Entrevue avec le directeur général de World Wide Fund for Nature (WWF), Jim Leape

15/07/2011
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Commentant l’avenir de la coopération du WWF avec la BAD, Jim Leape a declaré : « A l’instar de la Banque africaine de développement, le WWF est un partenaire de confiance à travers l’Afrique. Il travaille avec les gouvernements, les milieux d’affaires et la société civile. » M. Leape appuie fermement le projet de révision des politiques de sauvegarde de la Banque. Il a fait observer à cet égard : « Avec la Banque, nous espérons partager l’expertise, l’assistance technique et l’apprentissage des politiques, ainsi que la manière d’aider à valoriser et à protéger l’héritage incomparable des ressources naturelles et de la biodiversité de l'Afrique. »  Lire l’entrevue.

Question : Votre organisation s’appelle World Wide Fund for Nature. Pouvez-vous nous la présenter ?

Jim Leape : Le WWF est l’une des organisations mondiales indépendantes de conservation les plus vastes et les plus expérimentées, avec plus de 5 millions d’adeptes et un réseau mondial actif dans plus de 100 pays.

La mission du WWF est de mettre un frein à la dégradation de l'environnement naturel de la planète et de construire un avenir où les humains vivront en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique du globe, en s’assurant que l'utilisation des ressources naturelles renouvelables est durable, et en encourageant la réduction de la pollution et la surconsommation.

Question : En quoi un éventuel partenariat avec votre organisation peut-il être bénéfique à la BAD ?

Jim Leape : A l’instar de la Banque africaine de développement, le WWF est un partenaire de confiance à travers l’Afrique. Il travaille avec les gouvernements, les milieux d’affaires et la société civile pour protéger la nature. Avec notre présence dans 18 pays et un effectif de plus de 900 agents dans la région, nous pouvons offrir des partages d’expertise, d’assistance technique et d’apprentissage des politiques sur un large éventail de questions où l’environnement est intimement associé au développement économique et social, entre autres la gestion de ressources naturelles de plus en plus importante et rares, comme les forêts et l'eau, le renforcement de la résilience et l'adaptation aux impacts du changement climatique dans les plans de développement régionaux et nationaux, sans oublier comment aider à valoriser et à protéger l’héritage incomparable des ressources naturelles et de la biodiversité de l'Afrique.

En outre, - nous sommes une organisation mondiale, - une coopération étroite avec les autres banques régionales de développement comme la Banque asiatique de développement, peut nous aider à partager le savoir et les expériences acquises à travers le globe et qui pourraient être utiles à la BAD.

Question : Dans quelle mesure un tel partenariat avec la Banque peut-il aider à bâtir une économie verte en Afrique?

Jim Leape : Avec les prévisions actuelles de croissance en Afrique, du point de vue de l’économie, du développement et de la démographie, la transition vers une économie verte est un impératif frappé au coin du bon sens élémentaire. Comme l'Afrique demeure une région globalement créditrice en matière d’empreinte écologique de l'homme (voir notre Rapport Planète Vivante 2010), l’intégration du capital naturel dans la planification du développement devrait garantir les dividendes d’un bien-être humain et naturel amélioré, non seulement pour demain, mais aussi à long terme. Notre partenariat concerne le partage de notre expertise pour aider à mobiliser la société afin qu’elle réalise ces objectifs communs.

Question : Comment les organisations de la société civile participent-elles aux mesures de sauvegarde pour assurer la durabilité de cette économie verte ? Je suis persuadé que vous avez discuté de ces questions au cours des Assemblées annuelles 2011 à Lisbonne.

Jim Leape : Comme l’un des participants aux consultations de la société civile à Lisbonne l’a déclaré, « Nous avons tous été éduqués dans les mêmes écoles, et suivi les mêmes parcours professionnels ; simplement, nous travaillons pour des institutions ayant des responsabilités différentes. »  La révision des politiques de sauvegardes par la BAD est importante pour qu’elle se maintienne comme une institution de première classe dans ses résultats d’obligations vis-à-vis de ses pays membres et des aspirations des Africains. Les organisations de la société civile peuvent apporter, doivent apporter et, assurément, apporteront une contribution constructive à ce processus, ce qui va tout à fait dans le sens du nouveau cadre d’engagement de la société civile examiné de la manière la plus constructive entre la Banque et les représentants des organisations de la société civile lors des assemblées annuelles.