Interview avec Mme Juana Lahousse-Juárez, directeur général de la traduction au Parlement européen

25/06/2009
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juana lahousse

Question : Quelles sont les spécificités du service de traduction du Parlement européen ?

Réponse : Le Parlement Européen (PE) est une Assemblée Législative élue au suffrage universel direct dont les décisions touchent quelques 500 millions de citoyens.

Le règlement n°1 du traité de 1958 reconnaissant l'égalité entre toutes les langues officielles des Etats Membres, le PE légifère dans  les  23 langues officielles de l'Union. Par ailleurs, le règlement intérieur du PE stipule que tout Député a le droit de s'exprimer et d'écrire dans sa langue nationale. Le processus de traduction au PE est  intimement lié au processus législatif. Par conséquent la structure de fonctionnement de la Direction Générale de la Traduction est indissociable de l'organisation et du déroulement des travaux législatifs. La DGTRAD est appelée à gérer un volume croissant de demandes de traductions (+/- 1,8 m. de pages en 2008) dans des délais très serrés (parfois moins d'une heure) dans un contexte linguistique  complexe où prévalent actuellement 506 combinaisons linguistiques.

Le Code de Conduite sur le Multilinguisme, accepté par toutes les parties impliquées dans le circuit des documents et remis à jour en 2008,  fixe les règles de fonctionnement de l'ensemble des services linguistiques du PE.

Question : Qu’est-ce qui  peut bien relier des institutions aussi différentes que l’ONU, le Parlement européen et  la Banque africaine de développement, en matière de services linguistiques, de documentation et de publications ?

Réponse : Le métier de la traduction, traditionnel et universel s'il en est, est en évolution constante. Aujourd'hui, dans l'ensemble de nos institutions les impératifs de quantité, qualité et rapidité sont de plus en plus contraignants. Les seules innovations technologiques n'apportent que des réponses partielles. Sans une solide organisation du WorkFlow et des structures internes de fonctionnement, toute tentative de modernisation des outils de travail resterait sans résultats.

Les services de traduction de nos institutions ont ceci de commun qu'ils font le même travail dans des circonstances souvent comparables malgré des environnements professionnels différents.

Contrairement à d'autres professions, la traduction ne connaît pas de frontières.

Face à des problématiques communes, des approches et stratégies communes doivent être dégagées par le biais d'échanges et de réflexions au sein de structures organisées comme c'est le cas de l’IAMLADP.

Question : Quelles sont vos attentes  par rapport à IAMLADP, à Tunis ?

Réponse : Pour la DGTRAD du PE, Tunis offre une opportunité unique de poursuivre et d'approfondir le dialogue interinstitutionnel et l'échange de bonnes pratiques dans un contexte structurel, géographique et culturel très différent du sien.