L'Afrique se prépare pour le Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide

08/05/2008
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Kigali (Rwanda), 1er mai 2008 – Quelque 200 délégués de plus de 40 pays africains ont assisté mercredi à la clôture de l'atelier de deux jours destiné à faire le bilan de la mise en oeuvre de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide.

Dans la Déclaration de Paris de 2005 sur l'efficacité de l'aide, les donateurs et les pays partenaires s'étaient engagés à mettre en œuvre des changements substantiels pour renforcer l'efficacité de l'aide afin de renforcer son impact sur le développement.

Les bailleurs de fonds et leurs partenaires, notamment en Afrique, sont convenus qu'en la matière l'une des conditions du succès est une plus grande responsabilisation dans la gestion de l'aide. 

L'atelier de Kigali, organisé par la Banque africaine de développement et les gouvernements du Rwanda et du Ghana, visait à favoriser les consultations en vue d'élaborer une position africaine commune pour le Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide, un événement mondial qui se tiendra à Accra (Ghana) du 2 au 4 septembre. Le Forum examinera les progrès réalisés en terme de mise en oeuvre de la Déclaration de Paris.

Des travaux du Forum d'Accra naîtra un Plan d'Action d'Accra, qui sera signé par les ministres et hauts responsables de divers pays.

Dans la déclaration finale de l'atelier, les délégués notent la complexité croissante de l'environnement de l’aide et constatent que l'Afrique devra procéder aux ajustements adéquats pour garantir une utilisation plus efficace de l'aide sur le continent.

Ils ont appelé les bailleurs de fonds à aligner davantage leurs activités sur les priorités des États africains, non seulement en termes de conception des stratégies des bailleurs de fonds, mais également de leur mise en œuvre.

Selon les participants, il ne faut pas laisser la frustration périodique liée à certaines pratiques des bailleurs de fonds prendre le dessus.

"Un certain niveau de frustration n'est pas mauvais", estime la déclaration, et "les approches différentes s'expliquent par des mandats différents, des cadres légaux différents, les histoires différentes et les rôles différents".

"Malgré ces différences, ajoutent les délégués, nous sommes tous unis vers un seul et même objectif, utiliser les ressources du développement le plus efficacement possible de manière à faire la différence dans la vie des population."

Les participants ont reconnu l'importance de aide à l'Afrique et constaté les progrès considérables réalisés pour rapprocher les positions des deux parties.

"Voici moins de cinq ans, nous ne pouvions presque pas imaginer de tenir les conversations qui se sont tenues ici à Kigali. Nous nous empressons toutefois de dire que des deux côtés, celui des pays partenaires comme celui des bailleurs de fonds, le chemin est encore long. C'est pourquoi la communauté du développement se réunira à Accra dans quelques mois pour faire le bilan et asseoir des bases encore plus solides pour faire davantage de progrès face à des défis de développement en constante évolution",  indique la déclaration.

Toutefois, une meilleure appropriation n'est possible que si les pays font preuve de leadership et élaborent des visions et programmes qui rencontrent les préoccupations d'un large éventail d'intervenants, et définissent des politiques claires de gestion de l'aide. 

Face aux  préoccupations exprimées par les bailleurs de fonds quant à ce qu'ils perçoivent comme des faiblesses des systèmes nationaux, les participants à l'atelier ont souligné que le recours aux systèmes pays était en lui-même une façon de les renforcer.

S'agissant de la gestion axée sur les résultats des actions de développement, les participants ont estimé que des progrès ont été réalisés ces dernières années et que davantage de pays lient leurs budgets aux résultats attendus.

L'atelier a également cité quelques bons exemples de responsabilité mutuelle entre les bailleurs de fonds et les pays et  rappelé, à cet égard, le rôle majeur des groupes de contrôle indépendants. 

L'extension du rôle des communautés de pratique a permis aux praticiens d'échanger des informations et contribuer ainsi à renforcer leurs capacités. Un domaine important où le renforcement des capacités est essentiel, tant au niveau des bailleurs de fonds qu'à celui des pays, est celui des systèmes statistiques, de manière à les rendre aptes à soutenir les activités de gestion et de suivi.

Pour relever les défis spécifiques des États fragiles et des zones touchées par les conflits, l'atelier a invité la communauté de développement à accorder davantage d'attention aux causes des conflits et aux moyens de les prévenir. Les participants ont également demandé que des efforts soient faits pour développer les instruments appropriés pour fournir une assistance aux États fragiles, et réduire l'écart entre l'aide humanitaire et l'aide au développement. 

Les participants ont également appelé à ce que davantage soit fait pour établir la paix, la stabilité et la cohésion sociale afin que l'aide puisse être efficace dans ces environnements difficiles.

Les bailleurs de fonds traditionnels ont été invités à prendre note de la rapidité avec laquelle les nouveaux bailleurs de fonds peuvent mettre des financements à disposition. Les participants à l'atelier ont toutefois indiqué que, conformément au principe d'appropriation, les nouveaux fonds mondiaux devaient également être alignés sur les priorités et les systèmes des pays. Ils ont rappelé que des engagements à long terme étaient nécessaires pour garantir la viabilité des programmes financés par ces fonds.

Plusieurs thèmes récurrents ont émergé dans toutes les tables rondes, notamment les considérations liées à l'égalité entre hommes et femmes et l'autonomisation des femmes dans toutes les politiques et dans le plan d'action d'Accra. Un autre thème abordé à plusieurs reprises fut l'importance fondamentale de bâtir des capacités appropriées entre les bailleurs de fonds et les pays partenaires.

Le rôle de plus en plus important des parlements et de la société civile dans les activités de développement, notamment en termes de responsabilisation renforcée des gouvernements vis-à-vis des intervenants, a également été souligné. Les participants ont toutefois rappelé que la société civile devait toujours rester marquée par la transparence et la responsabilité. D'aucuns ont également appelé à un renforcement de la coopération sud/sud.

"L'un des domaines qui a suscité de nombreuses préoccupations est la conditionnalité", précise le communiqué. "Nous avons entendu le souhait de certains de voir abandonner la conditionnalité aux profit d'objectifs et de cibles définis d'un commun accord."

Les délégués à la réunion de Kigali représentaient des gouvernements et des parlements africains, mais aussi des organisations de la société civile. Les promoteurs de l'événement, notamment la Banque mondiale, l'Organisation pour la coopération et le développement économique, le Programme des Nations unies pour le développement et le Département britannique pour le développement international (DFID), étaient également présents.

La délégation de la BAD était dirigée par M. Philibert Afrika, Directeur du département des politiques opérationnelles et normes (ORPC).


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