Journée internationale de la femme : 25 portraits - Comment la BAD améliore les vies de femmes africaines

05/03/2015
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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous partageons les histoires de 25 femmes issues de toute l'Afrique, dont la vie a changé du tout au tout grâce à l'intervention de la Banque africaine de développement.

Liliam Makosa
Projet de lutte contre les maladies animales transfrontalières, Zambie

Grâce à son stylo numérique, la vétérinaire Liliam Makosa peut alerter les autorités de santé animale sur-le-champ, en cas de nouvelle épidémie de fièvre aphteuse ou d’autre maladie bovine.
Synchronisé avec un téléphone cellulaire, ce stylo permet d’accéder aux informations en temps réel.
« Les mécanismes de contrôle actuels sont très efficaces. Parfois, il peut y avoir une urgence et je ne peux pas rencontrer mon patron pour l’en avertir. Avec ce système mon patron recevra mon rapport, peu importe où il est », explique-t-elle fièrement.

Les maladies animales sont synonymes de sinistre financier pour les petites exploitations. Elles peuvent aussi facilement ruiner les exportations de tout un pays. Cinq pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont la Zambie au centre, ont reçu le soutien du Projet de lutte contre les maladies animales transfrontalières (TAD, en anglais), financé par la Banque africaine de développement. Des fonds ont été mis à disposition pour développer des systèmes qui permettent de déceler et d’identifier rapidement les premières manifestations de maladies, voire de les prévenir. Le projet finance aussi un contrôle sanitaire régulier du cheptel. L’objectif est d’améliorer le quotidien des populations en zones rurales et de créer de nouvelles sources de revenus.

Marwa El Hazgmi
Programme d’alimentation en eau potable en milieu rural, Tunisie

Femme au foyer et mère de trois enfants, Marwa El Hazgmi vient d’être reliée au réseau d’alimentation en eau potable. Grâce à quoi, elle « peux mieux organiser sa journée » : finies, les 2 heures de marche pour aller puiser de l’eau jusqu’au puit public. « L’eau a facilité les travaux ménagers, mais, surtout, les enfants sont maintenant  plus propres», se réjouit-elle.
A priori, la Tunisie subit peu de problèmes d’alimentation en eau. 100 % des citadins du pays, ainsi que la majeure partie de la population rurale, ont accès à l’eau. Des poches de sècheresse subsistent néanmoins dans certaines régions rurales de Tunisie. Depuis 2012, un nouveau programme d’alimentation en eau potable, représentant 140 millions de dollars EU, a été instauré. Sous l’égide de la Banque africaine de développement et du gouvernement tunisien, il devrait offrir un accès à l’eau à plus de 350 000 personnes.

Loubna Karba
Programme d’appui à la réforme de la couverture médicale, Maroc

Loubna Karba, 32 ans, mère de deux enfants, détient désormais une carte d’assurance maladie, qui lui permet de s’offrir des soins auxquels elle n’avait pas accès auparavant – sans compter la réduction des temps d’attente
Elle fait partie des quelque 8,5 millions de personnes, au Maroc, à bénéficier des réformes dans le secteur de la santé.
Loubna doit passer une radiographie du bras. La blessure est relativement bénigne. Elle sera prise en charge et ses fiches seront traitées rapidement grâce à sa nouvelle carte d’assurance maladie.

Les dépenses de santé au Maroc peuvent encore représenter une charge lourde pour les familles. Selon certaines études, moins de la moitié de l’ensemble des frais était prise en charge par l’État ou l’assurance maladie il y a encore tout juste quelques années. L’accès aux soins médicaux au Maroc était limité par la faible couverture offerte par les régimes de protection sociale. Voici moins de dix ans, seulement 32 % de la population était couverte par une assurance maladie obligatoire ou une assurance privée. Aujourd’hui, grâce aux réformes du système de soins et au Régime d’assurance médicale (RAMED), le nouveau régime d’assistance médicale mis en place, le chiffre serait passé à 53 %l,, selon les autorités marocaines.

