Éclairer l’Afrique et l’électrifier : un prêt géant de 1,34 milliard $ de la BAD pour renforcer les capacités de production d’Eskom

08/07/2016
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Dans le cadre du New Deal pour l’énergie en Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) et l’entreprise publique sud-africaine d’électricité Eskom ont signé, jeudi 7 juillet à Johannesburg, un accord pour des facilités de prêt. Totalisant 1,34 milliard de dollars EU, ces prêts sont destinés à financer le programme d’investissements d’Eskom de 2016 à 2020.

Plus de 17 milliards de dollars EU devraient être investis sur cette période dans de nouvelles installations de production, dans la rénovation de centrales et la construction de lignes à haute tension. Cela permettra de réduire les délestages de charges et d’améliorer la fiabilité de l’approvisionnement électrique en Afrique du Sud ainsi que dans le reste de l’Afrique australe. Selon les estimations de la BAD, la production d’électricité en Afrique s’en verra accrue de près de 10 %, répondant ainsi à la vision qu’a la Banque d’un continent doté d’un accès universel à l’énergie d’ici à 2025, dans le cadre du New Deal pour l’énergie en Afrique

Tirant parti de sa notation AAA, la BAD a recueilli, en tant qu’arrangeur, 956 millions de dollars EU en financements grâce à la participation de neuf banques commerciales : Bank of China, Bank of Tokyo-Mitsubishi, CaixaBank, Citibank, HSBC, JP Morgan Chase, KfW IPEX Bank, Siemens Bank et Standard Chartered. Cette opération représente à ce jour le plus gros prêt A/B syndiqué jamais arrangé en Afrique, et marque une étape importante dans les efforts que déploie la BAD en matière de mobilisation de fonds transfrontière.

D’ici à 2020, le programme de dépenses en immobilisations d’Eskom devrait avoir accru la production d’électricité de l’Afrique du Sud de près de 11 000 MW et étendu son réseau de transmission de plus de 9 500 km. Après le succès du Programme sud-africain de soutien aux producteurs indépendants d’électricité à partir de sources d’énergies renouvelables (dit REIPP par sigle anglais, pour Renewable Energy Independent Power Producer), qui devrait augmenter la puissance installée du pays de 5 000 MW d’ici à 2019, ce dernier investissement de la BAD sera consacré en partie à la construction du réseau de transmission requis pour évacuer la production électrique des programmes sud-africains de production indépendante d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Le Programme REIPP, qui a recueilli 14 milliards de dollars EU en investissements, dont près de 30 % d’investissements étrangers directs, a donné une forte impulsion à la croissance du PIB en Afrique du Sud.

« Après la Chine et le Brésil, l’Afrique du Sud représente le troisième marché émergent le plus attractif pour les énergies renouvelables et ce programme, animé par le ministère sud-africain de l’Énergie, offre un exemple de la manière d’aborder la croissance verte en Afrique », a déclaré Stefan Nalletamby, vice-président par intérim et chef du Département du secteur privé, des infrastructures et de l’intégration régionale de la BAD.

L’Afrique du Sud commerce 5 % environ de sa capacité de production à ses voisins d’Afrique australe. S’il importe de l’électricité du Mozambique, le pays est exportateur net d’énergie vers la Zambie, le Lesotho, le Swaziland, le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie. De plus, Eskom est considérée comme un « point d’ancrage » majeur pour les futurs projets énergétiques régionaux – le projet Inga III inclus. « En contribuant à développer la production d’électricité, la BAD entend appuyer l’industrialisation et la création d’emplois », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD, avec « pour principal objectif d’améliorer la qualité de vie des populations en Afrique du Sud et dans la région ». 

La signature de cet accord de prêt conclut la deuxième opération de prêt de la BAD relevant du secteur privé octroyée à Eskom. En effet, en 2008, la BAD avait déjà consenti un prêt non souverain de 500 millions de dollars EU à l’entreprise sud-africaine. Depuis 2008, la BAD a également consenti trois prêts au secteur public, notamment à partir de son Fonds pour les technologies propres, pour un total de plus de 1,35 milliard de dollars EU. Si on ajoute à ces opérations le prêt de 142 millions de dollars EU que la BAD a accordé en 2014 au projet d’énergie solaire Xina Solar One dans le cadre du Programme REIPP, cela témoigne de l’engagement continu de la Banque à développer le secteur de l’énergie en Afrique.