Interview avec Tijani Babatunde Folawiyo, nommé meilleur entrepreneur africain 2010

26/05/2010
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Rédigé par Francis Yedan

Directeur général du Groupe Yinka Folawiyo, Tijani Babatunde Folawiyo est le lauréat de l’African Business Leadership Award 2010, prix remis le 25 mai 2010 par le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, en marge des Assemblées annuelles de l’institution à Abidjan, 26-27 mai 2010.

Question : Quels commentaires suite à ce prix que vous avez reçu?

Réponse : C’est avec beaucoup d’humilité, beaucoup de joie et également avec  beaucoup de bonheur que j’accepte le prix de l’African Business Leadership Award 2010. Je suis surpris, mais heureux de savoir que mon travail à la tête du Groupe Yinka Folawiyo, de MtN Nigeria et de membre du conseil d’administration de la nouvelle Access Bank ait été reconnu.

Question : L’Afrique peut-elle rehausser la tête avec des talents comme vous?

Réponse : Nous avons toujours appliqué des règles d’éthiques et préconisé des valeurs qui ont permis cette réussite. Il y a évidement des hommes d’affaires qui essaient de réussir hors des règles. Ils arrivent à se hisser au sommet parfois, mais n’y restent jamais longtemps. Dans le cas de mon entreprise, nous avons toujours voulu faire ce qui est juste et moral.

Ce genre d’évènements où on reconnait le travail de ses pairs, où les Africains reconnaissent leurs mérites,  constitue une prise de conscience. Il faut faire ce qui doit être fait, en respectant les règles d’éthique et de déontologie. Une fois que l’Afrique aura compris cela, les valeurs d’intégrité deviendront la norme et favoriseront d'autant le développement du secteur privé.  

Question : Qu’est ce qui selon vous a fait la différence par rapport aux autres dirigeants?

Réponse : Ce qui caractérise mon entreprise, c’est qu’elle repose sur la motivation de créer la meilleure société possible. Si des personnes estiment que ce modèle mérite d’être récompensé, tant mieux. Certes, mon objectif premier n’est pas d’être reconnu par mes pairs. Cependant, je suis heureux de savoir que d’autres personnes ont pris note de mon engagement, en récompensant les efforts de création d'entreprise, en souligant la gestion qui a conduit à cette réussite.

Question : Que pensez-vous de l’environnement délétère des affaires en Afrique?

Réponse : La situation s’est améliorée. Il y a quinze années, lorsque nous démarrions, toutes les banques nigérianes combinées ne pouvaient financer un investissement de plus 50 millions USD.

Aujourd’hui, une seule banque au Nigeria peut financer ce genre d’investissement.

S’il est vrai que les entreprises éprouvent toujours des difficultés de financement, les conditions sont aujourd’hui nettement meilleures. Dans le milieu financier, il y a également de nouveaux acteurs, des sociétés de gestion de fonds notamment, qui apportent du capital aux entreprises africaines. Certes, l’environnement des affaires est toujours difficile, au niveau juridique, fiscal, mais il y a eu une énorme amélioration. Beaucoup de gouvernants africains se sont rendu compte qu’ils ne peuvent plus être les «adversaires» du secteur privé. Ils doivent travailler de concert avec les entrepreneurs. Il y a donc des efforts énormes qui ont été consentis pour améliorer le cadre réglementaire, à différents niveaux.

Question : Quels conseils donnés à la jeunesse africaine?

Réponse : Le travail est dur, mais il est plus reconnu qu’auparavant. Il faut que la jeunesse sache qu’il y a une bonne façon de réussir, et une  mauvaise façon de réussir. Si elle commence à prendre des raccourcis, à pratiquer des méthodes peu recommandables, elle ne pourra réussir dans le long terme. Il faut pouvoir créer des modèles de réussite, et agir dans les normes et en toute intégrité.