Rachida Gheriani
Souk At-tanmia, Tunisie

Le Kef, une région de Tunisie proche de la frontière algérienne, est frappée par le chômage et l’isolement des jeunes. De nombreuses femmes, sans formation, y sont condamnées à rester à la maison. Il y a deux ans, un espoir est né, grâce à une coopérative de tissage de tapis : Andi Sanaa, qui signifie « j’ai un métier » en arabe. Sa fondatrice, Rachida Gheriani, 56 ans, l’a financée grâce à une subvention du programme Souk At-Tanmia. La coopérative a déjà créé une vingtaine d’emplois directs. Tout en assurant à ses membres un revenu stable, elle leur donne également l’opportunité de voler de leurs propres ailes.
« On va leur donner un diplôme de formation en tissage. Elles vont faire un test qui va leur permettre d’avoir des prêts et de créer leur propre atelier », s’enthousiasme Rachida Gheriani.

Initiative d’entrepreneuriat lancée en 2012 par la Banque africaine de développement et 19 partenaires, « Souk At-Tanmia » a pour but de générer des emplois de façon durable. Plus de 70 entreprises méritant une aide financière ont été identifiées dans le cadre du programme. Désormais, des subventions et des parrains sont adjoints aux entrepreneurs, afin de les aider à atteindre leurs objectifs respectifs. Le programme a insufflé un nouvel espoir, encouragé de nouveaux projets et augmenté le nombre d’emplois dans les régions les plus défavorisées de Tunisie. Une attention particulière était portée aux entreprises ayant une incidence véritable sur les femmes, les jeunes et autres populations vulnérables.

Sabine Nibere
Programme d’alimentation en eau et d’assainissement en milieu rural, Rwanda

L’eau fraîchement pompée arrive désormais jusqu’au village, et les habitants peuvent remplir tout un jerrycan pour moins de 2 cents américains.
Sabine Nibere vient chercher de l’eau au centre de distribution de son village. Agée de 13 ans, cette collégienne dit qu’elle peut maintenant consacrer plus de temps à faire ses devoirs et à étudier plutôt que de parcourir des kilomètres pour aller chercher de l’eau pour sa famille, quels que soient les risques, l’état des pistes ou la météo. 

Des zones rurales reculées et montagneuses du Rwanda peuvent enfin profiter d’une eau propre et d’installations sanitaires, grâce à d’importants projets d’infrastructure achevés, qui fournissent de l’eau courante à des dizaines de villages et près de 400 000 habitants. Avec l’eau propre des colonnes d’alimentation, des pompes à eau et des latrines en bon état, c’est la santé des populations qui s’en voit améliorée.  D’où une baisse sensible des maladies qui peuvent être véhiculées par l’eau. Les femmes et les enfants sont parmi les plus grands bénéficiaires, car l’arrivée de l’eau à leurs portes a parfois signifié la fin de siècles de corvée harassante pour aller puiser jusque loin de l’eau souvent sale.

Kamel el-Idriss el-Hassania
Programme d’appui au développement du secteur financier (PADESFI), Maroc

Casablanca, dans une pièce claire et chaleureuse : Kamel el-Idriss el-Hassania aide l’une de ses filles à s’atteler aux devoirs d’école. En 2013, sa famille a bénéficié d’un prêt de 16 000 dollars EU pour acheter sa propre maison. Par le passé, Kamel el-Idriss el-Hassania et sa famille partageaient une maison avec son beau-frère. « Psychologiquement, c’est un un grand changement, reconnaît-elle. Nous étions dans une petite maison… et avec nos filles et leurs garçons qui grandissaient, il n’y avait pas assez de place pour que chacun ait sa propre chambre. Nous sommes plus au calme désormais. Notre vie est plus agréable. »

La population marocaine est jeune et dynamique. Cependant, comme tant d’autres qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles, nombreux sont les Marocains à avoir butté sur un système financier qui exige des garanties réelles pour octroyer un prêt. Aujourd’hui, un programme visant à améliorer l’accès aux services financiers et à renforcer la gouvernance du secteur a grandement contribué à réduire la pauvreté, à dynamiser les petites entreprises et à faciliter l’accès au logement social. La Banque africaine de développement et d’autres institutions internationales ont apporté plus de 500 millions de dollars EU de financements en faveur de ce programme.

Ne plus craindre d’être violée…
Programme d’alimentation en eau et d’assainissement en milieu rural, Rwanda

Jusqu’à une époque très récente, les femmes du village de Bisate, au Rwanda, devaient marcher jusqu’à l’épuisement, à travers d’épaisses forêts, pour aller chercher de l’eau. Pire, elles risquaient – et craignaient –également d’être agressées et violées. Grâce aux progrès accomplis en matière d’approvisionnement en eau à proximité des maisons, la donne a changé aujourd’hui.

