Entretien avec le directeur de la programmation nationale et régionale, M. Abdirahman D. Beileh, suite à l'approbation d'un prêt de 1,5 milliard de dollars en appui budgétaire pour aider le Botswana à faire face à la crise financière

04/06/2009
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Abdirahman Beileh

Question: Le mardi 2 juin 2009 était un jour historique suite à l’approbation d’un Document de stratégie pays et l’approbation d’un prêt de 1,5 milliard de dollars. Pourquoi le Botswana, qui n’a pas emprunté auprès la BAD pendant 17 ans, a décidé de venir demander de manière urgente un important prêt auprès la Banque ?

Réponse: Le Botswana est l’un des pays frappés de plein fouet par la crise financière et le ralentissement économique, étant donné qu’il dépend, dans une large mesure, de son industrie minière, en particulier des diamants. Au début du dernier trimestre de 2008, une baisse de la demande et du prix des diamants a entraîné une chute des recettes d’exportation et des revenus pour le gouvernement. Cette situation a contribué de manière significative à la détérioration des perspectives économique à court terme du pays. Par rapport aux plans de dépenses publiques, elle entraîne un déficit budgétaire considérable, estimé à 13,5 % du PIB pour 2009/2010, et il y peu de perspectives de renverser la tendance à court terme. Le Gouvernement du Botswana est toutefois déterminé à soutenir ses programmes de développement et il a décidé qu’il comblera le fossé budgétaire de plusieurs façons, en puisant dans ses réserves, en effectuant des emprunts extérieurs si les conditions le permettent et en empruntant auprès des marchés. C’est dans ce contexte que le gouvernement botswanais a saisi la BAD, et d’autres partenaires, pour trouver les moyens nécessaires pour se financer. Dans le contexte du Programme de soutien pour la diversification économique du Botswana, la Banque soutiendra les réformes pour améliorer la compétitivité et les investissements privés.  En plus de ce prêt, le gouvernement entend mettre en oeuvre un certain nombre de projets, en particulier dans le secteur des infrastructures, avec l’appui de la Banque et d’autres partenaires.  Le Document de Stratégie pays approuvé par le Conseil d’administration de la Banque apporte des réponses non seulement aux défis auxquels est confronté le Botswana relativement à la crise économique et financière, mais pose également  des jalons plus solides pour une économie concurrentielle et diversifiée à moyen et à court terme.

Question: Votre équipe a pu répondre rapidement à la demande du Botswana. Comment avez-vous fait pour réaliser cela et qu’elles leçons pourrons-nous tirer du processus ?

Réponse: Le Botswana est pays à revenu intermédiaire qui n’a pas demandé un prêt auprès la BAD pendant 17 ans ; il a mis notre institution au défi. La BAD a fait de son mieux pour répondre de manière positive et adéquate, sans compromettre la qualité du dossier et en prenant toutes les précautions nécessaires. Cet effort a nécessité la mise en place d’un groupe de travail comprenant tous les départements et toutes les unités, qui ont été mises à contribution pour préparer le Document de stratégie pays et le Programme de soutien pour la diversification économique du Botswana et le prêt BAD de 1,5 milliard de dollars américains. La préparation de deux documents et leur soumission au Conseil d’administration de la BAD, dans le délai imparti, a été possible grâce à la bonne coordination entre les différents départements.  Tous les membres de l’équipe ont fait preuve d’un engagement extraordinaire et ils ont préparé les produits dans les délais et à la satisfaction des autorités botswanaises et des membres du Conseil d’administration de la BAD.  Cette situation nous fait comprendre que nous pouvons mettre ensemble les talents dont dispose la BAD pour atteindre des résultats extraordinaires.   

Question: À cause de l’impact de la crise financière actuelle et du ralentissement économique, d’autres pays à revenu intermédiaire pourraient demander une assistance similaire à celle que le Botswana a demandée. Est-ce que la BAD est prête à répondre de manière rapide et positive comme elle a fait pour le Botswana ?

Réponse: L’opération avec le Botswana a déjà fourni à la BAD une expertise et des outils appropriés pour faire face à d’autres situations similaires.  Elle a également rehaussé la valeur de la Banque. Les pays membres régionaux (PMR) de la Banque considéreront davantage notre institution comme un partenaire fiable, sur lequel ils peuvent compter pour répondre aux défis économiques actuels. Il est fort probable que d’autres PMR aux prises avec des difficultés économiques demandent une assistance similaire auprès la BAD.  La BAD y répondra de manière appropriée, en tenant compte des particularités de chaque pays. L’expérience que nous avons acquise en répondant à la demande du Botswana sera désormais utile.