Journée internationale pour l'élimination de la violence à l’égard des femmes - Déclaration de M. Donald Kaberuka

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De: 25/11/2013
A: 25/11/2013

 

La violence à l’égard des femmes est une violence contre nous tous. Elle n’est pas « seulement » une « affaire de femmes » : c’est une priorité pour tous les hommes et toutes les femmes déterminés à contribuer au développement de leurs sociétés.

L’Afrique sait pertinemment que ses femmes paient un lourd tribut à la violence. Dans les pays touchés par les conflits, pas moins de deux tiers des femmes ont subi des violences ou des actes de harcèlement sexuel ou physique. Partout sur le  continent, la violence sous toutes ses formes compromet le développement humain et économique.

En partenariat avec les gouvernements, les organisations de la société civile et les entreprises, la Banque africaine de développement œuvre à l’avènement d’un monde sans violence, un monde qui garantit et célèbre l'égalité des chances et de traitement entre les femmes et les hommes.

La BAD est attachée à la promotion du développement inclusif en Afrique – aussi bien en faveur des femmes que des hommes, des jeunes que des personnes âgées, des communautés rurales que des zones urbaines, autant dans nos  États les plus fragiles que dans ceux les plus solides.

La quantification du développement va bien au-delà des intérêts financiers ; et il ne peut y avoir de bien-être dans un environnement où règnent l'inégalité, la discrimination et la violence dirigée contre un genre spécifique. La violence sexuelle et la subordination des femmes réduisent leurs capacités à se protéger contre le VIH-SIDA, les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées. Le viol continue d’être utilisé contre les femmes pendant et après les conflits sur  notre continent.

En septembre 2013, j'ai nommé un Envoyé spécial pour les questions de genre chargé de défendre ces principes fondamentaux.  Son rôle est  de superviser l’action de la Banque dans le renforcement du statut juridique et des droits de propriété des femmes et dans la promotion de leur autonomisation économique, notamment par la formation.

En juillet 2013, un projet de la Banque destiné à soutenir les victimes des violences  dirigées contre un genre spécifique a reçu une distinction dans le domaine du développement international. Ce projet portait notamment sur la mise en place de centres dans lesquels les femmes peuvent avoir gratuitement accès aux services sociaux, aux soins de santé, et aux services juridiques et économiques. Nous continuons d'appuyer les efforts des Etats africains qui ont mis en place des institutions - souvent mal financées et faiblement dotées en ressources – pour traduire cette vision en réalité.

Je voudrais  ici citer le Prix Nobel africain, Wangari Maathai, qui disait que « les femmes africaines ont besoin de voir ce qu'elles représentent en tant que force et de se libérer du joug de la peur et du silence ». En tant que voix de l’Afrique dans le domaine du développement, la Banque continuera de soutenir que l'égalité hommes-femmes et l’égalité des chances devant la loi relèvent de la responsabilité partagée des États et des peuples.