Les actions de la BAD dans le secteur privé offrent des opportunités pour les Africaines

07/03/2013
Share |

Réduire la pauvreté par l'entrepreneuriat est une façon de favoriser l’autonomisation des femmes africaines. Celles-ci représentent plus de la moitié de la population d’Afrique. Elles ont le potentiel de transformer les économies en entreprises prospères. Les femmes, chefs d'entreprises et dirigeantes, sont les piliers d'une croissance inclusive induite par le secteur privé en Afrique.

La promotion des femmes chefs d'entreprises, dans le cadre des programmes de développement des PME, est devenue l'une des priorités de la BAD. Aussi, la Banque s'est-elle engagée, dans le cadre de ses actions dans le secteur privé,  à investir massivement dans l'appui aux projets qui participent de la promotion de l'égalité de genre et de l'entrepreneuriat féminin en Afrique.

Concernant le renforcement de l'autonomisation des femmes dans les secteurs économiques majeurs, les opérations du département de la BAD dédié au secteur privé développent et coordonnent, de façon proactive, des actions en partenariat avec les institutions financières multilatérales et bilatérales de développement, les banques régionales de développement, ainsi qu’avec les institutions financières du secteur privé, à travers des programmes spécifiques, des initiatives et des projets ad hoc.

Voici quelques exemples de choix, de femmes dynamiques qui ont réussi professionnellement, dans le cadre de projets financés conjointement par la BAD et ses partenaires.

Première femme africaine propriétaire d’une mine de manganèse, en Afrique du Sud

En 2011, les opérations du secteur privé ont accordé un prêt préférentiel de 150 millions de dollars EU, pour financer l'un des importants projets de manganèse en Afrique du Sud, dans la province du Nord du Cap : Kalagadi Manganèse.

Kalahari Resources, qui finnace le projet, est détenu à  67 % par des groupes de femmes, dont la Banque de développement des femmes d'Afrique du Sud, qui a pour activité principale « de s’assurer que les femmes rurales pauvres aient les moyens de se libérer des chaînes de la pauvreté ». Le projet est dirigé par Daphne Mashile-Nkosi, présidente-directrice générale de Kalagadi Manganese (Pty) Ltd.

Benjamine d'une famille pauvre de quatre enfants, Daphne Mashile-Nkosi tranche sur les profils des cadres aux commandes dans les industries extractives.  Aujourd'hui, elle préside un joint-venture de  plusieurs millions de dollars conclu avec la multinationale Arcelor Mittal.

Daphne n'accepte jamais un "non" pour réponse. Investie avec passion dans la lutte pour les droits des femmes, c’est d’ailleurs ce qui l'a aidée à parvenir là où elle est aujourd'hui : une femme leader, dans une société traditionnellement dominée par les hommes.

Le projet de mine de manganèse géré par Daphne Mashile-Nkosi aura d'importants impacts sur le développement du Cap Nord, l’une des régions les plus pauvres d'Afrique du Sud.

La BAD a aidé Kalagadi Manganèse à développer un programme de consolidation des PME et de promotion de l'entreprenariat féminin, conformément à sa politique de genre en faveur de l'égalité entre les sexes, de l'autonomisation des femmes et du développement d’entreprises  et d'entrepreneurs au féminin.

« Je suis passionnée par les droits des femmes et leur autonomisation. Je crois sincèrement que les femmes ont un rôle important à jouer dans l'industrie minière, si elles sont prêtes à s’engagement pleinement. Je crois avoir une responsabilité sur ce sujet de l'autonomisation des femmes, et de l’élimination des obstacles inhérents à l'industrie minière. C'est pour cette raison que j'insiste pour que 50 % de nos  employés soient des femmes - même sur le site minier », a déclaré Daphne Mashile-Nkosi, lors de la conférence Women Mining Ingxoxo.

Favoriser  l’accès au financement pour les femmes entrepreneurs en RDC

Mère de deux enfants, Rose Uyaka Ukunda est co-propriétaire, avec une amie, d'une petite boutique de vêtements traditionnels en bazin dans le centre de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Pour développer son entreprise et assurer l'achat de ses marchandises en provenance d'Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte-d'Ivoire, Mali, Sénégal et Togo), elle avait besoin de fonds.

Or pour une femme entrepreneur à Kinshasa, accéder à des financements n'est pas chose aisée.

Mais Rose a pu bénéficier de l'appui d’Advans Banque Congo (ABC), une banque au service de micro, petites et moyennes entreprises basées dans les zones urbaines de la RDC, et qui compte à son capital la Banque africaine de développement (BAD), qui y a acquis une prise de participation à hanteur de 2,42 millions de dollars EU. Au nombre des clients d'ABC figurent un certain nombre de petites entreprises, souvent dirigées par des femmes.

Rose est maintenant à son quatrième cycle de crédits - le premier emprunt, en 2010, était de 7 300 dollars, et le dernier, conclu en 2012, de 25 000 dollars - qu’ elle a à chaque fois remboursé sur une période de 18 à 20 mois. Grâce au soutien d’ABC, elle a pu ouvrir une autre boutique à Kisangani, une ville située à 1 750 kilomètres de Kinshasa, gérée par sa sœur, qui bénéficie ainsi de l'expansion des activités de Rose.

ABC a également perçu un don, au titre de l’assistance technique, de 940 000 dollars, de la part du Fonds d'assistance au secteur privé africain (FAPA), financé conjointement par la BAD, le gouvernement du Japon, le gouvernement autrichien et de Banque autrichienne de développement. Objectif : renforcer les capacités d’ABC et lui donner ainsi les moyens de former des cadres locaux, afin d’aider davantage encore les femmes entrepreneurs en RDC.

« Dans l'avenir, je veux qu'on soit plus grand. Et quand vous viendrez un jour ici, nous aurons trois ou quatre magasins. »- Rose Uyaka Ukunda, entrepreneur congolaise.