Les BMD publient leur rapport sur le Cadre commun d’évaluation de la performance (COMPAS): Que dit le tableau de bord ?

05/03/2008
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Les BMD publient leur rapport sur le Cadre commun d’évaluation de la performance (COMPAS): Que dit le tableau de bord ?

Depuis la publication du rapport 2006, les banques multilatérales de développement (BMD) participant au mécanisme de Cadre commun d’évaluation de la performance (COMPAS) ont accru les efforts qu’ils déploient en vue de renforcer le système de gestion axée sur les résultats. Le rapport indique que les BMD concernées ont collectivement contribué à cette avancée, chacune ayant amélioré sa performance par rapport à 2006. La performance générale des BMD s’est améliorée dans quatre des sept catégories d’indicateurs relatifs aux opérations du secteur public, tandis qu’elle est restée relativement stable dans les trois autres. Cette amélioration de la performance générale des BMD résulte principalement du renforcement des efforts dans les catégories d’indicateurs ci-après: (i) capacité du pays à assurer une gestion axée sur les résultats de développement, (ii) stratégies pays, (iii) projets, et (iv) harmonisation entre les organismes de développement.

Le rapport souligne que depuis la publication du rapport de 2006, le nombre de pays dont la capacité a été évaluée s’est accru, ainsi que l’a été le nombre de pays bénéficiaires de l’aide des BMD pour le renforcement des capacités de mise en œuvre du système de gestion axée sur les résultats. Le rapport indique par ailleurs que la qualité des stratégies pays préparées par les BMD s’est améliorée. Au niveau des BMD qui réalisent des évaluations rétrospectives indépendantes des stratégies pays, l’amélioration se traduit par une hausse de la proportion de stratégies pays évaluées et jugées « satisfaisantes » ou meilleures, comparativement aux résultats du rapport 2006. Selon le rapport, ces améliorations se situent dans une fourchette de 12 % à 45 %.

Les efforts entrepris par les BMD en vue de l’adoption d’une approche de gestion axée sur les résultats à tous les niveaux de leurs systèmes respectifs de gestion de projets – de la conception à l’exécution – se sont accrus depuis le rapport 2006. Cette tendance a été soutenue par des améliorations dans un certain nombre de domaines. Sur l’ensemble des BMD, la proportion de projets dont la conception prévoit un cadre axé sur les résultats solide, assorti explicitement de données de base, d’indicateurs de suivi et de résultats prévisionnels clairement définis, a augmenté de 13 % en moyenne. De même, les BMD ont renforcé davantage l’accent mis sur les résultats dans leurs activités de supervision. Pour les BMD dont la proportion de rapports de supervision expressément axés sur les résultats prévisionnels était inférieure à 100 %, cette proportion a largement augmenté, avec des hausses variant de 5 % à 100 %. En dépit des progrès généraux accomplis par les BMD dans la gestion du cycle de projet, des efforts complémentaires s’imposent dans certains domaines, qui varient d’une BMD à une autre. Cependant, il s’agit généralement des suivants: réduction des retards dans l’exécution des projets, amélioration des mesures proactives visant à résoudre les problèmes liés aux projets, et utilisation renforcée des indicateurs de résultats dans les rapports d’achèvement de projet (RAP).

S’agissant de l’harmonisation entre les organismes de développement, le rapport indique que les BMD ont continué d’œuvrer de concert pour un partage d’expériences, l’harmonisation des politiques et procédures, et la réalisation conjointe d’activités telles que les missions, les études analytiques et les évaluations pays. Dans ce sens, la communauté des BMD a joué un rôle majeur au cours de la troisième table ronde sur la gestion axée sur les résultats de développement, qui s’est tenue à Hanoi au Vietnam, du 5-8 février 2007. La performance des BMD est restée stable dans certains domaines, dont celui de l’affectation des ressources concessionnelles. Toutes les BMD qui allouent une partie de leurs ressources à des conditions concessionnelles ont maintenu les actuels systèmes d’affectation de ces ressources limitées à leurs pays membres éligibles respectifs principalement sur la base de leur performance. Les principaux indicateurs de performance pris en compte sont notamment les politiques et les institutions du pays concerné ainsi que la performance du portefeuille des BMD du pays. Pour l’octroi de leurs ressources concessionnelles, certaines BMD tiennent compte en plus de la performance, du facteur « besoins ».

