La Banque africaine de développement présente, le 3 juin 2016 à Tunis, les conclusions de l’édition 2016 de Perspectives économiques en Afrique pour la région de l’Afrique du Nord.

02/06/2016
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Publié chaque année par la Banque africaine de développement (BAD), le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Rapport Perspectives économiques en Afrique analyse les progrès du continent sur le plan économique et social et en matière de gouvernance, en soulignant les perspectives encourageantes à court terme.

L’édition 2016 du rapport, placée sous le thème « Villes durables et transformation structurelle », (téléchargeable ici : www.africaneconomicoutlook.org/fr), tout juste lancée lors des 51e Assemblées annuelles du Groupe de la BAD en Zambie, fait l’objet d’une présentation le 3 juin 2016 à Tunis, dans le cadre de la troisième Rencontre internationale méditerranéenne.

Cette présentation sera axée sur les pays de l’Afrique du Nord, en mettant l’accent sur l’économie tunisienne en particulier. Objectif : débattre de manière approfondie des performances économiques et des perspectives sur deux ans, dans un contexte d’atonie de l’économie mondiale et d’une chute des prix des matières premières.

Coup de projecteur sur l’Afrique du Nord

Le rapport 2016 de Perspectives économiques en Afrique révèle que les pays de l’Afrique du Nord enregistrent une hausse de leur croissance économique moyenne grâce à l’amélioration de leur stabilité politique et économique : 3,2 % en 2015, contre 1,4 % en 2014. On table sur un redressement progressif de l’économie mondiale et un redressement du cours des matières premières pour favoriser la reprise – escomptée vraiment en 2017 –, puisque les projections anticipent  2,9 % croissance en 2016 et 3,6 % en 2017 en Afrique du Nord.

Pour autant, la situation macroéconomique de l’Afrique du Nord reste fortement contrastée. En Libye, les ruptures de production de pétrole, la crise politique et l’incertitude ambiante ont continué d’entraîner une récession. Seules la fin du conflit et l’installation d’un gouvernement national permettraient d’envisager une reprise économique. En Égypte, la croissance s’est renforcée et les prévisions s’avèrent optimistes en raison des réformes macroéconomiques engagées et d’une confiance retrouvée des investisseurs. En Algérie, la croissance s’est maintenue grâce à l’activité agricole et au rebond de la production pétrolière ; mais les perspectives dépendent des réformes visant à la diversification et la transformation structurelle de l’économie. Si le Maroc a connu une croissance plus forte et plus diversifiée que le reste de la région, sa croissance en 2016 sera affectée par la faible pluviométrie. Si le tourisme a également pâti des problèmes sécuritaires de la région, l’impact au Maroc a été nettement moins marqué qu’en Tunisie.

En Tunisie, malgré la chute des productions minière et industrielle due à des mouvements sociaux, les bonnes récoltes agricoles de l’année 2015 ont permis d’afficher une croissance légèrement positive, de 0,5 %. Si les prévisions tablent sur 2 % en 2016 et 2,4 % en 2017, les défis du chômage et des disparités régionales pèsent lourdement sur la stabilité socio-économique dans le contexte d’une marge budgétaire étroite. Depuis 2010, le taux d’endettement de la Tunisie a crû d’environ 32 %, soit à un rythme annuel moyen de 5,3 %, un taux très supérieur aux 2 % de croissance moyenne de l’économie.

En fournissant des données précises, actualisées, ainsi que des projections et des analyses pertinentes, Perspectives économiques en Afrique met en lumière les facteurs de performance, les défis, ainsi que les perspectives d’évolution pour chacun des 54 pays du continent. Il constitue un outil de travail idéal pour identifier les meilleures options à même d’améliorer les performances économiques des pays de l’Afrique du Nord.