Interview avec Marie-Laure Akin Olugbade, chef de division, BAD - Les marchés financiers africains sont dans la bonne direction

26/05/2010
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Réalisé par Francis Yedan

La deuxième édition du Guide des marchés obligataires africains et des produits dérivés a été présentée au terme de l’atelier sur les marchés des capitaux africains le mardi 25 mai 2010.

Marie-Laure Akin Olugbade, de la Banque africaine de développement (BAD), en donne les grandes articulations.  

Question : Quelles sont les avancées de cette nouvelle édition?

Réponse : Le premier guide était tout aussi exhaustif que ce dernier sauf que nous n’avions pas couvert tout l’aspect des produits dérivés. Les produits dérivés, ce sont des produits qui permettent de se couvrir contre un certain nombre de risques comme les risques des taux d’intérêt, les risques de taux de change. Il y a quelques pays en Afrique qui ont fait développer ce marché des produits dérivés.

C’est un guide qui montre également un plus grand nombre de pays qui ont réellement fait des efforts pour développer leur marché. Nous avons désormais sur un plus grand nombre de marchés des courbes de taux. C’est-à-dire l’échéance la plus longue qui peut être mobilisée en termes de financement. On a des pays comme le Kenya qui ont émis des obligations à douze années alors qu’il y a trois années, c’était un pays qui se limitait à cinq, voire à sept années. Un pays comme le Maroc a aujourd’hui une courbe qui va jusqu’à trente ans.

C’est un guide qui nous permet de voir par ailleurs que les marchés financiers africains sont dans la bonne direction. Evidemment, il y a encore quelques pays qui essaient de toujours faire des efforts pour développer ces marchés. Depuis la publication de la première édition, il y a trois années, un plus grand nombre de pays ont réellement engagé une politique volontariste pour développer leurs marchés financiers.

Question : Quelles sont les grandes articulations de ce guide?

Réponse : Le guide s’articule autour de sept chapitres. Nous commençons par une revue de la politique monétaire et du cadre de la politique monétaire. Comment cette politique monétaire se met en œuvre. Ensuite, un chapitre consacré au marché obligataire en lui-même. Ce qui donne des indications sur le déroulement du marché primaire. Le marché primaire est un marché où les émissions sont émises dans un premier temps.

Une partie du guide traite de l’activité sur le marché secondaire. Le marché secondaire, c’est là où les titres se prêtent une fois que la syndication ou la première adjudication a eu lieu. Des informations relatives aux différents intermédiaires sur les marchés y figurent . Combien y a-t-il de banques, combien y a-t-il de sociétés de bourses? Ce sont des informations importantes, parce que plus vous avez des intermédiaires, plus vous avez la capacité d’animer un marché dynamique.

Les catégories d’investisseurs que l’on trouve sur ces marchés ne sont pas oubliées par ce guide. C’est également le cas sur la politique de change des pays africains. Est-ce que c’est une devise convertible, qui a une parité fixe?  

Question : Ce guide a-t-il pour vocation de mieux faire connaitre les pays africains en vue d’éventuels emprunts obligataires sur le marché international?

Réponse : C’est un guide qui a une audience qui est relativement large. C’est une audience qui concerne les émetteurs, parce que nous avons des emprunteurs qui souhaitent avoir des financements  en dirham du Maroc ou en pula du Botswana par exemple. Est-il possible de mobiliser de l’argent sur ces marchés? C’est une information qui est importante pour des émetteurs.

Enbref, c'est un guide qui donnera des informations à tout investisseur qui souhaiterait émettre : des informations concrètes qui contribueront à faire mieux connaitre les marchés obligataires africains.