Donald Kaberuka appelle tous les Africains à rallier la lutte contre Ébola

08/11/2014
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L'épidémie d'Ébola n'est pas seulement un fléau qui a frappé quelques pays, mais une situation qui appelle à une manifestation de solidarité de la part de chaque citoyen africain, a déclaré le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BD), Donald Kaberuka, samedi 8 novembre 2014, au siège de l'Union africaine ,à Addis-Abeba en Éthiopie.

Donald Kaberuka s’exprimait face à plus de 60 entrepreneurs, venus participer à la table ronde des hommes affaires africains organisée par la BAD et l'Union africaine.

A ce jour, Ébola a coûté la vie à plus de 4 900 personnes en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria et freiné, ces derniers mois, les progrès de ces pays vers le développement et la reconstruction.

De l'avis du président de la BAD, s'il est indéniable que des gouvernements et des institutions multilatérales ont alloué d’importantes ressources financières et médicales à la lutte contre l'épidémie, la réponse des citoyens des autres pays africains laisserait à désirer. 

« Ne pensons pas que cette crise d’Ébola est un problème qui ne concerne que l'Afrique de l'Ouest ou la Sierra Leone, la Guinée ou le Libéria ; car il s'agit au contraire d'un problème que tout individu en Afrique devrait considérer comme sien », a dit M. Kaberuka

« Nous avons besoin de volontaires sanitaires prêts à offrir leurs services, nous avons besoin d'Africains prêts à accorder une assistance financière ou à fournir un soutien à la mesure de leurs moyens, afin de venir en aide à leurs semblables en Afrique de l'Ouest, qui traversent des temps très difficiles en ce moment ».

Au cours des discussions de la table ronde, plusieurs sociétés de télécommunications actives en Afrique sont convenues de mettre en place une facilité spéciale, à laquelle tout un chacun sur le continent pourra contribuer à hauteur d’au moins un dollar EU, via le téléphone portable.

L'annonce de la création de cette facilité, opérationnelle dès décembre 2014, a été saluée par Donald Kaberuka, qui y voit un grand pas vers la victoire dans la bataille contre Ébola.

« Avec plus de 700 millions d'abonnés au téléphone mobile en Afrique, la saisie d'un seul code bref à travers tous les réseaux, un jour donné, pourrait faire une différence énorme. Il en va de la participation d'Africains ordinaires à une action d'aide en faveur d'autres Africains ordinaires.

« Ébola n'est pas seulement un problème africain, mais aussi un problème global, et nous souhaitons donner à tout un chacun la possibilité de contribuer à y remédier», a-t-il souligné.

Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de l'UA, a déclaré lors de la réunion que le fléau d’Ébola avait suscité de fortes réactions, non seulement en Afrique, mais aussi dans le monde entier, ce qui témoignait de la gravité de cette maladie à l’échelle de la planète.

« Nous pouvons et devons vaincre l'Ébola, et nous y parviendrons. Nous devons faire davantage, et plus vite encore. Nos sœurs et nos frères au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone font face à de grandes difficultés et ils doivent savoir que nous les soutenons et que nous faisons tout notre possible pour les aider », a-t-elle dit.

« Sur la base de l'expérience acquise depuis les quelques mois que dure cette crise, notre connaissance du problème s'est accrue et nous avons bon espoir de pouvoir l'emporter contre cette maladie. L'Union africaine a appelé à la mobilisation de tous les Africains par solidarité avec les pays concernés ».

Des sentiments partagés par Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique, qui a déclaré : « la stigmatisation frappe non seulement les victimes de l'Ébola, mais le continent africain tout entier. On ne peut permettre qu'elle affecte les perspectives économiques d'un continent de 54 nations. Les affaires doivent reprendre et se poursuivre comme à l'ordinaire ».

Le Groupe de la BAD a jusqu'ici affecté 220 millions de dollars EU à la lutte contre Ébola, par le biais de l'Organisation mondiale de la santé, en faveur du renforcement de systèmes de santé publique en Afrique de l'Ouest.

La Banque a également lancé des initiatives au Burkina Faso, au Nigeria et en Éthiopie, en vue de mettre en place des projets en soutien aux pays les plus affectés - la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.