S’appuyer sur un véritable leadership pour développer l’Afrique

17/05/2007
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La Table ronde ministérielle des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) s’est ouvert mardi à Shanghai , en présence des présidents de Madagascar, M. Marc Ravalomanana ; du Cap-Vert, M .Pedro Pires ; du président de la Banque centrale de Chine  M. Zhou Xiao et du président de la BAD , M. Donald Kaberuka  ainsi que du Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), M Abdulie Janneh , ainsi que des gouverneurs de la BAD et de nombreux délégués.

Parler vrai

Le président malgache Marc Ravalomanana qui, dans son intervention, a tenu à «parler vrai» a indiqué qu’il est inacceptable qu’il y ait de la pauvreté dans le monde et que des populations, notamment en Afrique, meurent de faim, de paludisme et du Sida. Auparavant, il avait souligné que  l’Afrique  dont il voulait évoquer les réalités est un continent complexe avec différents stades de développement.  Compte tenu de cette donnée,  M. Ravalomanana a tenu à s’exprimer sur la réalité de Pays moins avancé de Madagascar dont l’aspiration est de s’extirper de la pauvreté et de passer à l’abondance. Pour ce faire, a- t-il dit, il faut réunir deux conditions car la situation de l’Afrique, selon lui, est liée à un manque de leadership, d’imagination, d’intégrité. Les réformateurs et les talents sont de ce fait décontenancés et prennent le chemin de l’exil. Le pouvoir absolu consistant en une avidité de pouvoir pour le pouvoir est un concept obsolète. « Nous voulons des réformateurs », a dit avec force le président Ravalomanana.

Changement de mentalités

La seconde condition est  que,  « certaines de nos mentalités nous retardent et nombre de traditions retardent le développement, notre défi est de nous en départir.  L’héritage du colonialisme qui est un boulet qui nous retient est à prendre en compte » a  estimé le président malgache qui a tenu à préciser qu’il ne voulait pas s’attarder sur le passé.

Barrières commerciales et conditionnalités

Evoquant un élément non moins important, la mondialisation, le Chef de l’Etat malgache a posé la question de savoir comment l’Afrique peut concurrencer les autres continents si ces derniers dressent devant elle des barrières commerciales. Les bailleurs de fonds qui mettent tellement de conditionnalités ont aussi été interpellés par M. Ravalomanana. « Les bailleurs de fonds ne doivent pas se contenter de donner des financements, ils doivent apporter un appui au développement de plans ambitieux». A cet égard, il a remercié la BAD de son soutien.

Leadership éclairé

Le président du Cap- Vert, Pedro Pires, a souligné que son pays est un archipel qui a été au centre de la première vague de mondialisation et a accédé à la souveraineté nationale avec comme ressources au trésor public, 300000 dollars. Mais a t-il dit le Cap-Vert n’a jamais perdu confiance, ni espoir. «Nous avons procédé par une praxis politique de proximité, réalisme politique, diversification des relations extérieures». « Nous nous sommes engagés dans l’édification d’un Etat national crédible disposant d’institutions efficaces  jouissant de la confiance des populations ». L’expérience du Cap-Vert se résume, a-il indiqué par un leadership  éclairé, engagé, s’appuyant sur l’inclusion et l’efficacité. Il a toutefois averti que les succès du Cap-Vert ne doivent pas être un motif de désengagement de ses partenaires. Il a aussi souligné que la BAD a toujours répondu aux sollicitations de son pays. 

Auparavant, le président Donald Kaberuka avait remercié le gouvernement, le peuple de Chine  et plus particulièrement les autorités de Shanghai, d’accueillir les assises de la BAD. Il a en outre remercié les présidents malgache et capverdien, dont les pays, a-t-il souligné, sont deux exemples de ce que les africains peuvent faire pour bénéficier des opportunités d’investissement.  Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA ) , a pour sa part, déclaré que la tenue des assises de la BAD en Chine est la preuve des solides relations qu’entretiennent l’Afrique et l’Asie,  ajoutant que le thème de la rencontre répond aux besoins de notre temps.

 


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