Des zones rurales reculées et montagneuses du Rwanda peuvent enfin profiter d’une eau propre et d’installations sanitaires, grâce à d’importants projets d’infrastructure achevés, qui fournissent de l’eau courante à des dizaines de villages et près de 400 000 habitants. Avec l’eau propre des colonnes d’alimentation, des pompes à eau et des latrines en bon état, c’est la santé des populations qui s’en voit améliorée.  D’où une baisse sensible des maladies qui peuvent être véhiculées par l’eau. Les femmes et les enfants sont parmi les plus grands bénéficiaires, car l’arrivée de l’eau à leurs portes a parfois signifié la fin de siècles de corvée harassante pour aller puiser jusque loin de l’eau souvent sale.

Maria do Comceiçao Lopes Tavares Semedo
PABV: Projet de gestion des bassins versants, Cabo Verde

Commerçante, Maria do Comceiçao Lopes Tavares Semedo est fière d’avoir pu envoyer ses deux filles à l’université, au Portugal.
Tout a commencé lorsqu’elle a emprunté l’équivalent de 4 000 dollars américains à taux préférentiel, grâce à un projet financé par la BAD. Avec cet argent, elle a acheté à des fermiers des légumes et d’autres produits, qu’elle a pu revendre au marché. Les bénéfices qu’elle a réalisés lui ont permis de rembourser son prêt.
L’appétit vient en mangeant, comme chacun sait. Elle a donc emprunté de nouveau et poursuit aujourd’hui son chemin d’entrepreneur.
Elle assure qu’elle aurait pu contracter un troisième prêt. Mais le projet est en veille… pour le moment.

Le projet de gestion du bassin versant du Picos et de l’Engenhos, sur l’île de Santiago au Cabo Verde, a permis de réduire la pauvreté rurale, grâce à la préservation du sol et à l’optimisation des ressources hydriques.
Financé par la Banque africaine de développement, un réseau complexe et innovant de systèmes d’irrigation, de puits, et de réservoirs a été mis en place sur une période de sept ans, et plusieurs barrages ont été construits.
La BAD a également aidé à organiser des stages de formation professionnelle. Ces formations portaient sur les cultures agricoles de long terme, la construction mécanique, la gestion des troupeaux ou encore l’amélioration des pâturages. La plupart des participants étaient des femmes.
Aujourd’hui, la population a accès à l’eau pour un usage domestique et agricole.
Le projet a également permis la création de dizaines de micro-entreprises dans l’élevage et la culture maraîchère.

Nana Beatrice Ansah Akua
PER: Programme d’entreprises rurales, Ghana

Nana Beatrice Ansah Akua est la propriétaire du Cassava Processing Group, spécialisée dans la transformation de manioc.
Elle explique que ses nouvelles machines, plus modernes, lui permettent de produire beaucoup plus de farine de manioc et, par conséquent, de créer de nouveaux emplois. Car son entreprise ne connait pas la crise, le succès est au rendez-vous.
Grâce à une formation en gestion, cette femme d’affaires perspicace a réussi à créer une ligne de production complète, où le manioc est compressé, râpé, frit, séché, tamisé et emballé – la première étape, l’épluchage, doit toujours être faite à la main.

Le gouvernement du Ghana a demandé à la Banque africaine de développement d’apporter son soutien technique et financier au Projet d’entreprises rurales. Un projet dont la mission est de combattre la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie dans les zones rurales du pays.
Les 11 millions de Ghanéens qui vivent en zones rurales sont souvent les grands oubliés dans la marche vers le progrès. Beaucoup ont quitté leurs terres ancestrales et regagné les grandes villes… pour, le plus souvent, un avenir incertain.
Le succès du programme, en cours de mise en œuvre, est tel, qu’une nouvelle phase a été lancée jusqu’en 2017. La contribution totale de la BAD dépasse les 70 millions de dollars américains.

