Les dirigeants des BMD appellent à une solution inclusive à la crise financière

13/02/2009
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Les dirigeants des banques multilatérales de développement (BMD) ont lancé un appel pour une solution inclusive à la crise financière mondiale. L’appel a été lancé dans un communiqué publié à la fin de leur rencontre qui s’est tenue à Tunis, en Tunisie, le 12 février 2009 à l’Agence temporaire de relocalisation de la Banque africaine de développement. 

Selon le communiqué, la crise financière s’est transformée en crise économique mondiale et, d’après les projections, le taux de croissance mondiale chutera pour s’établir à 0,5% en 2009, soit le taux le plus bas de l’après-guerre.  Les tensions persistent sur les marchés financiers. Quant aux marchés des devises, ils demeurent hautement volatils. La production industrielle et le commerce mondiaux de marchandises sont en chute libre depuis novembre  2008. Par ailleurs, la valeur des actifs subit une forte dégringolade.  

« Dans les économies émergentes et en développement les conséquences vont bien au-delà de la contraction de l’économie ou du repli de la croissance.  Contrairement aux économies avancées, ces pays n’ont tout simplement pas les ressources nécessaires pour renflouer leur secteur financier ou d’autres secteurs encore, mettre au point un train de mesures de relance ou de protection sociale. L’accès au crédit s’est sensiblement réduit, étant donné que les banques sont en train de réduire leurs engagements pour donner suite à la première vague de demandes sur le marché intérieur.  Par conséquent, les pays émergents et en développement sont confrontés à la perspective de voir hypothéqués les progrès et la stabilisation économiques obtenus avec d’énormes sacrifices et pour certains, au risque d’une crise de développement et d’une crise humanitaire dans toutes leurs dimensions. Les tensions sociales et politiques sont de plus en plus évidentes », précise le communiqué.

« Nous avons réaffirmé notre engagement à jouer un rôle contra-cyclique à l’appui de nos pays membres afin d’atténuer l’impact de la crise. Nos institutions sont déjà en train de déployer des efforts sans précédent en tenant compte de la différence entre leurs mandats respectifs et en recourant à tous les instruments disponibles. Ces derniers consistent, notamment, à fournir immédiatement un appui à la balance des paiements et un appui budgétaire, à mettre en place de nouvelles facilités de liquidité d’urgence et des mécanismes de financement des échanges commerciaux, à mobiliser des financements en vue de maintenir des investissements dans les infrastructures publiques et privées revêtant un caractère sensible, à prendre des mesures visant à renforcer la solvabilité et la liquidité des systèmes bancaires, à subvenir aux besoins de financement pressants du secteur privé, à concentrer l’affectation des ressources concessionnelles en début de programme et à en accélérer la mise en œuvre », ont ajouté les responsables des institutions financières internationales.

La réunion de jeudi a été tenue à  l’invitation du président de la BAD, Donald Kaberuka, et elle a rassemblé les dirigeants des banques multilatérales de développement ainsi que le FMI. Etaient présents à cette rencontre : H. Bredenkamp, sous-directeur, Fonds monétaire international ; P. Maystadt, président, Banque européenne d’investissement ; H. Kuroda, président, Banque asiatique de développement ; D. Kaberuka, président, Banque africaine de développement ; L.A. Moreno, président, Banque interaméricaine de développement ; R. Zoellick, président, Banque mondiale ; et V. Freeman, premier vice-président, Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Cette rencontre a permis d’importants échanges de vues informels entre les responsables des institutions financières internationales sur des sujets d’intérêt commun. Face à la gravité de la présente crise financière, les discussions ont porté sur les réponses à apporter et les actions à mener ainsi que sur les ressources requises pour permettre à leurs pays clients d’en atténuer les impacts.