« Investir dans l’avenir de l’Afrique : la Bad au XXIe siècle »

22/01/2008
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« Nous croyons que la Banque africaine de développement peut et doit devenir le premier organisme de développement en Afrique, qui donnera à ce continent une voix forte, en Afrique et ailleurs, de sorte que les Africains prennent la place qui leur revient, à l’avant de l’économie continentale. » Tel est le message central d’un rapport indépendant sur le Groupe de la Bad lancé par un panel de haut niveau. Ce panel est coprésidé par l’ancien président mozambicain Joachim Chissano et l’ancien Premier Ministre canadien Paul Martin, qui ont lancé le rapport le mardi 22 janvier 2008 à Tunis.

Résumé

L’Afrique bouge. Grâce aux changements opérés dans les politiques et à l’amélioration de la gouvernance et de la gestion, le continent a enregistré les taux de croissance les plus élevés depuis l’accession des pays africains à l’indépendance. La proportion de la population vivant dans l’extrême pauvreté a cessé d’augmenter, et les changements démocratiques deviennent la norme, tandis que les efforts menés par les Africains eux-mêmes permettent de réduire les conflits sur le continent. Le contexte mondial est également favorable, les grandes économies émergentes offrant à l’Afrique de nouvelles possibilités. Le nombre de pays africains solvables s’accroît et le volume de l’investissement augmente. Tous ces facteurs poussent à l’optimisme. Le Panel de haut niveau estime que l’Afrique a une chance historique de progresser rapidement et qu’elle doit la saisir.

À l’horizon 2030, l’Afrique sera aussi peuplée que la Chine et l’Inde aujourd’hui. Le continent devrait alors être stable, intégré et plus prospère. Il devrait également occuper la place qui lui revient au sein de la communauté mondiale. Toutefois, ce résultat ne doit pas être tenu pour acquis. Pour réussir, l’Afrique devra surmonter tous les défis que posent la pauvreté, la maladie et le changement climatique, la faillite et la fragilité des États, la corruption et la mauvaise gouvernance, l’étroitesse des économies et leur manque de productivité et de compétitivité. Si elle échoue, une autre génération d’Africains tombera dans le piège de la pauvreté sans guère de chances d’en sortir.

La position du Panel de haut niveau peut se résumer comme suit. Pour réduire la pauvreté, l’Afrique a besoin d’une croissance durable et partagée, tirée par le secteur privé et caractérisée par une répartition plus équitable des chances. Si elle reste fragmentée en 53 économies, elle ne pourra jamais affronter la concurrence internationale. Le continent doit donc renforcer son intégration et mettre en place des espaces économiques plus larges. Les biens et services doivent circuler plus facilement, l’infrastructure doit favoriser le commerce et non l’entraver, les institutions doivent jouer un rôle efficace d’appui. Faute d’intégration, le continent continuera de manquer de cohérence et sera encore caractérisé par un grand nombre de marchés étroits et peu actifs qui ne peuvent affronter la concurrence à eux seuls et n’attirent pas les investisseurs. L’intégration du continent passe par des États solides qui adhèrent aux principes de bonne gouvernance et de responsabilité. L’Afrique ne pourra progresser que si elle réussit à reconstruire les pays sortant de conflit et à gérer les situations fragiles.

Il n’existe pas de modèle de développement unique applicable à tous les pays. Comme les pays africains n’ont pas tous progressé au même rythme, leurs différences se sont accrues au lieu de diminuer. Il y a davantage de pays à revenu intermédiaire (PRI), et de pays qui aspirent au statut de PRI. Ils entendent tous, à juste titre, prendre en main leur destin et mettre un terme à leur dépendance vis-à-vis de l’aide. Pour y arriver, il faudra des dirigeants énergiques et déterminés, des efforts soutenus aux niveaux national et régional et le soutien durable de la communauté internationale. Les engagements pris aussi bien par les pays africains que par les bailleurs de fonds devront se traduire par des actions concrètes.

L’Afrique aura également besoin d’institutions continentales adéquates. L’Union africaine donne l’impulsion politique, mais le continent a besoin d’un moteur économique pour faciliter la mise en oeuvre des actions sur le terrain et piloter l’intégration économique. La Banque africaine de développement (BAD) doit devenir ce moteur, la première institution de promotion du développement en Afrique. Elle doit se faire la voix du développement de l’Afrique sur la scène internationale. C’est le message qui ressort clairement de nos discussions avec les différents acteurs du continent, et c’est sur lui que repose le reste de notre rapport.

La Banque a une mission claire: réduire la pauvreté et promouvoir le développement par la croissance et l’intégration économique. Elle dispose des atouts nécessaires à cette fin: un Président africain élu, une composition incluant tous les pays africains, une concentration sur le développement de l’Afrique, et une forte présence sur le continent où sont établis son siège et son réseau de plus en plus vaste de bureaux extérieurs. La Banque peut également s’attaquer à tout l’éventail de défis auxquels est confrontée l’Afrique en appuyant les initiatives publiques et privées à travers le continent.


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