Le Mali confirme qu’il peut mobiliser plus de fonds climatiques avec l’aide de la BAD

05/05/2015
Share |

En cette mi-avril 2015, le Mali a confirmé sa capacité à mobiliser des fonds climatiques dédiés au financement de projets d’adaptation au changement climatique et d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre – une avancée rendue possible grâce à la Banque africaine de développement (BAD) et à d’autres partenaires, tels que le Fonds vert pour le climat.

De fait, le projet d’appui à la promotion des énergies renouvelables au Mali (dit “Paperm”) a fait l’objet d’un lancement officiel, du 7 au 14 avril 2015. Déployé sur trois ans, le Paperm entend contribuer à : (i) améliorer les cadres politique, stratégique, réglementaire et institutionnel de sorte de valoriser les énergies renouvelables ; (ii) renforcer les capacités des acteurs nationaux, la gestion des connaissances et améliorer la communication et le plaidoyer en faveur des énergies renouvelables ; et (iii) renforcer le système de suivi et d’évaluation de ce secteur au Mali.

Lors du lancement, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Mamadou Frankaly Keïta, a souligné l’importance du projet pour son pays : « Nous attendons beaucoup de ce projet. La mise en valeur de nos abondantes énergies renouvelables est une nécessité pour permettre l’électrification de tous les Maliens. » Ce financement de 1,5 million de dollars EU a été obtenu, avec l’appui de la BAD, auprès du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (dit SREP par acronyme en anglais) des Fonds d’investissement climatiques (FIC). Le projet Paperm, au budget global estimé à 2,6 millions de dollars EU, bénéficie en outre d’un don de 530 000 dollars EU du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (dit SEFA en anglais). Les premières activités du projet devraient être mises en œuvre dès le mois de mai 2015.

Le Fonds pour les changements climatiques en Afrique (FCCA) se tient prêt à accompagner le Mali, pour lui permettre d’accéder à davantage de financements climatiques, notamment ceux du Fonds vert pour le climat. En effet, le Mali a soumis une requête de financement au FFCA, qui fait l’objet actuellement de discussions avec la BAD pour sa finalisation. Le Mali entend concevoir rapidement des projets viables et des plans d’investissements qui tiennent compte des risques climatiques, tout en favorisant un mode de développement à faible émission de carbone. Le Mali dispose en outre d’un Fonds national climat, créé en 2012 et opérationnel depuis peu, dont le portefeuille de projets est en préparation.

Enfin, le Mali est bien placé pour accéder à ces financements climatiques, eu égard à son rôle prépondérant dans les négociations de la convention cadre des Nations Unies pour les changements climatiques : il est, en effet, le porte-parole du groupe des négociateurs africains qui, accompagnés par la BAD, contribuent à préparer l’accord global qui devrait être signé à Paris, en décembre 2015, lors du sommet sur le climat. La capitale malienne a d’ailleurs accueilli les réunions des ministres de la zone franc les 9 et 10 avril 2015, qui ont voué une partie de leurs échanges au changement climatique et à la nécessité, pour les ministres de l’Économie et des Finances, d’appuyer la mobilisation de fonds climatiques pour leur pays respectifs. 

Depuis 2011, la BAD met en œuvre un Plan d’action sur le changement climatique, qui arrivera à échéance en décembre 2015. Entre 2011 et 2014, elle est ainsi parvenue à mobiliser 6,5 milliards de dollars EU environ en faveur du continent —  le montant correspond aux fonds propres de la BAD et aux fonds climatiques dont celle-ci a la gestion ou qu’elle héberge, à l’instar des Fonds d’investissements climatiques, du Fonds pour l’environnement mondial et du Fonds pour les énergies durables en Afrique.