Mme Uzabakiriho
« Une famille, une vache », Rwanda

Mme Uzabakiriho vérifie scrupuleusement les registres comptables de l’entreprise laitière familiale. Le programme de formation qui accompagne le projet « Une famille, une vache » permet désormais d’acquérir des compétences en économie ménagère et en gestion. Gervais, son mari, a reçu sa première vache en 2003 et il s’est très vite mis au diapason. En témoigne la coupe qu’il remportée en 2006, le distinguant parmi les meilleurs agriculteurs du Rwanda.

Dans le cadre des efforts de reconstruction du Rwanda et du renforcement d’une identité nationale partagée, le gouvernement rwandais a lancé un programme visant à donner une vache laitière à des ménages pauvres, afin d’améliorer leurs moyens d’existence.
Depuis son lancement, plus de 180 000 bénéficiaires ont reçu des vaches. Le programme « Une famille, une vache » a aidé à accroître la production agricole au Rwanda – en particulier les produits laitiers, qui ont favorisé là leur tour un recul de la malnutrition et une hausse des revenus.
Le programme entend fournir 350 000 vaches à des familles pauvres d’ici à 2017.

Elina Mwiinga
Projet de lutte contre les maladies animales transfrontalières, Zambie

Elina Mwiinga est productrice de lait. Avoir des vaches en bonne santé, c’est s’assurer un bénéfice. A l’inverse, les épidémies animales peuvent sonner le glas, pour un petit éleveur comme Elina.
Elle s’en réjouit : « Je gagne 70 % de plus maintenant ». Grâce à ses revenus améliorés, ses enfants vont à l’école.
Autre point positif : elle a aujourd’hui beaucoup moins de trajet à faire pour vendre son lait, puisqu’une nouvelle crémerie vient d’ouvrir près de sa petite exploitation pour répondre à la hausse de la demande…

Les maladies animales sont synonymes de désastre financier pour les petites exploitations. Elles peuvent aussi facilement détruire les exportations de tout un pays. Cinq pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont la Zambie au centre, ont reçu le soutien du Projet de lutte contre les maladies animales transfrontalières (TAD, en anglais), financé par la Banque africaine de développement. Des fonds ont été mis à disposition pour développer des systèmes qui permettent de déceler et d’identifier rapidement les premières manifestations des maladies, voire de les prévenir. Le projet finance aussi un contrôle sanitaire régulier du cheptel. Ce faisant, le projet entend améliorer le quotidien des populations en zones rurales et créer de nouvelles sources de revenus.

Alassane Niang
Programme d’alimentation en eau et d’assainissement en milieu rural, Sénégal

Alassane Niang fait partie d’une coopérative de femmes dans le village de Sakal, dans la province de Louga, qui encourage ses membres à créer leur propre entreprise, dans le cadre du projet panafricain de « Grande muraille verte ».

Il y a moins de dix ans, seuls 60 % de la population sénégalaise avait accès à l’eau potable en milieu rural. Des centaines de milliers de femmes devaient chaque jour parcourir des kilomètres pour trouver de l’eau, souvent de piètre qualité. Financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 115 millions de dollars EU, le Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (PEPAM) du Sénégal continue d’exercer un impact positif sur le quotidien des populations locales.

Joana Lopes
PABV: Projet de gestion des bassins versants, Cabo Verde

Un meilleur système d’irrigation, c’est plus de variétés de fruits et de légumes pour les familles… Sans parler de l’accès l’eau potable, bien sûr.
Joana Lopes est devenue la porte-parole d’une coopérative de femmes  prospère : « Maintenant, je cultive des pommes de terre, des tomates, des choux, des betteraves, des choux raves… Je fais aussi des confitures de papaye. Et, j’allais oublier : des citrons. J’en vends beaucoup de citrons aux marchés. »
Joana est devenue une célébrité locale. Elle a même été interviewée à la radio et à la télévision pour avoir été l’une des premières femmes des environs à se rendre au Brésil – un pays qui a des liens linguistiques et culturels avec le Cabo Verde.

