Le Kenya reçoit 29,65 millions de dollars de la BAD pour exploiter les ressources géothermiques et l’investissement dans l’énergie

07/04/2016
Share |

Avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD), Le Kenya a reçu l’approbation du Fonds pour les technologies propres (dit CTF en anglais) des Fonds d’investissement climatiques (FIC) pour un prêt concessionnel d’un montant de 29,65 millions de dollars EU destiné à cofinancer jusqu’à deux projets géothermiques visant à augmenter la capacité de production électrique du pays, en tirant en particulier parti des ressources géothermiques inexploitées de la Vallée du Rift. Le programme s’appuiera sur le succès déjà obtenu dans le domaine de l’énergie avec la mise en valeur réussie du champ géothermique de Menengai qui constitue un exemple.

Le CTF créera un programme de prêts concessionnels visant à améliorer la viabilité financière et la bancabilité commerciale des projets en consolidant le financement conventionnel et en levant les obstacles à l’investissement privé. Le programme appuiera jusqu’à deux projets de production d’énergie géothermique dirigés par le secteur privé et structurés sous forme de producteurs indépendants d’électricité (IPP en anglais) et sera mis en œuvre avec le soutien de la BAD.

 « Le Kenya fait déjà la démonstration de sa capacité à remodeler son avenir énergétique en mettant en valeur ses vastes ressources géothermiques à travers le projet de Menengai », a déclaré Joao Duarte Cunha, coordonnateur de la BAD pour le CTF, « mais, il demeure confronté à des obstacles liés au marché freinant le déploiement total de ses énergies renouvelables. Cette injection de capital renforcera la confiance des investisseurs et améliorera la bancabilité de ces ressources vitales. En outre, le succès des producteurs indépendants d’électricité créés dans le cadre de ce programme peut servir de référence à d’autres pays cherchant à réaliser des objectifs similaires dans le domaine de l’énergie verte ».

La transformation du secteur de l’énergie géothermique constitue un volet essentiel du plan de croissance économique du Kenya pour sa population en pleine expansion et de plus en plus urbanisée. Dans sa « Vision 2030 », le pays a identifié l’énergie et l’électricité comme éléments clés de sa transformation économique, avec la géothermie en tant que technologie de premier plan. Selon les estimations, d’ici 2020, la capacité de production d’énergie installée du pays va tripler, passant de 2 177 MW à 6 766 MW, l’énergie géothermique y contribuant à hauteur de 2 000 MW.

Pour créer cet avenir énergétique durable, le gouvernement reconnaît qu’il doit maintenir un climat d’investissement stable afin d’attirer la participation du secteur privé dans le secteur de l’énergie, étendre les réseaux de transport et de distribution pour approvisionner les clients en électricité, maintenir des tarifs crédibles et tenant compte des coûts pour les acheteurs, et réduire l’inefficacité dans le secteur afin de soutenir des tarifs plus abordables pour les utilisateurs finaux. Une mesure clé du gouvernement à cet effet consiste à promouvoir des programmes pour les producteurs d’électricité indépendants sélectionnés par le biais de processus d’appels d’offres internationaux, afin d’améliorer les flux d’investissements du secteur privé dans le secteur de l’énergie.

Sur un marché où le taux d’électrification n’est que de 23 % et où l’investissement privé reste modeste, le programme financé par le CTF jouera un rôle vital en :

  • créant un effet de démonstration montrant que la structure est économiquement viable pour les investisseurs privés ;
  • soutenant et créant des références sur un marché naissant ; et
  • réduisant la dépendance du pays vis-à-vis des sources d’énergie hydroélectrique et thermique en contribuant au déploiement de jusqu’à 70 MW d’énergie renouvelable propre, fiable et de charge de base.

Le programme s’inscrit dans le Programme dédié au secteur privé (DPSP) du CTF, destiné à financer les programmes qui peuvent permettre d’obtenir des résultats de développement, de réaliser un impact, de mobiliser le secteur privé et l’investissement à grande échelle et peuvent être déployés rapidement et efficacement.

Le programme DPSP II du CTF du pays viendra en complément à son Plan d’investissement des FIC déjà en place dans le cadre du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (dit SREP en anglais) des Fonds d’investissement climatiques (FIC), à travers lequel le Kenya a entrepris le programme géothermique innovant de Menengai, une démonstration des activités d’atténuation des effets du changement climatique par le FIC à travers le monde.-------------------------------------------------------------------------------------À propos des Fonds d’investissement climatiques (FIC)

Créés en 2008 comme l’un des plus importants instruments de financement à décaissement rapide au monde pour lutter contre le changement climatique, les FIC, dotés d’une enveloppe de 8,3 milliards de dollars EU, accordent aux pays en développement des dons et des prêts concessionnels, et ils leur fournissent des dispositifs d’atténuation du risque ainsi que des capitaux, qui leur permettent de lever des fonds substantiels auprès des opérateurs privés, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD — la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM) — mettent en œuvre des projets et des programmes financés par les FIC.