OCDE : Donald Kaberuka veut remédier au déficit d’infrastructures en Afrique

16/07/2014
Share |

 

Venu à Paris pour participer à une réunion conjointe de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’International Growth Center (IGC), qui s’est tenue le 15 juillet au siège de l’OCDE à Paris, le président de la BAD, Donald Kaberuka, a pris fait et cause pour la lutte, cruciale, contre les obstacles à l’investissement privé qui entravent le programme de développement des infrastructures de l’Afrique.

Nombre d’acteurs clés dans le domaine des infrastructures en Afrique – dont des responsables gouvernementaux, des représentants d'organismes internationaux de développement et du secteur privé – ont assisté à événement, qui a pris la forme d’une table ronde sur « La suppression des obstacles politiques à l'investissement privé dans les infrastructures en Afrique ».

Les besoins en infrastructures du continent sont trop importants au vu de ses sources de financement existantes. D’autre part, les investisseurs ne se saisissent toujours pas encore pleinement des opportunités qu’offrent les infrastructures. Beaucoup continuent de juger les infrastructures en Afrique comme un secteur à haut risque et que les agences de notation et de crédit donnent souvent une image négative des opportunités d'investissement dans les infrastructures africaines.

La table ronde est donc venue à point nommé, à un moment où de plus en plus de pays africains s’attachent à relever ce défi de plus belle et à aller de l'avant, grâce à de nouvelles politiques, des réformes et à de nouvelles initiatives, afin de réécrire leur avenir.

Le président de la BAD a souligné le grand bond en avant de la Banque dans son travail sur le développement des infrastructures, au point de devenir le plus grand bailleur africain, et que l’importance durable de cette problématique des infrastructures était l'une des priorités opérationnelles majeures de la Banque pour le continent. Donald Kaberuka a également fait part de l'intention de la BAD de renforcer le développement des infrastructures de transport et les corridors commerciaux régionaux, les liens entre zones rurales et urbaines, les infrastructures de TIC à haut débit et des projets qui promeuvent l'accès à l'eau et à l'énergie avec un approvisionnement sécurisé.

Kaberuka a mentionné des initiatives innovantes, telles que l’"Africa Growing Together Fonds” (AGTF), financé par la Chine à hauteur de 2 milliards de dollars EU, qui accroît les fonds propres de la Banque et montre « un bon exemple de mobilisation de sources de financement du développement non traditionnelles ». Il a également évoqué le Fonds Africa50, destiné à mobiliser des fonds africains et à démontrer que l'Afrique est prête à garantir un grand nombre de risques et à développer un environnement qui favorise l’implication du secteur privé.

La table ronde a été l'occasion également d'impliquer et de mettre au défi l’ensemble des acteurs clés dans le domaine des infrastructures en Afrique, sur les mesures concrètes à prendre – réformes politiques comprises. Les résultats de la consultation viendront nourrir un document de politique, dans lequel seront proposées des réformes réalisables à l’échelle tant nationale, que régionale et internationale.