Le projet de gestion du bassin versant du Picos et de l’Engenhos sur l’île de Santiago au Cabo Verde a contribué a permis de la pauvreté rurale, grâce à la préservation du sol et à l’optimisation des ressources hydriques.
Financé par la Banque africaine de développement, un réseau complexe et innovant de systèmes d’irrigation, de puits, et de réservoirs a été mis en place sur une période de sept ans et plusieurs barrages ont été construits.
La BAD a également aidé organiser des stages de formation professionnelle. Ces formations portaient sur les cultures agricoles de long terme, la construction mécanique, la gestion des troupeaux ou encore l’amélioration de pâturages. La plupart des participants étaient des femmes.
Aujourd’hui, la population a accès à l’eau pour un usage domestique et agricole.
Mais le projet a aussi permis la création de dizaines de micro-entreprises dans l’élevage et la culture maraîchère.

Agnes Acheampang
PER: Programme d’entreprises rurales, Ghana

L’âge et le genre ne sont pas des obstacles à la réussite.
En témoigne l’histoire de cette grand-mère installée vers Donkorkrom. Agnes Acheampang a créé une entreprise de savons, aujourd’hui florissante, après avoir bénéficié d’une formation technique.
Agnes révèle non sans fierté qu’elle obtient aujourd’hui un retour sur investissement de 150 % !
Avec cet argent, elle ne s’est pas contentée d’envoyer deux de ses petits-enfants étudier dans l’une des universités les plus prestigieuses du Ghana, elle a aussi embauché quatre salariés à plein temps.

Le gouvernement ghanéen a demandé à la Banque africaine de développement d’apporter son soutien technique et financier au Projet d’entreprises rurales. Un projet dont la mission est de combattre la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie dans les zones rurales du pays.
Les 11 millions de Ghanéens qui vivent en zones rurales sont souvent les grands oubliés dans la marche vers le progrès. Beaucoup ont quitté leurs terres ancestrales pour gagner les grandes villes… avec, le plus souvent, un avenir incertain.
Le succès du programme, en cours de mise en œuvre, est tel, qu’une nouvelle phase a été lancée jusqu’en 2017. La contribution totale de la BAD dépasse les 70 millions de dollars américains.

Herminia Minha
PABV: Projet de gestion des bassins versants, Cabo Verde

Herminia Minha est maraîchère. Elle fait pousser des laitues en-dessus et en-dessous de murs en gabions. Grâce à ce système, ses récoltes sont à l’abri des pluies torrentielles. Comme beaucoup de femmes ici, Herminia vend ses produits sur les marchés locaux à des prix très compétitifs. Elle gagne assez pour payer les études de ses enfants, ce qui aurait été impensable il y a seulement quelques années.

Le projet de gestion du bassin versant du Picos et de l’Engenhos sur l’île de Santiago au Cabo Verde a contribué à réduire la pauvreté rurale grâce à la préservation du sol et à l’optimisation des ressources hydriques.
Financé par la Banque africaine de développement, un réseau complexe et innovant de systèmes d’irrigation, de puits, et de réservoirs a été mise en place sur une période de sept ans et plusieurs barrages ont été construits.
La BAD a également aidé à l’organisation de stages de formation professionnelle. Les formations portaient sur les cultures agricoles de long terme, la construction mécanique, la gestion des troupeaux ou encore l’amélioration de pâturages. La plupart des participants étaient des femmes. Aujourd’hui, la population a accès à l’eau pour une utilisation domestique et agricole.
Mais le projet a aussi permis la création de dizaines de micro-entreprises dans l’élevage et la culture maraîchère.

Christine Mbabazi
Programme de soutien à la stratégie de réduction de la pauvreté, Rwanda

À tout juste 24 ans, Christine Mbabazi, modéliste, vient de créer sa propre boutique de mode, à Kigali.
Auparavant, enregistrer une société coûtait l’équivalent de 400 de dollars EU... « Après avoir trouvé un nom, je me suis rendue au Rwanda Development Board (Conseil rwandais de développement) pour immatriculer la société. Ils m’ont dit que c’était gratuit. Je n’ai rien payé. Cela s’est fait en ligne. Ça a pris 20 minutes et tout a été fait, on m’a même donné des informations sur la gestion d’entreprise. Voilà comment ça s’est passé. Je me suis sentie vraiment heureuse et je pense qu’il est temps maintenant que je me mette au travail ».

