« Le leadership et le financement du développement portent à l’optimisme quant à l’avenir de l’Afrique », estime Ncube

19/05/2014
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Alors que l’Afrique se transforme sous le leadership du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), son économiste en chef et Vice-président, Mthuli Ncube, se penche sur les facteurs qui pourraient changer le visage du continent, indiquant qu’il faut un leadership visionnaire et une approche pragmatique de l’élaboration des politiques.

« Un leadership transformateur qui repose sur des principes, tant au niveau du gouvernement que des autres sphères de la société comme les entreprises et la société civile, est effectivement indispensable si l’Afrique veut renforcer sa gouvernance et atteindre ses autres grands objectifs », a déclaré Ncube.

L’économiste assure qu’il faut tirer d’importants enseignements du passé. Les objectifs de développement du continent ne pourront être atteints au cours des cinquante années à venir que si les mentalités des Africains et les politiques qu’ils adoptent évoluent.

Selon lui, il faudra notamment que les jeunes gens apprennent très tôt les caractéristiques d’un bon leadership. Il estime que le leadership n’est pas une faculté innée d’une personne, mais plutôt une compétence qui peut être acquise.

« Il est important que nous fassions une place au leadership dans le programme de notre système éducatif, à tous les niveaux, et que nous enseignions très tôt les caractéristiques d’un bon leadership à nos jeunes, explique-t-il. Non seulement cela nous aidera à “trouver” de bons leaders à l’avenir, mais cela aidera également nos peuples à faire le bon choix lorsqu’ils élisent un dirigeant. » 

Ncube est convaincu que les cinquante prochaines années apporteront leur lot de grands défis que les pays et leurs dirigeants devront relever. Il estime qu’un « leadership transformateur, capable d’inciter les gens à prendre en compte non seulement leurs préoccupations immédiates, mais également le bien de la société dans son ensemble et de toute l’Afrique, sera nécessaire pour réussir à relever ces défis. »

Mais Ncube pense que l’Afrique a encore bien d’autres besoins à satisfaire. 

« Pour que la transformation de l’Afrique soit couronnée de succès et que sa croissance soit forte au cours des 50 prochaines années, il faudra que les dirigeants rendent des comptes et que les politiques stratégiques bénéficient d’un véritable leadership à tous les niveaux et dans toutes les composantes de la société, que les institutions fonctionnent convenablement et que l’environnement économique soit favorable aux échanges commerciaux », dit-il.

L’Afrique peut tirer parti des bonnes pratiques d’autres régions du monde en développement, mais elle peut également leur faire profiter de ses bonnes politiques et de ses expériences réussies.

L’environnement des affaires en Afrique s’est terriblement amélioré au fil du temps, et quelques pays africains figurent parmi les plus dynamiques des pays réformateurs au monde. De plus, la résistance du continent au protectionnisme économique a bien réussi à de nombreuses nations africaines.

En outre, dans le domaine du leadership, la différence entre la réussite et l’échec tient à ce que les dirigeants poursuivent des objectifs liés à l’obtention de résultats à long terme en dépit des problèmes posés à court terme.

Et enfin, tous les Africains sont désireux d’adopter une approche pragmatique de l’élaboration des politiques, plutôt qu’une approche idéologique ou géopolitique. Une telle approche engendre en effet confiance et coopération sans frontières, aidant de ce fait les dirigeants africains à moderniser la gouvernance et à renforcer les institutions grâce à une transparence et une redevabilité accrues.

Dans l’ensemble, on sait ce qu’il faut faire, mais il est moins évident de savoir comment le faire, et la volonté politique de faire tout ce qu’il faudra pour arriver à nos fins sera fortement mise à l’épreuve.

Néanmoins, Ncube voit de nombreuses raisons de se montrer optimiste au sujet du développement futur de l’Afrique.

Pour lui, « les objectifs de développement des décennies à venir seront définis en fonction de divers facteurs de changement et des changements de politique adoptés par les pays africains en réponse aux changements qui se produisent dans le monde.

« Ces facteurs de changement seront mondiaux, matériels et humains. Les gouvernements doivent collaborer davantage avec le secteur privé. L’exploitation du potentiel de l’Afrique dépendra en grande partie de la capacité du continent à entretenir des échanges commerciaux à l’échelle mondiale et régionale. »

Cette année, la BAD fête son 50e anniversaire. Elle peut être très fière de ses réalisations passées, mais de nouveaux défis l’attendent pour l’avenir.

L’une des questions les plus importantes auxquelles la BAD devra répondre est de savoir comment le développement de l’Afrique sera financé au cours des 50 prochaines années.

« L’Afrique compte de nombreux projets prometteurs. C’est ainsi que la BAD soutient une nouvelle initiative, le Fonds Africa50, un instrument de financement des infrastructures africaines crédible et innovateur qui vise à appuyer la transformation économique de l’Afrique, explique  Ncube.

« Ce Fonds mettra l’accent sur les infrastructures transcontinentales, et notamment sur les projets prioritaires dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).  cela donnera lieu à des projets de connectivité d’envergure régionale bancables et favorables à la croissance, en s’appuyant sur l’élan créé par les initiatives et les installations existantes. »