Interview avec Saleh Mahareb, coordonnateur du Projet de renforcement des capacités du ministère de la santé publique du Tchad - « La FEF a permis de renforcer les capacités de 30 médecins, 40 accoucheuses traditionnelles et 80 enseignants ».

12/11/2010
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Saleh Mahareb - Tchad

Dans le cadre  du Pilier de Renforcement des capacités,  la Facilité en  faveur des Etats fragiles (FEF) de la Banque africaine de développement (BAD) appuie les efforts  du gouvernement du Tchad  en matière de santé.  Elle lui a octroyé un don  de 450,215.71 UC (environ 324 millions de FCFA) pour, entre autres activités, appuyer le processus d’élaboration de la politique nationale de la santé, réactualiser le plan triennal de formation continue du personnel et assurer la formation en psychopédagogie des enseignants.  Pour Saleh Mahareb, coordonnateur du Projet de renforcement des capacités au ministère de la santé publique du Tchad, l’appui de la FEF est allé en priorité à la formation des médecins et des paramédicaux, car le besoin est crucial en matière de ressources humaines.  Lire Interview.

Question : Quel  est l’état des besoins en matière  de formation ou de renforcement de capacités au ministère de la Santé ?

Réponse : Dans le cadre général du développement des ressources humaines, nous avons élaboré un plan stratégique de développement  du sous-secteur.  Ce plan va de 2010 à 2020, et sa mise en œuvre dépend des ressources de l’Etat  et de l’apport de nos partenaires au développement.  Au niveau  du pays,  nous avons plusieurs structures sanitaires qui nécessitent des agents qualifiés.  Nous formons des ressources humaines, mais  elles  ne sont pas suffisantes.  La plupart des cadres qualifiés sont formés à l’extérieur du pays.  Cette situation fait que nous n’avons pas  de  médecins  et infirmiers qualifiés en nombre suffisant pour couvrir les besoins de nos formations sanitaires, car cela coûte cher. La Faculté de médecine de l’Université de  N’Djaména forme quelques médecins, mais cela ne suffit pas à couvrir les besoins. Si bien que la priorité en matière de  ressources humaines est la formation de spécialistes  médecins et  de paramédicaux, comme les infirmiers et les sages-femmes.  

Question : Qu’en est-il des structures de formation ?

Réponse : Il existe un problème de structures de formation, en ce sens que  nous n’avons pas  par exemple d’institution de formation paramédicale spécialisée pour les infirmiers et les sages-femmes.  C’est la raison pour laquelle nous les formons à l’étranger.  Nous voudrions ériger  notre institution de formation au niveau du pays, notamment, l’Ecole nationale des agents sanitaires et sociaux,  en une école interrégionale pour nous permettre de former les cadres supérieurs.  En rapport avec cela, il  est également question d’harmoniser les programmes de formation, car certaines structures privées locales forment des agents intermédiaires.

Harmonisation des programmes de formation

Question : Quelle a été précisément  la destination de l’appui de la Facilité?   

Réponse : Nous avons reçu un don de 324 millions CFA qui a contribué à l’exécution de plusieurs de nos activités.  L’appui de la Facilité a, entre autres, permis de relancer la formation complémentaire de jeunes médecins.  Il faut savoir que c’est une exigence que tout médecin qui vient d’achever son cursus universitaire, qu’il  ait été formé au Tchad ou ailleurs - effectue un stage d’un an dans des centres de santé.  Cette formation complémentaire  avait  été suspendue il y a deux ans.  Pour le moment, nous avons formé une trentaine de médecins.  Un appui institutionnel  à la structure de coordination  pour acquérir des moyens logistiques nous a également été apporté.  Cet appui logistique a permis d’accomplir les tâches de coordination et de supervision de l’ensemble des structures de formation du pays.  La Facilité a aussi assuré la formation de 40 accoucheuses traditionnelles ; et 20 autres restent à être formées dans  certaines régions du pays.  Il faut également citer la formation en psychopédagogie de 80 enseignants permanents et vacataires dans nos quatre écoles régionales de  santé.  

Question : Quelle est votre évaluation globale de l’appui de la Facilité au secteur de la santé ?

Réponse : Nous sommes entièrement satisfaits des programmes de formation financés par la FEF, même si nous n’avons pas encore achevé tout le plan d’action.  

Question : Des besoins se font-ils encore ressentir ? Et quelles sont les perspectives ?

Réponse : Comme vous le savez, on a toujours besoin d’appui.  Le projet arrive à son terme en septembre 2011, mais avec les nombreux besoins, nous comptons demander aux autres partenaires de nous soutenir, afin de prendre le relais pour pérenniser certains acquis. 

Propos de bénéficiaires de la formation en psychopédagogie

Mme Baidé Cécile (Sage-femme Ecole Régionale de Santé des Agents Socio-Sanitaires de Sahr)

«La formation est arrivée  à point nommé.  Elle nous a permis de nous remettre dans le bain.  Elle m’a  renforcée dans la gestion  des unités de leçons.  Ce fut une très bonne opportunité de mise à niveau et de remise en question.  Mes attentes ont été entièrement satisfaites ».

Mr. Harine Abdelaziz (Technicien Supérieur en Odontostomatologie à Abéché)

« Ce fut une formation utile, même pour les enseignants permanents, comme moi.  Les programmes de formation nous ont permis de modeler nos comportements et de  mieux schématiser les cours.  Nous sommes revenus sur  certains concepts de base et avons fait des séances d’autocritique.  En outre, les documents qui ont été distribués nous serviront de référence, notamment pour des participants comme moi qui habitons Abéché à 800 km de N’Djaména ».