Au cours des dix dernières années, le Rwanda a connu l’une des périodes les plus passionnantes et les plus rapides en termes de croissance et de progrès socio-économique de son histoire. Plus d’un million de personnes ont pu s’extraire de la pauvreté. La croissance démographique s’est stabilisée et le pays progresse à grands pas pour atteindre ses objectifs de développement pour le Millénaire et le statut de pays à revenu intermédiaire. Des prouesses qui ont pu rendues possibles grâce aux réformes du gouvernemental et aux fonds octroyés par les bailleurs internationaux, notamment la Banque africaine de développement à hauteur de 35 millions de dollars EU.

Fatou Sinyan Ergan
Projet de développement du système de paiements de la zone monétaire ouest-africaine, Gambie

Fatou Sinyan Ergan dirige la société Banjul Breweries Limited. Comme beaucoup de chefs d’entreprise, elle se réjouit des réformes du système bancaire. « Nous versons des montants importants, énormes même, à nos principaux fournisseurs, tels que la société d’électricité. Nous consommons aussi beaucoup de carburant, ainsi que du sucre, le seul composant local que nous achetons ici. Donc, ces factures sont énormes. Le nouveau système de règlement brut en temps réel (RBTR) permet de faciliter les paiements et c’est plus rapide… »

La Gambie connaît actuellement une mini-révolution monétaire. Cette petite nation d’Afrique de l’Ouest a franchi une étape cruciale en modifiant radicalement ses systèmes de paiement et ses infrastructures bancaires. Désormais, les transactions financières sont pour la plupart plus rapides et plus sûres, pour les grandes entreprises comme pour les particuliers. Tout cela fait partie d’un vaste projet de 28,17 millions de dollars EU, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD). L’objectif est plus largement d’améliorer les infrastructures de base du secteur financier de la région de la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest, en modernisant les systèmes de paiement de quatre pays de la zone : la Gambie, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.

Fredian Nyandwi
Programme de soutien à la stratégie de réduction de la pauvreté, Rwanda

Heureuse propriétaire d’un atelier de mécanique moto, Fredian Nyandwi a lancé son activité en 2008. Auparavant femme d’intérieur, cette mère de neuf enfants avait dû, à l’époque, patienter cinq longs mois pour enregistrer sa société. Elle se souvient que les clients étaient plutôt rares alors. Mais son activité s’est développée depuis lors et elle emploie aujourd’hui deux mécaniciens à temps plein. Aujourd’hui, les formalités d’inscription au registre du commerce peuvent se faire en moins de 24 heures. Les femmes d’affaires du Rwanda ont été fortement encouragées et soutenues dans le cadre du programme.

Au cours des dix dernières années, le Rwanda a connu une des périodes les plus passionnantes et les plus rapides en termes de croissance et de progrès socio-économique de son histoire. Plus d’un million de personnes ont pu sortir de la pauvreté. La croissance démographique s’est stabilisée et le pays progresse à grands pas pour atteindre ses objectifs de développement pour le Millénaire et le statut de pays à revenu intermédiaire. Des prouesses rendues possibles grâce aux réformes gouvernementales et aux fonds apportés par les bailleurs internationaux, notamment la Banque africaine de développement à hauteur de 35 millions de dollars.

Amalia Lopes devant le nouveau barrage de Picos
PABV: Projet de gestion des bassins versants, Cabo Verde

Grâce aux nouveaux systèmes d’irrigation, Amalia Lopes tire assez d’argent de la vente de ses haricots et de ses bananes pour envoyer son fils à l’université à Praia, la capitale du Cabo Verde.

Le projet de gestion du bassin versant du Picos et de l’Engenhos sur l’île de Santiago au Cabo Verde a aidé à réduire la pauvreté rurale, grâce à la préservation du sol et à l’optimisation des ressources hydriques.
Financé par la Banque africaine de développement, un réseau complexe et innovant de systèmes d’irrigation, de puits, et de réservoirs a été mis en place sur une période de sept ans et plusieurs barrages ont été construits.
La BAD a également aidé à organiser des stages de formation professionnelle. Ces formations portaient sur les cultures agricoles de long terme, la construction mécanique, la gestion des troupeaux ou encore l’amélioration de pâturages. La plupart des participants étaient des femmes. Aujourd’hui, la population a accès à l’eau pour uneusage domestique et agricole.
Mais le projet a aussi permis la création de dizaines de micro-entreprises dans l’élevage et la culture maraîchère.

