L’autonomisation des femmes africaines via l’emploi : Ouagadougou, ville exemplaire

08/03/2013
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Gestion des ressources en eau et des déchets, Ouagadougou, Burkina Faso Facilité africaine de l’eau, 8 mars 2013

En ce jour de célébration des femmes, il est opportun de rappeler l’importance de leur rôle pour assurer l’avenir économique du continent africain.  

Car il est impossible, aujourd’hui, d’évoquer une Afrique prospère et égalitaire sans parler de leur pleine intégration sur le marché du travail.  

La parité entre les sexes sur le plan économique est d’ailleurs l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) puisque que garante d’une croissance durable.

Grâce aux efforts des gouvernements et des agences de développement, on constate une croissance soutenue du taux d’emploi des femmes dans les secteurs non-agricoles, où celles-ci sont légions.  

D’ailleurs, il existe un nombre grandissant d’initiatives africaines visant à promouvoir l’intégration des femmes dans divers secteurs d’emploi. Entre autres, à Ouagadougou, où la stratégie de réduction de la pauvreté s’appuie largement sur la création d’opportunités pour les femmes, particulièrement pour celles issues de milieux défavorisés.

Si la métropole burkinabé gagne en popularité, au titre de ville modèle en termes de développement durable, pour son approche exemplaire de gestion des ressources en eau et des déchets, elle se fait également pionnière dans  l’autonomisation des femmes.

Créée en 1995 à l’initiative du maire de la ville,  la « Brigade Verte »  procure aujourd’hui des emplois à plus de 2086 femmes.  

Recrutées parmi les plus démunies, ces femmes composent les nombreuses brigades responsables de l’entretien de la cité, responsables à ce titre de la réputation de Ouagadougou en tant que « ville verte ».

Depuis le lancement de cette initiative, un bon nombre de projets connexes ont émergé, dont l’Association des femmes pour la valorisation des déchets de plastique.

L’Association veut permettre à un groupe de femmes de contribuer à la lutte contre la prolifération des déchets plastiques, tout en leur assurant une rémunération découlant des bénéfices générés par la vente des produits de recyclage.

En appuyant les études de financement d’un projet d’assainissement des quartiers périphériques, lancé en janvier 2009, la Facilité africaine de l’eau (FAE) a étendu, du même coup, son soutien à cette Association.

En tant que composante du projet, l’Association des femmes pour la valorisation des déchets de plastique de Ouagadougou prendra bientôt un nouvel élan, grâce au soutien de la  Banque africaine de développement (BAD), qui prendra le relais de la FAE pour assurer le démarrage du projet dès 2013, avec un budget de 26 millions d’euros.

« Le sort des femmes est au cœur de nos préoccupations, et nous nous efforçons systématiquement  d’assurer que nos projets prévoient des gains durables pour elles » a déclaré Akissa Bahri, coordinatrice de la Facilité africaine de l’eau.  « La ville de Ouagadougou est, en effet, un exemple à part, car c’est la démonstration d’une volonté politique ferme de transformer l’économie et les mentalités. D’où les résultats que l’on constate aujourd’hui, lesquels font de Ouagadougou un partenaire à part entière. »

La ville de Ouagadougou est ainsi porteuse d’une réussite exemplaire, qui mérite d’être saluée et encouragée à travers tout le continent.  

Car la lutte contre la pauvreté chez les femmes doit miser sur un accroissement substantiel de leur contrôle des enjeux financiers, politiques et sociaux qui affectent leur vie, notamment par la création d’emplois et leur pleine participation aux initiatives socio-économiques - un principe acquis à Ouagadougou.