Les transitions démocratiques en Afrique et les perspectives du «printemps arabe» : un forum à Tunis dresse le bilan

14/11/2011
Share |

Un forum  international a été organisé samedi à Tunis, à l’initiative de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA),  pour établir le bilan de deux décennies de transition démocratique en Afrique subsaharienne et examiner les perspectives ouvertes par le printemps arabe de 2011.

S’exprimant à l’ouverture du forum, le président du Conseil d’Administration de la CoDA, Festus Mogae, a souligné l’actualité de la thématique abordée et le caractère symbolique de la ville de Tunis, d’où sont partis les soulèvements populaires qui ont ensuite gagné l’Egypte et la Libye.

«Nous avons, cet après-midi, l’opportunité de discuter d’un sujet d’une brûlante actualité : le bilan  des transitions en Afrique et les appels à la démocratie  exprimés par des millions de Nord-Africains qui ont eu un écho sur l’ensemble de notre continent, voire dans le monde entier», a déclaré M. Mogae, ancien président du Botswana.

Un panel de spécialistes de haut niveau a  présenté  ensuite quelques études de cas des transitions démocratiques entamées depuis 1990 en Afrique subsaharienne, avant d’inviter le public à débattre des enseignements à tirer des  changements politiques majeurs intervenus récemment en Afrique du Nord.

Les discussions ont notamment porté sur la perception des transitions démocratiques et du «printemps arabe» par les jeunes africains, qui constituent la majeure partie de la population du continent.

Les conditions sont-elles réunies pour que la jeunesse africaine ait une visibilité de son avenir sur le continent ? Comment envisager une véritable expérience démocratique dans un contexte où une majeure partie de citoyens-électeurs est analphabète ? Y-a-t-il des chances que l’Afrique subsaharienne emboîte le pas à la Tunisie, à l’Egypte et à la Libye ? Ces interrogations et bien d’autres ont suscité des discussions parfois très animées entre les panélistes et le public.

«Avec ce forum, nous sommes, nous CoDA, dans notre rôle de plate-forme de discussions, d’échanges et d’interactions entre dirigeants politiques, secteur privé, société civile et partenaires de l’Afrique sur les défis et enjeux majeurs de notre continent», a ajouté M.  Festus Mogae.

La CoDA a tenu son Conseil d’administration à Tunis, à la veille du Forum sur les transitions démocratiques, en présence du président du Groupe de la Banque africaine de développement Donald Kaberuka, du Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Abdoulie Janneh, et du président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping.

Depuis sa création, en mars 2009 à Addis-Abeba, la CoDA a organisé plusieurs manifestations, dont des séminaires et des ateliers, sur les défis que l’Afrique doit relever pour amorcer véritablement son développement.