Domina Mukamunana
« Une famille, une vache », Rwanda

Propriétaire et agricultrice, Domina Mukamunana arpente la terrasse de sa nouvelle maison, construite avec l’argent de sa florissante ferme laitière.
Agée de 58 ans, cette veuve raconte long son combat pour réussir à boucler les fins de mois, jusqu’au jour où elle s’est essayée à l’élevage de bétail grâce au projet. Elle a réussi à réunir les fonds nécessaires en empruntant à sa banque locale : « Quand j’ai voulu construire ma maison, j’ai demandé un prêt à la banque en présentant le projet. »

Dans le cadre des efforts de reconstruction du Rwanda et du renforcement d’une identité nationale partagée, le gouvernement rwandais a lancé un programme visant à donner une vache laitière à des ménages pauvres, afin d’améliorer leurs moyens d’existence.
Depuis son lancement, plus de 180 000 bénéficiaires ont reçu des vaches. Le programme « Une famille, une vache » a aidé à accroître la production agricole au Rwanda – en particulier les produits laitiers, qui ont favorisé là leur tour un recul de la malnutrition et une hausse des revenus.
Le programme entend fournir 350 000 vaches à des familles pauvres d’ici à 2017Le programme vise à fournir 350 000 vaches à des familles pauvres d’ici à 2017.

Sarah Rahmouni
Programme d’appui au développement du secteur financier (PADESFI), Maroc

Sarah Rahmouni, 29 ans, est diplômée de l’école de commerce de Toulouse en France. Elle gère, avec son frère, un restaurant-bar à salades à Rabat. « Nous sommes retournés au Maroc après nos études et les banques nous demandaient des garanties que nous n’avions pas du tout. » La solution ? « On m’a dit de m’adresser à la Caisse centrale de garantie et c’est elle qui a garanti une ligne de crédit ». Aujourd’hui, Sarah est, avec son frère, à la tête de deux restaurants. Grâce à la CCG, ils sont loin, les débuts où se mêlaient déception et frustration.

La population marocaine est jeune et dynamique. Cependant, comme tant d’autres qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles, nombreux sont les Marocains à avoir butté sur un système financier qui exige des garanties réelles pour octroyer un prêt. Aujourd’hui, un programme visant à améliorer l’accès aux services financiers et à renforcer la gouvernance du secteur a grandement contribué à réduire la pauvreté, à dynamiser les petites entreprises et à faciliter l’accès au logement social. La Banque africaine de développement et d’autres institutions internationales ont apporté plus de 500 millions de dollars EU de financements en faveur de ce programme

Solange Uwera
Projet de développement des sciences, technologies et compétences / Projet Education III, Rwanda

Solange Uwera, 24 ans, étudie la chimie environnementale à la Faculté d’architecture et de l’aménagement de l’environnement, dans une institution qui soutient activement l’accès des femmes aux programmes scientifiques et techniques de l’enseignement supérieur. Solange est fermement convaincue que les femmes sont appelées à jouer un rôle majeur dans l’avenir du Rwanda : « C’est vraiment important, car si l’on étudie le pourcentage de la population du Rwanda, on s’aperçoit que les femmes sont nombreuses. Mais on constate que peu de jeunes filles arrivent à intégrer les grandes universités », déplore cette jeune femme ambitieuse.

En mars 2014, 18 étudiantes ont obtenu le diplôme délivré par le Département des sciences et de la technologie (College of Science and Technology, CoST) de l’Université du Rwanda (University of Rwanda, UR), anciennement Institut des sciences et de la technologie de Kigali (Kigali Institute of Science and Technology, KIST). Ces 18 étudiantes ont été parmi les premières bénéficiaires du Projet de développement des sciences, technologies et compétences soutenu par la BAD. Le Département des sciences et de la technologie (CoST) est équipé d’outils modernes de technologie, notamment des installations, dont le coût s’élève à 28 millions de dollars EU, comprenant un laboratoire dans le cadre du projet Education III soutenu par la BAD. Ces installations ont été achevées en 2009. La création du CoST avec sa Faculté d’architecture et de l’aménagement de l’environnement (Faculty of Architecture and Environmental Design, FAED) et le Campus de Kigali de l’Université Carnegie Mellon (UCM) (également appelé Centre régional d’excellence de TIC) reflètent l’objectif affiché du Rwanda de favoriser l’émergence d’une génération de techniciens de haut niveau.

