Le projet de parc éolien du Lac Turkana nommé « Meilleur projet d’électricité de l’année 2014 »

19/12/2014
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Le montage financier du projet de parc éolien du Lac Turkana (par acronyme LTWP en anglais) vient d’être finalisé, au terme de huit années de préparation.

Au début de ce mois, ce projet de 623 millions d’euros a atteint une étape décisive avec la finalisation de son bouclage financier, devenant ainsi le plus important investissement privé jamais réalisé dans l’histoire du Kenya. Il a remporté plusieurs distinctions, et a été nommé récemment « African Renewable Deal of the Year 2014 » par Project Finance International de Thomson Reuters.

Le projet Turkana comprend une centrale électrique autonome de 300 MW, qui sera construite et gérée par la société Lake Turkana Wind Power Company, qui en sera également propriétaire, ainsi qu’une ligne de transmission électrique longue de 428 km, qui reliera la centrale au réseau que doit construire le gouvernement du Kenya. Le soutien de la Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), étroitement impliqué dans le projet depuis 2007, se fait par le biais d’instruments financiers du Fonds africain de développement (FAD) et de la Banque africaine de développement. La Banque a travaillé de concert avec les promoteurs du projet et le gouvernement du Kenya à la structuration de ce projet intégré de transformation.

Une fois construit, le projet de parc éolien devrait être le plus important d’Afrique. Il a bénéficié de l’aide financière de la BAD, de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Standard Bank of South Africa, de la Nedbank, de la Netherlands Development Finance Company (FMO), de Proparco, de la Banque de développement de l’Afrique de l’Est (EADB), de la Banque de la ZEP, d’EKF, de Triodos et de la DEG allemande. Chef de file en tant que “Mandated Lead Arranger” désigné, la BAD a piloté la levée des fonds pour le projet, avec pour co-arrangeurs la Standard Bank of South Africa et la Nedbank Limited.

En tant que “Mandated Lead Arranger”, la BAD a supervisé l’octroi de quelque 436 millions d’euros de facilités de crédits de premier rang et d’environ 37,5 millions d’euros de facilités de crédits subordonnés pour le compte du LTWP. Le gouvernement des Pays-Bas a quant à lui accordé une subvention de 10 millions d’euros, auxquels l’Union européenne a ajouté 25 millions d’euros, par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures. Ce projet est un excellent exemple de collaboration entre des institutions de financement du développement et des banques commerciales, en faveur du développement de l’Afrique.

En outre, la BAD accordera une garantie partielle de risque (GPR) du Fonds africain de développement (FAD), d’un montant de 20 millions d’euros, destinée à la composante du projet relative à la ligne de transmission. Ce, afin d’assurer la centrale électrique contre les risques de retards dans la construction de la ligne de transmission Suswa-Loyangalani, sur près de 400 km, ainsi que des sous-stations y afférant. Il s’agit là de la première transaction de la BAD comportant une garantie de risque partielle. La ligne de transmission électrique et les sous-stations qui y sont associées sont financées par les gouvernements espagnol et kenyan. Le GRP a été une condition clé pour l’obtention d’emprunts à long terme et la clôture financière pour la centrale électrique. 

« Ce projet souligne le rôle de la Banque en tant que catalyseur du développement de projets d’infrastructures transformationnels de ce type », a déclaré Donald Kaberuka, président du Groupe de la BAD, soulignant l’importance de la transaction.

La signature et le décaissement sont le signe que le financement du projet a été complété, sa clôture financière ayant été finalisée le 11 décembre 2014. Les travaux de construction devraient débuter en 2015, et la centrale commencer à produire de l’énergie électrique dès le début de 2016, gratifiant ainsi le réseau domestique du pays de 300 MW supplémentaires.

Le LTWP est un élément clé de l’engagement du gouvernement kenyan à accroître la production d’électricité à 5 000 MW et à fournir de l’énergie renouvelable à un prix abordable aux consommateurs du Kenya. À lui seul, ce projet permettra de produire quelque 20 % de la capacité installée actuelle dans le pays, à un prix de 7,52 euros/kWh (soit 9 Ksh/kWh). C’est aussi l’un des projets phares de Vision 2030, et il aura un effet transformateur sur le développement dans les zones arides du nord du Kenya, sur le secteur de l’électricité et sur le pays dans son ensemble. Il devrait également permettre au Kenya d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars EU de devises étrangères par an, puisque grâce à lui, les coûts de combustibles importés seront supprimés.