Interview avec Bob Geldof

01/07/2009
Share |

Bob Geldof

Question: Merci de votre visite à la Banque. Quel type de partenariat  pourriez-vous établir avec la BAD?

Réponse: C'est ma première visite à la Banque. C'est très bien que le monde commence à voir pleinement l’opportunité que présente l'Afrique et pas seulement les autres images négatives. Au cours des 27 ans où je suis venu sur le continent, ce que je vois, c'est la créativité, le dynamisme et la productivité des 900 millions de personnes sur le continent(…). Il n'ya pas d'autre possibilité pour l'Afrique que la croissance économique. Elle a toutes les ressources du monde. Elle a un énorme bassin de main-d’œuvre disponible et  une population enthousiaste. La gouvernance s’accroit, le climat des affaires s'améliore, les conflits ont diminué, le gouvernement représentatif augmente, et en 2040 je ne crois pas qu'il y ait une autre alternative pour l'Afrique que d’être un géant.
Enfin, la dernière chose que je pu faire dans ma vie  en tant qu’individu est le fait d'avoir connu les stars de la politique, les stars de l’économie, désormais, je peux probablement parler aux stars de l'entreprise. Je peux leur parler de l'Afrique et les présenter aux experts tels que la Banque africaine de développement qui est une institution multilatérale internationale fantastique. J'ai beaucoup de respect pour le Président de la BAD, Donald Kaberuka.

Question : Mais, que pensez-vous que les Africains peuvent faire eux-mêmes pour leur continent?

Réponse: Eh bien, l'Afrique doit résoudre ses propres problèmes, tout comme l'Amérique  a résolu les siens… L'Afrique a besoin, pour en a arriver là, d'infrastructures. Vous avez besoin d'infrastructures de grande croissance ! Vous avez besoin de routes, de ponts, et  de rails. Curieusement, l'Afrique va se développer d'une manière qui n'a pas été prévue par ceux qui ont  modelé cette croissance. Je pense, par exemple, que l'Afrique sera le moteur de nouveaux modèles de programmation d’ordinateurs, simplement en raison de réalités différentes.

Question : Les institutions multilatérales ont besoin de plus de ressources…

Réponse : Je sais que des donateurs disent que des projets pourraient être suspendus. Ceci fera reculer la croissance en Afrique et cela aura pour conséquence que des gens perdront leur emploi. Ces gens qui ont des enfants qui ont besoin d’aller à l’école. La crise financière est arrivée car il y a eu une dérégulation dans l’économie mondiale. Plus de la moitié du monde était exclue. Ca n’a pas de sens. Cela a créé l’instabilité. Comment intégrer ces 50% de la population dans l’économie globale ?  Cela signifie que nous ne pouvons pas  leur vendre nos produits. C'est absurde. Par définition, il ya une limite à ce que vous pouvez faire. Le G-20 était censé ramener  ces économies marginales au centre. Il a essayé, mais les mesures prises montrent sa méconnaissance du continent. Pourtant quelques rares Africains assistaient à la réunion du G-20, - M. Meles Zenawi, Donald Kaberuka - la BAD n'a pas été refinancée et c'est curieux que les montants nécessaires à sa recapitalisation soient si peu élevés.