Entretien avec le représentant de la Croix-Rouge, Jean-Michel Monod

15/03/2011
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«L’action de la BAD est très positive… ce don contribuera également au renforcement des efforts logistiques de nos collègues du Croissant-Rouge tunisien », a déclaré le représentant de la Croix-Rouge, Jean-Michel Monod, suite à la signature d’un don d’un million de dollars avec la BAD, ce lundi, 14 mars 2011 à Tunis.

Question : M. Jean Michel Monod, comme il a été souligné lors de la cérémonie de signature, la BAD, son Conseil d’administration et son personnel étaient préoccupés par les conditions des personnes déplacées à la frontière tuniso-libyenne.  En témoigne ce don d’urgence humanitaire d’un million de dollars débloqué par la Banque. Quel est votre sentiment en signant ce don ?

Réponse : Le sentiment, c’est que je suis très heureux de savoir que la BAD a pris les devants et l’initiative de nous proposer cet accord, ce qui prouve que les banques de développement sont aussi concernées par l’action humanitaire d’urgence. Je trouve cette action de la BAD très positive.

Question : Quel sera l’impact de ce don sur les bénéficiaires ?

Réponse : Ce don va s’inscrire dans le cadre d’un programme qui tourne déjà. Il s’agit de programmes d’assistance en matière d’eau et d’assainissement.  L’eau est une ressource très importante dans le cas que nous vivons actuellement ; ce don contribuera également au renforcement des efforts logistiques de nos collègues du Croissant-Rouge tunisien, ainsi qu’un certain nombre d’autres volets d’assistance en matière médicale.

Question : L’une des vocations du Groupe de la BAD est de contribuer au développement économique et social des pays membres. Cette situation que nous visons à la frontière tuniso-libyenne est préoccupante. Est-ce que ces populations bénéficiaires sauront que la BAD leur a apporté une assistance d’un million de dollars ?

Réponse : Je comprends tout à fait votre préoccupation qui est légitime. Je voudrais répondre de la manière la plus transparente possible. Nous avons pour politique de ne pas annoncer les donateurs ailleurs que dans nos rapports annuels.  La Banque sera listée avec tous les autres contributeurs du CICR. Pourquoi faisons-nous ainsi ? Nous avons de multiples opérations dans le monde qui coûtent cher. Le budget opérationnel du CICR est d’environ 1,2 milliards de dollars et nous ne pouvons pas rentrer dans une politique de reconnaissance immédiate de donateurs, parce que certains donneront plus et d’autres moins et si nous entrons dans cette politique, nous ne nous en sortirons pas.

Nous ne faisons pas de communiqué de presse pour chaque contribution. Par contre, nous remercions. 

Mais nous ferons en sorte que le président du CICR adresse, en temps opportun, une lettre de remerciement au président de la BAD pour cette contribution exceptionnelle. Cette contribution de la Banque africaine de développement sera également enregistrée dans notre rapport annuel, qui je vous assure, est très lu.