Développement en Afrique : pour une aide qui marche

24/05/2006
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Ouverture à Abuja de la réunion de haut niveau sur le financement du développement

Abuja, le 22 mai 2006 – A l'initiative de la Banque africaine de développement, du gouvernement nigérian et de la Commission économique pour l'Afrique, une réunion de haut niveau de deux jours s'est ouverte dimanche à Abuja, autour du thème "Conférence sur le financement du développement en Afrique: de la parole à l'action". Les débats porteront sur la mise en œuvre des engagements mutuels pris par les pays africains et leurs partenaires au développement en matière d'aide et d'efficacité d'action, pour réduire la pauvreté et atteindre les objectifs de développement pour le millénaire (ODM) dans les délais fixés.

Dans son allocution d'ouverture, la Ministre nigériane des finances, Mme Ngozi Okonjo-Iweala, a invité les pays donateurs à soutenir les efforts des pays africains en honorant les engagements pris en matière de décaissement de l'aide.

En effet, a prévenu Mme Okonjo-Iweala, si les promesses restent sans suite, les probabilités de voir se concrétiser les ODM sont bien minces pour de nombreux pays africains.

Les gouvernements africains, a-t-elle rappelé aux participants, se sont engagés à améliorer la gouvernance, à renforcer la transparence et à réduire la corruption, conformément aux objectifs du NEPAD. "C'est notre part du marché et nous la prenons au sérieux", a-t-elle dit.

Cette réunion, a souligné le Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), M. Donald Kaberuka, pour remettre les choses en perspective, se tient à un moment exceptionnellement propice, marqué par des engagements de très haut niveau pris envers les pays africains dont certains tirent déjà les bénéfices de la mise en œuvre des réformes économiques, politiques et sociales.

"Nous sommes mutuellement comptables de la mise en œuvre des engagements pris par chacun de nos pays et de nos institutions, ainsi que des résultats sur le terrain," a-t-il dit, avant de souligner: "Il est maintenant urgent de tracer la feuille de route pour passer de la parole à l'action car sans des actions rapides, l'Afrique ne pourra atteindre les ODM".

Il a invité les participants à réfléchir à la façon dont les pays africains et leurs partenaires au développement peuvent prendre les DSRP (document de stratégie de réduction de la pauvreté) de deuxième génération comme cadre pour accroître leurs efforts et fournir des financements prévisibles à long terme pour réaliser les ODM.

Les délégués également doivent prendre en compte l'incidence macroéconomique de l'accroissement de l'aide, et notamment réfléchir à l'utilisation optimale de l'espace fiscal dégagé par l'allégement de dette, les améliorations de la productivité et/ou les politiques nécessaires pour atteindre les objectifs macroéconomiques qui sous-tendent l'accroissement de l'aide.

Le Président de la BAD a appelé de ses vœux des actions concertées en vue de définir des pratiques optimales pour canaliser une aide efficace et prévisible qui permette une vraie planification.

M. Kaberuka a souligné la nécessité de réfléchir sur l'architecture actuelle de l'aide et l'importance d'identifier les opportunités de partenariat stratégique et les avantages comparatifs des donateurs.

"Nous ne pouvons pas continuer à faire les mêmes choses, dans les mêmes pays, en même temps. Il est impossible d'être excellents en tout, partout et tout le temps", a-t-il noté. Pour tout ceci, la responsabilité ultime du développement de l'Afrique revient aux Africains eux-mêmes. La viabilité à long terme découlera d'une mobilisation plus grande des ressources domestiques pour le développement et de l'accroissement de l'épargne domestique.

S'agissant de l'efficacité de l'aide et du programme de Paris, M. Kaberuka a appelé à une meilleure répartition du travail entre les diverses agences donatrices et institutions financières internationales. Dans un contexte où l'aide à l'Afrique devrait être doublée, a-t-il souligné, la pression sera d'autant plus grande pour qu'ensemble nous décidions de l'affectation des ressources supplémentaires, des voies à utiliser, des objectifs à poursuivre, et ce dialogue doit commencer dès maintenant a-t-il dit.

Dans son allocution, le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique, M. Abdoulie Janneh, a souligné que les pays africains devaient intensifier la mobilisation des ressources au niveau domestique.

"Les pays africains ne pourront jamais obtenir l'espace politique et budgétaire qu'ils demandent s'ils continuent à dépendre si dangereusement de l'aide extérieure", a-t-il expliqué, avant de souligner qu'une mobilisation accrue des ressources au niveau interne enverrait un signal positif quant à la détermination des gouvernements africains à décupler leurs propres efforts pour réaliser les ODM.

Assistaient également à la réunion, des ministres de la planification, des représentants de gouvernements donateurs, le FMI, la Banque mondiale, des représentants du système des Nations Unies, le secrétariat du Forum du partenariat africain et l'Union Africaine.

Les participants s'attacheront à trouver les voies et moyens pour favoriser une mise en œuvre effective des engagements du Sommet du G8 et du Sommet mondial en alignant les programmes des institutions financières internationales et des agences bilatérales pour soutenir la mise en œuvre des stratégies nationales de développement visant à atteindre les ODM en Afrique.

Lors du sommet du G8 à Gleneagles, les dirigeants des pays riches se sont engagés à accroître l'aide aux pays en développement d'environ 50 milliards de dollars par an d'ici 2010, dont au moins 25 milliards destinés à l'Afrique, de sorte que l'aide au continent devrait être multipliée par deux.

Le premier défi est donc de veiller à ce que cette aide supplémentaire soit décaissée et dirigée vers des investissements et des prestations de service visant à fournir les infrastructures de base nécessaires pour accroître la productivité dans tous les secteurs, construire des écoles, distribuer des médicaments et des équipements vitaux, former des médecins, des infirmiers, des travailleurs sanitaires communautaires, des ingénieurs, des enseignants.

Il s'agit ensuite de s'assurer que les programmes des institutions financières internationales et des donateurs bilatéraux s'inscrivent dans l'optique des stratégies nationales de développement axées sur les ODM.

CONTACT: Eric Chinje – Tel.: +216 71 10 21 16 – E-mail: e.chinje@afdb.org


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