Investir dans l’innovation et les technologies, condition préalable au développement de l’Afrique

03/11/2014
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Innovation et technologies peuvent servir de tremplin à la transformation économique, à condition qu’elles soient entraînées par les populations. Tel est le message qu’ont mis en avant les partenaires et participants à la clôture de la 9e édition de la Conférence économique africaine (CEA), qui s’est tenue du 1er au 3 novembre 2014 à Addis-Abeba.

Décideurs et chefs d’entreprise, économistes et universitaires du monde entier se sont réunis à cette occasion, afin de débattre des façons de tirer parti du savoir et de l’innovation pour stimuler l’emploi des jeunes, favoriser l’adoption de nouvelles technologies et optimiser la transformation économique de l’Afrique.

« Les investissements dans les compétences, les technologies, le savoir et l’innovation garantiront une gouvernance démocratique et réactive, à même de fournir des services publics efficaces et de faciliter l’accès universel aux services de base, tels que la nourriture et la nutrition, l’eau et l’assainissement, le logement, la santé et l’éducation », a souligné Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine.

L’innovation est considérée comme essentielle à la transformation des économies africaines, a indiqué Steve Kayizzi-Mugerwa, économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque africaine de développement (BAD), qui a souligné la nécessité de se montrer proactif et de relever les défis auxquels l’Afrique se voit confrontée : « Nous devons cesser d’être des analystes placides et relever nos défis par nous-mêmes ; nous devons cesser de gaspiller les ressources et mettre en œuvre nos propres idées ». Et d’ajouter : « l’Afrique doit d’abord comprendre où nous en sommes, ce qui nous a amenés ici, avant d’essayer de comprendre ce qu’il faut faire autrement pour obtenir des résultats différents ».

Au-delà des technologies et du transfert de technologies, le rôle de l’innovation en tant que facteur de changements de comportement et de  changement social a été au cœur des débats. « L’innovation est un facteur déterminant de la capacité des économies à soutenir la croissance et elle est essentielle à l’amélioration des conditions socio-économiques, a ainsi déclaré Abdoulaye Mar Dièye, directeur du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD et secrétaire général adjoint des Nations unies. La transformation socio-économique en Afrique exige à la fois de s’adapter aux technologies existantes et de développer des innovations propres à l’Afrique ».

Les participants ont fait valoir que le continent peut renforcer son programme de développement, en recourant aux technologies et au transfert de technologies, de manière créative, en créant des opportunités de revenus pour les agriculteurs, des emplois pour les jeunes dans les zones urbaines et en luttant contre des défis fort divers, entre adaptation au changement climatique et réduction des risques de catastrophe.

M-Pesa, le système de paiement innovant par téléphone mobile créé au Kenya et étendu à la Tanzanie, à l’Afrique du Sud, à l’Afghanistan, à l’Inde et à l’Europe de l’Est, a eu un fort impact sur ​​la vie des Kenyans ordinaires. Ce système a permis d’améliorer l’accès aux services financiers de 19 millions de Kenyans et de créer des emplois, avec un impact positif sur les dispositifs d’épargne et de transfert d’argent. En cinq ans seulement, M-Pesa a réduit de 15 % l’épargne informelle au Kenya, a augmenté de 35 % la fréquence des transferts et des envois de fonds et a accru de 58 % le recours aux services bancaires, par rapport aux chiffres de 2006.

Autre constat d’importance, qui a émergé lors des débats de la Conférence : se saisir de la question du déficit criant en compétences, afin d’offrir aux jeunes et aux femmes du continent africain, l’opportunité de participer à ces nouveaux types d’activités économiques et de tirer profit de la croissance économique en Afrique, est crucial. « L’innovation et l’éducation orientée vers les technologies sont essentielles à une performance économique et à une compétitivité viables. Cela donne à nos jeunes les bases essentielles pour assurer leur avenir », a déclaré Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique. Des investissements continus dans l’éducation, la recherche et le développement, des programmes structurés de formation sur le lieu de travail et la mise en place d’instituts de formation technique seraient autant de moyens d’impliquer les jeunes et de renforcer la participation et l’autonomisation des femmes.

Gouvernements, secteur privé, milieu universitaire et société civile doivent agir en tant qu’entités complémentaires, non pas comme des concurrents, dans le processus de développement. Il faut créer des liens solides entre ces différentes entités pour veiller à ce que l’innovation entraîne une généralisation des efforts, l’adoption de meilleures pratiques et l’amélioration de la croissance économique inclusive et du développement durable.

Au vu du profil de la population actuelle, la majorité de la population africaine ayant moins de 20 ans, les participants à la conférence ont déclaré que l’ère de l’innovation en Afrique reste encore à venir. Favoriser des solutions innovantes et établir un contrat social dans lequel les gouvernements, le secteur privé, les milieux universitaires et la société civile recourent à l’innovation pour surmonter les obstacles du développement inclusif et de la transformation structurelle sont essentiels à un développement inclusif et durable. Cela est primordial pour passer de l’aspiration à l’action, s’agissant de l’Agenda de l’Afrique 2063, la vision de l’Afrique dans 50 ans et la Position commune de l’Afrique sur l’Agenda du développement post-2015.

Depuis 2006, la Conférence économique africaine est coorganisée tous les ans par la BAD, la CEA et le PNUD, avec pour mission de favoriser le dialogue et l’échange de connaissances sur les questions économiques et les défis auxquels l’Afrique est confrontée.

Contacts médias

BAD : Olivia Ndong Obiang, o.ndong-obiang@afdb.org, tél. +225 01560505 (Abidjan)

CEA : Mercy Wambui, mwambui@uneca.org, tel. +251 92 10 14 767

PNUD : Nicolas Douillet, Nicolas.douillet@undp.org, tél. +1 212 906 5937 (New York) ;

Martha Mogus, martha.mogus@undp.org, tél. +251 11 44 43 18 (Addis-Abeba)

À propos du Groupe de la Banque africaine de développement

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est la première institution de financement du développement en Afrique. Il comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigéria (FSN). Présente sur le terrain dans 34 pays africains et bénéficiant d’un bureau extérieur au Japon, la BAD contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres de la région. http://www.afdb.org/fr/

À propos de la CEA

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, dont le siège se trouve à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été créée en 1958. Elle a pour mandat de promouvoir le développement économique et social de ses États membres, de favoriser l’intégration intra régionale, et de promouvoir la coopération internationale en faveur du développement de l’Afrique. http://www.uneca.org/fr

À propos du PNUD

Le PNUD noue des partenariats à tous les niveaux de la société, pour aider à bâtir des nations capables de résister aux crises et d’entraîner et maintenir un taux de croissance qui améliore la qualité de vie de chacun. Présent sur le terrain dans 177 pays et régions, le PNUD tire parti de son envergure mondiale et de son expertise locale pour contribuer à donner aux populations les moyens d’améliorer leurs conditions de vie et à bâtir des nations résilientes. http://www.undp.org/content/undp/fr/home/