Interview de M. Shaaban, Secrétaire général adjoint à l’Assemblée générale et à la gestion des conférences de l’ONU

01/07/2009
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Question : Monsieur le Secrétaire général adjoint, pour être au cœur  de la gestion des conférences de l’Organisation des Nations Unies, pouvez-vous situer nos lecteurs sur le rôle d’une structure telle que la  vôtre et son importance dans le dispositif institutionnel ?

Réponse : Le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences a pour mission de promouvoir le dialogue et la coopération entre États Membres.

Le Département, qui compte quelque 1 200 fonctionnaires à New York et plus de 2 000 au total, assure le secrétariat technique de l’Assemblée générale, de son bureau, de ses Commissions principales, ainsi que du Conseil économique et social et de la plupart de ses organes subsidiaires et organes ad hoc, et des grandes conférences et réunions spéciales organisées par les Nations Unies sur des thèmes se rapportant au désarmement, à la sécurité internationale ou à des questions économiques, sociales ou connexes. En offrant conseils et appui aux présidents et bureaux des organes qu’ils desservent, les secrétariats techniques aident au bon déroulement des travaux de ces organes conformément à la Charte et à leurs règlements intérieurs respectifs.

Le Département fournit aussi toute une série de services, notamment des services de planification et d’organisation des conférences, des services d’interprétation, de traitement de documents et de publications des Nations Unies aux conférences et réunions qui se tiennent sous les auspices de l’Organisation à New York, Genève, Vienne et Nairobi et ailleurs dans le monde. Tous ces services sont assurés dans les six langues officielles de l’Organisation des Nations Unies, l'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol, le français et le russe.

Question : Le multilinguisme  est par définition une des  caractéristiques de l’ONU  et en même temps, une contrainte essentielle à relever pour des prestations de qualité  dans la facilitation du dialogue et la coopération entre les Etats. Comment cette donne est-elle gérée ?

Réponse : Le personnel linguistique du Département facilite les communications officielles et les délibérations écrites ou orales des États Membres dans les six langues officielles. Les participants aux réunions de l’Organisation peuvent suivre les débats ou consulter les documents de travail dans l’une des six langues officielles. Avant les séances, les documents d’information et documents de fond sont édités, traduits, publiés et distribués aux délégations, les services d’interprétation étant assurés pendant les débats. Après les séances, des comptes rendus analytiques ou des procès-verbaux sont établis et des rapports publiés. Tous ces services sont assurés par des linguistes sélectionnés exclusivement  par concours. Le personnel linguistique du Département se divise comme suit: interprètes, traducteurs, éditeurs, rédacteurs de procès-verbaux de séance, terminologues/assistants aux références, éditeurs de production/préparateurs de copie/correcteurs d'épreuves, et spécialistes du traitement de texte. En conséquence, à travers tous ces services fournis, le Département incarne très bien le multilinguisme.

Question : Que représente IAMLADP pour vous ?

Réponse : IAMLADP est un instrument unique, qui facilite la coopération entre organisations internationales dans le domaine des services linguistiques et des conférences. IAMLADP nous permet concrètement d’échanger des informations, de partager des expériences, de développer  des modules de  formation pour interprètes et traducteurs, et de promouvoir des échanges de personnels linguistiques.  Dans ce contexte, je considère IAMLADP comme un outil majeur qui contribue à l’amélioration de la formation des personnels, à travers le partage de savoir-faire et de connaissances.

Question : Comment se traduit votre coopération avec une institution telle que la Banque africaine de développement ?

Réponse : La Banque est un membre actif de IAMLADP. Elle joue un rôle essentiel dans le développement des initiatives pour combattre la pauvreté et  améliorer la vie des populations africaines.  La Banque constitue un exemple parfait de coopération entre organisations internationales et de partage de pratiques. IAMLADP peut bien bénéficier de cette expérience. IAMLADP 2009 est particulièrement important pour la discussion que nous aurons sur le projet de renforcement des capacités des interprètes et traducteurs africains. Je suis sûr que ce projet contribuera à la promotion de l’éducation en Afrique et surtout au développement des liens entre les organisations internationales et les écoles ou universités africaines spécialisées en programmes pour interprètes et traducteurs. Je compte sur cette collaboration et je suis certain que le travail de notre groupe donnera des résultats concrets.