Ebola : Kaberuka et les dirigeants financiers veulent accélérer l’aide d’urgence

12/10/2014
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S’adressant aux dirigeants financiers venus du monde entier, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a déclaré, samedi 11 octobre à Washington, que, pour bâtir des économies fortes, la coopération est nécessaire. Pour ce qui est de l’Afrique, a-t-il ajouté, nous devons « nous efforcer de faire preuve de leadership en ce qui concerne l’égalité des sexes, l’éducation pour tous les enfants, pour les petites entreprises, avec des financements auxquels tout le monde a accès ».

Donald Kaberuka s’exprimait alors devant le Comité de développement, à l’oaccsion des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), qui se déroulaient cette semaine à Washington. Le comité – composé de 25 ministres des Finances ou du Développement, représentant 188 pays membres du FMI et de la Banque mondiale – a abordé des sujets difficiles, entre épidémie du virus de l’Ebola, changement climatique, manque de fonds pour les infrastructures de base et le besoin de réorganisation interne du Groupe de la Banque mondiale.

Évoquant Ebola face aux membres du Comité, Donald Kaberuka s’est dit persuadé « que la volonté et les moyens existent pour vaincre cette menace ».

« Accélérons nos efforts et faisons tout ce qui est nécessaire pour arrêter cette épidémie, a déclaré quant à lui le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Quand la maison brûle, on ne se contente pas de mettre une serviette mouillée sous la porte. On appelle les pompiers. C’est la même chose pour la lutte contre l’Ebola ».

À ce jour, la Banque africaine de développement a débloqué 210 millions de dollars EU pour enrayer la propagation de l’Ebola. Donald Kaberuka a précisé que cet argent servait à apporter un soutien budgétaire aux gouvernements pour les aider à mener la lutte contre l’Ebola dans leurs propres pays, à mobiliser des travailleurs de santé pour répondre à la crise et à les payer, et pour renforcer la masse critique des ressources nécessaires à même d’arrêter la propagation de cette maladie.

En neuf jours à peine, les équipes de la Banque mondiale ont ainsi envoyé une assistance d’urgence de 105 millions de dollars EU aux pays les plus touchés, a indiqué Jim Yong Kim. Ce montant s’inscrit dans un train de mesures d’assistance de 400 millions de dollars EU.

Alors que la lutte contre Ebola se poursuit, Jim Yong Kim et Donald Kaberuka ont tous deux rappelé aux membres du comité combien il est crucial de planifier pour pouvoir contrer une prochaine épidémie. Donald Kaberuka a souligné que la communauté internationale devait tirer la leçon de cette crise de l’Ebola, de sorte que, la prochaine fois, tout événement semblable puisse être géré efficacement et en temps utile. Jim Yong Kim a évoqué un accord à envisager entre le FMI, les Nations unies et les leaders du G20, visant à établir un « dispositif d’urgence en cas de pandémie », qui donnerait lieu à des accords préétablis permettant de débloquer immédiatement des fonds pour soutenir les actions d’intervention.

S’agissant du changement climatique, Jim Yong Kim a déclaré devant le Comité : « Hier, nous avons réuni les membres clés de ce groupe pour parler des prochaines étapes. Parmi eux, se trouvaient des investisseurs, des PDG de Fortune 500 et des fonctionnaires ».

En créant un monde où les pays et les investisseurs deviennent conscients du « vrai coût de l’utilisation des combustibles fossiles », a ajouté Jim Yong Kim, « les pays réfléchissent désormais aux implications politiques de la tarification du carbone ».

Donald Kaberuka a félicité Jim Yong Kim et son équipe pour l’excellent travail qu’ils ont accompli pour créer des partenariats solides entre les institutions financières internationales dans tous les domaines, notamment en matière de santé, de réduction de la pauvreté et d’autonomisation économique. Pour le président de la BAD, c’est exactement ce type de coopération qui pourrait aider les nations faibles à passer de la pauvreté à la croissance économique.

Et de citer l’exemple de « l’Éthiopie, dont 60 % de la population vivait, il y a vingt ans, dans un état de pauvreté absolue. Ce taux de pauvreté a baissé considérablement : il n’est plus aujourd’hui que d’un peu moins de 30 %, et il continue à baisser ». Il a ajouté que « si cela peut se produire en Éthiopie, emblème de la pauvreté et de la famine dans les années 1970 et 1980, cela peut se produire partout ».

Donald Kaberuka a conclu son intervention en soulignant que « l’inégalité est un monde d’opulence et d’abondance au milieu de la misère et de la pénurie, alors qu’on a les moyens ».

Les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ont achevé leurs travaux dimanche 12 octobre 2014.