Interview avec Patrick Giraud, spécialiste en chef, BAD

29/10/2009
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Question: Les résultats de ce Forum sont inscrits dans un certain nombre de recommandations. Pouvez-vous nous en donner les principaux axes ?

Réponse: Les recommandations du Forum ont été préparées de façon très interactive avec les participants, d’une part à travers les résultats des ateliers thématiques et d’autre part lors de la dernière séance plénière. Des recommandations ont été formulées pour

  • Améliorer la compétition sur le marché des transferts notamment par la mise en place de mécanismes de régulation effective et efficace ;
  • Habiliter les acteurs du marché ;
  • Introduire de nouvelles technologies et
  • Accroitre l’accès aux services financiers pour les familles des migrants, en particulier en zone rurale.

Le détail des recommandations sera posté dans les prochains jours sur les sites web de la Banque et du FIDA.

Question: Selon les points de vue exprimés par les participants durant ces 2 journées, peut-on dresser une hiérarchie des priorités d’action ?

Réponse: Le point qui est ressorti le plus clairement et fréquemment des discussions a été le besoin de mettre en place un cadre réglementaire approprié pour faciliter les transferts de fonds des migrants, aussi bien au niveau des opérateurs qui doivent être autorisés a intervenir, tels que les institutions de microfinance, qu’au niveau des technologies qui peuvent être utilisées pour accroitre l’efficacité et réduire le coût des transferts. Le problème de l’accès aux services financiers était aussi au centre des préoccupations des participants.  
 
Question: Pour la BAD, quelles perspectives concrètes se dessinent, à la lumière de ces recommandations ?

Réponse: Le Forum a conforté la Banque dans le choix de ses priorités. D’une part, nous allons poursuivre notre collaboration avec le FIDA et nos autres partenaires au sein de la Finance au Service de l’Afrique, c-à-d les membres du G8 et la Banque mondiale, pour la mise en œuvre de ces recommandations. D’autre part, nous allons poursuivre le travail à travers des opérations concrètes, comme l'organisation de deux ateliers programmé les 16 et 19 novembre 2009, en collaboration avec la France, à Casablanca et à Bamako sur les cadres réglementaires et les produits financiers innovants pour faciliter les transferts au sein du Maghreb et de la Zone Franc. Ces ateliers devraient déboucher sur des propositions d'amélioration des cadres réglementaires et probablement sur des projets de développement de produits financiers plus adaptés aux besoins des migrants et de leurs parents bénéficiaires. Ces ateliers seront suivis d’un séminaire pan-africain en 2010. Ce dernier permettra notamment de discuter des mêmes questions à l'échelle du continent, en se fondant sur l'expérience d'autres régions du monde (en particulier l'Amérique latine) et de faire le point sur les actions envisagées dans les zones pilotes couvertes par les ateliers, pour explorer la façon dont on peut les étendre à d’autres régions du continent.

Question: Comment ces perspectives se renforcent-elles avec l’accord portant création du Fonds fiduciaire sur les transferts des migrants qui a été signé à Paris le 23 octobre dernier par le président de la Banque, le gouvernement français et le FIDA ?

Réponse: Le Forum, organisé avec le FIDA, la collaboration en cours avec la Banque mondiale pour une étude d’envergure en Afrique sub-saharienne, les études menées au Rwanda et en Ouganda, avec la collaboration initiale de DFID, les ateliers régionaux de novembre 2009 et le séminaire international de 2010, en collaboration avec la France, sont toutes des actions entreprises dans le cadre de l’Initiative Migration et Développement de la Banque, qui prévoit bien d’autres activités concrètes pour faciliter le transferts de fonds des migrants, en réduire le coût et augmenter leur impact sur le développement. Le fonds fiduciaire multi-donateur du même nom qui a été signé à Paris par le président de la BAD, la France et le FIDA va nous donner les moyens de nos ambitions! Nous allons maintenant être en mesure de financer avec ce Fonds des activités qui serviront de pilotes à la mise en œuvre de notre Initiative Migration et Développement et des recommandations du Forum FIDA-BAD 2009. Ce Fonds aura un rôle de levier dans la mobilisation des ressources financières et des moyens humains nécessaires à une meilleure implication des diasporas africaines dans l'effort du développement et de la lutte contre la pauvreté.