Des chefs d’État se penchent sur la création d’un marché unique pour l’Afrique et l’importance de la paix et de la stabilité

01/06/2015
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Les chefs d’État africains participant aux 50es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan se sont engagés le mardi 26 mai «à soutenir les politiques visant à accélérer les efforts déployés à travers le continent pour mettre en place un véritable marché unique et transformer la vie des citoyens africains.»

Parmi les chefs d’État présents se trouvaient la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf ; le président du Bénin, Thomas Boni Yayi ; le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba ; le président du Mozambique, Filipe Nyusi ; le président du Ghana, John Dramani Mahama et le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo.

«L’instauration d’un marché unique pour l’Afrique » était l’un des thèmes abordés au cours du deuxième jour de ces assises. Les chefs d’État ont participé à un panel de haut niveau intitulé « Forum présidentiel sur la création d’un marché unique pour l’Afrique » qui visait à recueillir des éclairages sur la façon dont le continent peut accélérer sa transition vers la pleine intégration économique.

Dans leurs allocutions, les dirigeants ont noté que « la perspective, à priori illusoire d’un marché unique pour l’Afrique, pourrait en réalité se concrétiser de leur vivant, à condition que la paix puisse s’installer durablement sur le continent.»

Selon Ellen Sirleaf, les dirigeants africains doivent soutenir le secteur privé et investir davantage dans les infrastructures qui favorisent les échanges entre les pays. Mme Sirleaf a également insisté sur l’importance du renforcement des compétences et des capacités des jeunes africains.

« Le développement est un processus rythmé et nous devons nous appuyer sur les progrès déjà réalisés », a-t-elle déclaré avant d’ajouter que les dirigeants africains doivent œuvrer ensemble pour mettre un terme aux guerres qui ravagent le continent.

Thomas Boni Yayi, a, quant à lui, appuyé les propos de son homologue libérienne, en faisant remarquer que les chefs d’État africains n’ont aujourd’hui pas d’autre choix que de promouvoir la paix et d’œuvrer au bénéfice de tous les Africains.

« Nous avons atteint un stade où nous n’avons d’autre choix que de nous unir pour la paix et de bâtir des infrastructures afin de rapprocher nos nations et leurs citoyens », va-t-il noter, précisant que les infrastructures de l’énergie et du transport constituaient les deux principales priorités.

Pour sa part, Ali Bongo, a aussi souligné la nécessité d’une stabilité durable pour l’avancement du continent.

« La paix est un facteur déterminant et nous devons lui permettre de s’installer durablement sur le continent pour réussir à bâtir un marché unique pour l’Afrique », a-t-il déclaré.

Pour Filipe Nyusi, les dirigeants se devaient de veiller au respect des engagements en faveur de la paix et du développement. « Il en va de notre responsabilité. Nous devons lever les barrières commerciales telles que les procédures de visa entre les pays africains qui limitent la libre circulation des Africains sur le continent et leur capacité à faire des affaires ensemble », a-t-il précisé.

Augustin Matata Ponyo, premier ministre de la RDC, a déclaré que le rêve d’un marché unique pour l’Afrique devait prendre racine au sein même des pays africains : « Nous devons d’abord accomplir l’intégration économique de nos pays avant de pouvoir passer à l’intégration de l’Afrique tout entière. »

Après s’être exprimé en accord avec ses homologues sur l’importance de la paix et de la stabilité pour le renforcement des mesures d’intégration, John Dramani Mahama, a suggéré que l’intégration se fasse au moyen d’un processus participatif dans lequel chaque Africain aurait un rôle à jouer.

« Cette approche nous permettrait de limiter voire d’éviter le risque que le projet soit mis à mal par des personnes qui pourraient se sentir exclues », a-t-il averti.

Mahama a aussi invité la BAD à prendre la tête de la campagne pour un marché africain unique. Selon le président du Ghana, en réussissant à devenir une institution respectée sur le continent, la Banque a prouvé qu’elle était prête à assumer de telles responsabilités.

« Il est temps que la BAD finance le programme d’intégration de l’Afrique afin de transformer le continent qu’il l’a vue grandir », a lancé Mahama.

Dans son discours d’ouverture du « Forum présidentiel sur la création d’un marché unique pour l’Afrique », le premier ministre de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, a déclaré que le continent était en mesure de soutenir un marché commercial solide entre les pays africains.