La Corée et l’Afrique s’engagent à nouer un partenariat gagnant-gagnant avec l’adoption du plan d’action 2009-2010

29/10/2008
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La Corée et l’Afrique s’engagent à nouer un partenariat gagnant-gagnant avec l’adoption du plan d’action 2009-2010

Le président de la Banque africaine de développement (BAD), M.  Donald Kaberuka, le secrétaire exécutif de la commission des Nations Unies pour l’Afrique, M Abdulie Janneh et les ministres de  Algérie, Madagascar, Kenya, Gambie, Gabon, RDC, Seychelles, Nigeria, Maroc, Soudan, Afrique du Sud, Tanzanie, Maurice, Bénin, Tunisie, Ouganda, Cameroun, Mozambique et Mali  prennent part à  la deuxième conférence ministérielle pour la coopération économique entre l’Afrique et la Corée (KOAFEC) qui a adopté le plan d’action 2009-2010.  Les administrateurs représentant les pays membres régionaux et  M. Bruce Montador, administrateur canadien représentant la Corée au Conseil d'administration du groupe de la BAD,  participent activement à cette rencontre Corée-Afrique qui se tient du 27 au 30 octobre.

Dans son discours d’ouverture, le ministre des finances et de la stratégie de Corée, M. Man-Soo Kang a déclaré que "l’Afrique doit accorder une grande place aux infrastructures afin d’accroître la productivité". Selon lui, "la Corée et l’Afrique doivent s’engager dans une coopération gagnant-gagnant pour promouvoir un développement durable". Car, a-t-il indiqué, "la Corée a l’expérience nécessaire et, est également disposé à contribuer au développement de l’Afrique ». « Notre pays peut aider au développement des technologies en fournissant une assistance sous forme de kits appropriés destinés a améliorer l’efficacité de l’administration publique et de la gouvernance », a-t-il précisé.

Dans son allocution, le président Kaberuka a, "au nom de l’Afrique et des ministres présents, remercié la Corée pour l’assistance fournie à l’Afrique dans le cadre du Fonds pour la coopération économique en Afrique dont la gestion a été confiée à la BAD." "La Corée est passée en 50 ans du statut de pays assisté à celui de donateur. Cela témoigne du dynamisme et du succès de l’économie coréenne’ a indiqué le président Kaberuka,

Dans l’optique de promouvoir le développement en Afrique la Corée et la Banque  ont signé,  le 28 octobre 2008 à Séoul, dans le cadre de la KOAFEC, deux protocoles d’accord.  Le premier, signé par M. Man-Soo Kang, ministre des finances et de la stratégie de Corée  et  le président  Donald Kaberuka, est relatif au Fonds fiduciaire du KOAFEC par lequel la Corée s’engage à contribuer pour un montant de 200 millions de dollars au cofinancement de projets souverains en Afrique, au cours des trois prochaines années. Ce fonds a été créé par le gouvernement coréen, et son exploitation et sa gestion ont été confiées à la BAD pour soutenir les activités de KOAFEC.

Le deuxième accord signé par le président de la BAD et le directeur de la commission des communications de Corée est destiné à promouvoir le développement des technologies de l’information et de la communication en Afrique.  « Nous pouvons mettre à profit la coopération fructueuse entre la BAD et la Corée pour développer des synergies et contribuer efficacement au développement de l’Afrique », a déclaré le président Kaberuka. 

A travers ces deux accords, la Corée et la BAD renforceront leur coopération pour soutenir techniquement et financièrement la mise en œuvre du plan d’action 2009-2010 du KAOFEC qui comporte six domaines prioritaires: développement durable des infrastructures et des ressources naturelles ; technologie de l’information et de la communication ; développement des ressources humaines ;  partage des connaissances en matière de développement en s’inspirant du cas de la Corée ; développement agricole et rural ; et partenariat pour une croissance verte.

Par ailleurs, le président Kaberuka a  invité,  le 28 octobre à Séoul,  les pays africains à tirer leçon de l’expérience de la Corée qui était en 1960 un pays pauvre bénéficiant de l’aide au développement, et qui est devenu aujourd’hui un Etat donateur, membre de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). 

« Il n’y a guère, en 1960, le Ghana était plus avancé que la Corée », a souligné le président Kaberuka, au cours d’un point de presse, en marge des travaux de la Conférence ministérielle pour la Coopération économique entre la Corée et l’Afrique (KOAFEC) qui a débuté ces travaux mardi à huis clos. 

La Corée est passée d’un revenu par tête d’habitant de 100 dollars US en 1960 à 16.000 dollars US en 2007, a-t-il expliqué. Une prouesse qui illustre le bond en avant réalisé par la Corée qui ne dispose d’aucune ressource naturelle. Si tout n’est pas à copier pour M. Kaberuka, il y a des domaines dans lesquels les Africains doivent beaucoup apprendre de la Corée.

C’est notamment le cas en ce qui concerne la synergie entre les secteurs public et privé qui a permis à ce pays de réaliser de grandes performances dans le domaine industriel, des innovations technologiques, de l’agriculture etc. 

Abordant la question de la crise financière internationale, le président de la BAD a dit espérer que les pays européens n’auront pas recours au protectionnisme pour se tirer d’affaire.  Mais il nourrit quelques inquiétudes à propos de cette récession qui aurait un impact considérable en Afrique, si elle devait se prolonger.

L’Afrique connaîtrait alors un ralentissement de ses exportations et une réduction des investissements et des transferts. Déjà, la crise alimentaire mondiale et l’envolée des prix du pétrole ont eu des impacts considérables sur les économies africaines qui affichaient des taux de croissance significatifs, tournant autour de 5 à 6 pour cent, a-t-il constaté.

Pour faire face à la crise, le président de la BAD est d’avis que des mesures énergiques doivent être prises pour limiter les effets de la crise financière mondiale. Car, à moins de 7 pour cent de croissance, l’Afrique ne pourra tenir ses engagements concernant les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en 2015, a-t-il averti.


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