Saverema Myiramajigija
Programme d’alimentation en eau et d’assainissement en milieu rural, Rwanda

Veuve, Saverema Myiramajigijaa perdu son mari en 2008. Sur cette photo, elle pose à côté de la latrine qui a été construite dans le cadre d’un programme en faveur des infrastructures. Ce qui a « a radicalement changé » la vie de Saverema, qui, en a directement bénéficié. Avant, elle devait aller chercher et transporter tant bien que mal toute l’eau nécessaire à ses besoins et à ceux de ses quatre enfants pour boire, cuisiner et se laver. Désormais, elle a du temps pour se consacrer à ses enfants et les aider à réaliser son rêve : les envoyer, tous sans exception, poursuivre des études supérieures.

Des zones rurales reculées et montagneuses du Rwanda peuvent enfin profiter d’une eau propre et d’installations sanitaires, grâce à d’importants projets d’infrastructure achevés, qui fournissent de l’eau courante à des dizaines de villages et près de 400 000 habitants. Avec l’eau propre des colonnes d’alimentation, des pompes à eau et des latrines en bon état, c’est la santé des populations qui s’en voit améliorée.  D’où une baisse sensible des maladies qui peuvent être véhiculées par l’eau. Les femmes et les enfants sont parmi les plus grands bénéficiaires, car l’arrivée de l’eau à leurs portes a parfois signifié la fin de siècles de corvée harassante pour aller puiser jusque loin de l’eau souvent sale.

Virginie Mukakabano
Programme d’appui au développement des compétences, de l’employabilité et de l’entrepreunariat (SEEP), Rwanda

Retraitée depuis peu, Virginie Mukakabano reste fort énergique. A 65 ans, elle s’est engagée dans un nouveau défi : avec un associé, elle fabrique des bougies parfumées et des huiles essentielles dans sa petite entreprise « Nice Dream Candles ». Sa formation progressive à l’entrepreneuriat a vu le projet s’améliorer à chaque étape. Elle a finalement pu obtenir les prêts bancaires nécessaires à l’achat du matériel. L’idée de Virginie était d’intégrer dans ses bougies des ingrédients d’origine végétale aux vertus répulsives pour les insectes et dont la combustion éloignerait les moustiques. Vu la prévalence du paludisme au Rwanda, son idée offrait un potentiel fabuleux. Non seulement Virginie a créé des emplois à durée indéterminée, mais elle a également recruté des dizaines d’employés chargés de cultiver les plantes nécessaires à sa fabrication de bougies…

Aider les futurs entrepreneurs du Rwanda à s’aider eux-mêmes, tel est l’objectif des « pépinières d’entreprises », où conseils d’experts, assistance et soutien financier sont mis à leur disposition. La subvention de 25,7 millions de dollars EU octroyée par la Banque africaine de développement et un prêt de 12,6 millions de dollars en faveur d’un « Programme d’appui au développement des compétences, de l’employabilité et l’entreprenariat » (SEEP) dans le pays visent à soutenir la réforme de la politique du gouvernement rwandais. Objectif plus large : promouvoir le développement du capital humain, la croissance inclusive et la réduction de la pauvreté. De la maroquinerie aux bougies parfumées, toutes les idées commercialement viables sont les bienvenues et encadrées par le SEEP.

Yacine Diop
Programme d’alimentation en eau et d’assainissement en milieu rural, Sénégal

Yacine Diop vient de payer ses factures d’eau à Ndiobene Mbatar, Province de Louga. Mère de deux enfants, Yacine se souvient qu’avant la construction du château d’eau, il y a quatre ans, elle devait, avec ses enfants, quitter le village de bon matin pour aller chercher de l’eau. « Une fois arrivée au puits », dit-elle, « je devais encore patienter des heures pour ne recueillir qu’un peu d’eau. L’eau du trou de sonde est bien meilleure. Elle est plus claire et celle-là ne provoque pas de diarrhées ou des maladies.» 

Il y a moins de dix ans, seuls 60 % de la population sénégalaise avait accès à l’eau potable en milieu rural. Des centaines de milliers de femmes devaient parcourir chaque jour plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau, souvent de piètre qualité. Financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 115 millions de dollars EU, le Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (PEPAM) du Sénégal continue d’exercer un impact positif sur le  quotidien des populations locales.