et les petits pays insulaires d’Afrique australe

08/10/2013
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« L’intégration régionale permet aux pays d’Afrique australe de tirer des avantages importants de la concurrence et des effets d’échelle, mais les gains ne sont pas systématiques ; il faut élaborer soigneusement les accords commerciaux régionaux et les appliquer de manière durable pour en tirer le meilleur profit (…). L’exécution des programmes régionaux nécessite, outre des ressources financières, des capacités locales suffisantes ».

C’est l’un des principaux messages qu’a mis en avant M. Kennedy K. Mbekeani, économiste à la Banque africaine de développement, dans le document de politique sur l’intégration régionale « Commerce intra régional en Afrique australe : Structure, Performance et Défis » (“Intra-regional Trade in Southern Africa: Structure, performance and challenges” ).   

Le rapport décrit l’état des échanges commerciaux dans la région et analyse les effets stimulants des accords commerciaux régionaux (ACR) sur le commerce intra régional. Il expose également l’évolution de la composition du commerce intra régional durant les trois décennies jusqu’en 2008, il formule des suggestions sur les moyens d’améliorer la performance commerciale de la région.

Les bénéfices du commerce intra régional sont tangibles. Les échanges commerciaux entre pays sont passés de 11,6 milliards de dollars EU en 2000 à 29 milliards de dollars EU en 2008. Cette progression s’explique essentiellement par le remplacement des importations de l’Europe par celles provenant d’Afrique du Sud, suite à la fin de l’apartheid et à la création de la zone de libre-échange de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Toutefois, le commerce intra régional est en baisse depuis 2003. Sa part dans le commerce total est tombée de 22 % en 2002 à moins de 15 % en 2008. Il n’en reste pas moins que ce taux est toujours supérieur à celui du commerce intra africain, qui a stagné autour de 10 % du commerce africain total.  

L’étude montre que les économies des pays d’Afrique australe sont trop restreintes et fragmentées pour être en mesure de réaliser des économies d’échelle à leur niveau, et que seule l’intégration régionale pourrait permettre de mettre en commun les ressources, d’élargir les marchés et de stimuler la production, le commerce et l’investissement à l’échelle nationale. Ce point est illustré par la situation des pays enclavés et des petites économies insulaires, auxquels le commerce régional offre des avantages importants.

« Étant donné que les pays enclavés dépendent des pays côtiers voisins pour le transit et l’accès à la mer, ils ne peuvent s’intégrer aux marchés régionaux que si leurs voisins appliquent des politiques à même de faciliter le commerce transfrontalier. À titre d’exemple, le Lesotho dépend totalement de l’Afrique du Sud pour accéder aux ports maritimes, tandis que le Swaziland dépend à la fois de l’Afrique du Sud et du Mozambique », explique le document.

En ce qui concerne les petits États insulaires comme Madagascar, l’île Maurice et les Seychelles, l’intégration régionale peut atténuer leurs problèmes de connexion avec les marchés continentaux et mondiaux. Ces pays peuvent devenir des centres importants de transbordement si une approche régionale est adoptée pour réduire les coûts de transport des biens à destination et en provenance de ces mêmes pays.

Le rapport fait ressortir que des progrès sont en train d’être réalisés dans la région. Le Marché commun de l'Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) sont à la pointe de l’intégration régionale en Afrique australe. En outre, certains pays font partie de groupements plus petits. Cinq pays membres de la SADC (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie et Swaziland) sont aussi membres de l’Union douanière d'Afrique australe (SACU) et la Tanzanie fait aussi partie de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE).