Donald Kaberuka salue la volonté des entreprises africaines de participer à la lutte contre l'Ebola

08/11/2014
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L'Afrique de l'Ouest a poussé un soupir de soulagement ce samedi 8 novembre 2014, à l'annonce, par la communauté africaine des affaires, des 28,5 millions de dollars EU alloués à la lutte contre l'épidémie d’Ébola, qui menace, aujourd'hui, les progrès économiques et sociaux du Libéria, de la Sierra Leone et de la Guinée.

Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD), a déclaré qu’il s’agissait là d’un pas en avant vers la création d’un mécanisme d’intervention pour ce type de fléau.

Au cours d’une table ronde d’hommes d’affaires africains, organisée le 8 novembre par la BAD et l’Union africaine à Addis-Abeba en Éthiopie, à laquelle ont participé 60 dirigeants d’entreprises privées, de grandes entreprises d’Afrique se sont engagés à affecter 28,5 millions de dollars EU à la lutte contre Ébola, et d’autres ont promis des contributions dans un délai de sept jours, le temps de consulter leurs conseils d’administration.

D’autres sociétés se sont engagées à fournir un appui logistique et autres pretations, au titre de leur contribution à la lutte contre la pandémie.

Tout en reconnaissant l’importance de contributions financières, Donald Kaberuka a aussi rappelé que les entreprises privées pouvaient apporter des compétences précieuses dans la situation actuelle : « Je salue les chefs d’entreprise d’Afrique de s’être ainsi engagés à prendre part à la lutte contre une épidémie qui ravage notre continent. Nous ne pouvons assez souligner l’importance de financements pour résoudre ce problème, mais les compétences sont également capitales ».

« Les gouvernements ont très bien réagi et certains ont promis de déployer plus de 2 000 travailleurs sanitaires. Des entreprises privées peuvent leur offrir une formation ou les équiper sur le terrain. Nous avons besoin des connaissances qu’elles possèdent et des prestations qu’elles peuvent dispenser pour faire face à cette crise ».

Les dirigeants d’entreprise présents à la Table ronde comprenaient des directeurs généraux et des entrepreneurs de différents secteurs, notamment de la banque, des télécommunications, des industries extractives, et d’autres secteurs encore.

La présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, a félicité les gouvernements, ONG, organisations internationales et entreprises privées qui ont été à l’avant-garde de l’action d’urgence contre l’Ébola.

Elle a souligné que tous les secteurs en Afrique devaient s’unir contre ce fléau et exhorté la communauté des affaires à honorer les engagements qu’elle a pris et à convaincre d’autres entreprises de soutenir cette cause : « Le secteur privé joue un rôle important dans le développement du continent et cette table ronde visait à obtenir le soutien des entreprises, ainsi qu’à engager le dialogue sur la reprise économique post-Ébola dans les pays affectés », a-t-elle indiqué.

« Les fonds mobilisés à la suite de la rencontre serviront à un programme à plus long terme, destiné à renforcer les capacités de l’Afrique à affronter des épidémies de ce type dans l’avenir ».

Les chefs d’entreprise sont convenus de créer un fonds, sous les auspices de la BAD et de l’UA, qui recueillerait leurs contributions, financière ou logistique, à la lutte contre les épidémies à venir.

Ils ont également décidé de muer cette table ronde des affaires en une manifestation annuelle, de sorte de renforcer la collaboration entre gouvernement, organisations non gouvernementales et entreprises privées, en matière de lutte contre d’éventuelles épidémies futures de cette ampleur.

À ce jour, le virus de l’Ébola a dévasté de nombreuses communautés, infectant plus de 13 700 personnes, dont plus de 4 900 ont perdu la vie. Frappé par le fléau en même temps que le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone, le Nigeria est venu à bout du virus Ébola en octobre dernier.

La Banque africaine de développement supervise des projets qui ont mené au déploiement de 85 agents sanitaires venus de toute l’Afrique et affectés en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria. Certains pays –Rwanda, République démocratique du Congo, Burundi, Nigeria, Tanzanie, Ouganda, Burkina Faso, Madagascar et Malawi – ont également dépêché du personnel médical pour participer au programme.