Climat d'investissement : l'Afrique mise au défi d'en faire mieux

01/06/2015
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Le Fonds pour le climat d'investissement en Afrique (ICF), en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), a publié son rapport 2014 sur le climat d'investissement en Afrique, jeudi dernier, au 4e jour des 50èmes Assemblées annuelles de la Banque à Abidjan, Côte d’Ivoire.

Lors du lancement du rapport, les intervenants ont salué les gouvernements africains pour avoir pris conscience de la priorité majeure que constitue la réforme de leurs politiques en faveur d'un environnement propice aux investissements, pour faire du continent une plaque tournante commerciale.

Le rapport a été lancé sous le thème « Climat d'investissement : le chemin parcouru ». L'ancien Président tanzanien,  Benjamin Mkapa, coprésident de l'ICF, a salué les gouvernements pour avoir enfin accordé une haute priorité aux réformes.

« C'est grâce à l'amélioration des politiques que beaucoup de pays africains jouissent actuellement d’une croissance rapide, et cette amélioration découle de la prise de conscience des gouvernements sur l'importance d'un climat d'investissement favorable, pour attirer et développer les entreprises », a déclaré M. Mkapa.

M. Mkapa a également ajouté que, malgré les réformes politiques actuellement en cours dans de nombreux pays africains, ce n'est qu'un début pour la majorité de ces pays. Il a appelé à une intensification des efforts visant à créer un climat d'investissement optimal en Afrique.

«L'ICF et les partenaires comme la BAD ne peuvent pas imposer leur volonté aux gouvernements pour améliorer leur climat d'investissement ; il s'agit d'une décision volontaire de la part des gouvernements », a-t-il ajouté.

M. William Asiko, directeur général de l'ICF, a indiqué que le rapport 2014 est une mise à jour des accomplissements réalisés par le Fonds l'an dernier, et que les grandes lignes du rapport, qui a été présenté jeudi dernier, indiquent que 35 pays africains ont été affectés par 42 projets mis en œuvre.

L'île Maurice a été donnée à titre d'exemple, où un projet de l'ICF visant à moderniser les activités du bureau du directeur du Registre national des sociétés aurait réduit les délais de constitution d'une société d'une demi-journée à 30 minutes.

De plus, les délais prévus par l'île Maurice en matière de dépôt de déclarations de revenus, de comptes et d'autres documents ont été réduits de 14 jours à 7 jours.

Au Sénégal, l'ICF a indiqué qu'un projet visant à moderniser l'administration fiscale nationale a permis de simplifier et d'accélérer les procédures de déclaration et de paiement des impôts, qui nécessitent désormais 15 minutes, contre deux jours auparavant.

Les délais de remboursement d'impôts des sociétés au Sénégal auraient également été réduits de 175 jours à 15 jours, de même que pour les délais de remboursements de TVA, qui sont passés de 175 jours à 15 jours.

Des exemples de réussite ont également été observés en Zambie, où l'ICF a indiqué qu'il avait aidé à moderniser l'autorité fiscale nationale et à réduire les délais d'inscription des nouveaux contribuables de trois jours à un jour. Les délais de dépôt, de paiement et de traitement des remboursements d'impôts ont également été réduits de 16 jours à un jour.

Au cours de ses phases initiales, le projet a également permis de traiter les remboursements d'impôts en Zambie en 30 jours au lieu de 45 jours.

Peu après le lancement du rapport, un groupe de haut niveau a discuté de l'importance des réformes et de la manière dont le continent peut maximiser les avantages d'un climat d'investissement favorable.

Parmi les panélistes figuraient le ministre du Commerce de la Côte d’Ivoire, Jean Louis Billon, la ministre de la Coopération internationale de l'Égypte, Naglaa Elahwany, le président de Heir’s Holdings au Nigéria, Ebenezer Essoka, le vice-président de la Standard Chartered Bank en Afrique, Tony Elumelu, et le directeur d'Ecobank, Essien Albert. 


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