Pour ce qui concerne l’apprentissage à partir des expériences opérationnelles, les BMD ont conçu différents mécanismes leur permettant de recenser les leçons tirées de leurs propres expériences et d’en tenir compte dans la conception et l’exécution des nouvelles opérations. Cependant, aucune évolution majeure n’a été observée pendant l’année écoulée, aucun changement majeur concernant ces mécanismes. Le rapport indique que les BMD ont également conçu divers mécanismes pour la formation du personnel à la gestion axée sur les résultats et pour l’articulation de la performance et des résultats du personnel avec les rémunérations et les mesures incitatives. En gros, aucun changement majeur n’a été enregistré dans ces domaines. Cependant, les BMD ont continué de renforcer les actions visant à améliorer la formation du personnel et à intégrer davantage le concept GARD dans tous les aspects de la gestion des projets et de la formation du personnel.

Opérations du secteur privé

Pour la première fois, le rapport COMPAS comprend une analyse des opérations des BMD dans le secteur privé. Plutôt que de mettre l’accent sur les progrès réalisés depuis le dernier COMPAS, le rapport souligne les mesures prises par les BMD pour intégrer la GARD dans les opérations du secteur privé et harmoniser les systèmes et cadres de suivi et d’évaluation des opérations de ce secteur. Le rapport indique qu’il faudra probablement davantage d’études pour affiner les indicateurs afin d’assurer une uniformité d’interprétation par l’ensemble des BMD et une amélioration des systèmes de production de rapports. Il ressort des statistiques fournies par les BMD que l’appui au développement du secteur privé est pour l’ensemble des BMD participant au COMPAS, , une composante essentielle des opérations. La Banque asiatique de développement (AsDB), la Banque africaine de développement (AfDB), la Banque interaméricaine de développement (IADB), la Banque islamique de développement (BID) et la Banque mondiale possèdent toutes des départements spéciaux ou des entités distinctes qui pilotent les actions qu’elles initient en faveur du développement du secteur privé. La principale mission de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) est de promouvoir les initiatives privées et des entreprises dans les pays où elle intervient. Les statistiques révèlent par ailleurs que les efforts que déploient les BMD en vue de consolider l’approche axée sur les résultats s’appliquent également aux opérations du secteur privé. L’accent est mis sur les résultats pendant les phases capitales des opérations du secteur privé, de la conception de la stratégie à la mise en oeuvre des projets, l’évaluation rétrospective, et l’apprentissage à partir des expériences opérationnelles.

Toutes les BMD sont de plus en plus conscientes qu’investir dans le secteur privé est important pour le développement. En témoigne la proportion de stratégies pays prévoyant une stratégie claire de promotion du développement du secteur privé – 75 % à 100 % pour les BMD qui ont soumis des rapports. Pour concevoir une stratégie d’appui au développement du secteur privé dans un pays donné, les BMD se réfèrent à diverses évaluations, notamment celles réalisées par des bureaux externes d’évaluation des BMD et les évaluations de l’environnement des affaires, organisées par la Direction. Les opérations du secteur privé resteront tributaires des conditions du marché et de la demande des produits et services du secteur privé par les BMD. En ce qui concerne les évaluations de projets, les BMD ont accordé une place de choix à la définition des critères et normes de notation, de suivi et de production de rapports sur les résultats de leurs interventions dans le secteur privé, indique le rapport.

Ces efforts sont appuyés par le Groupe d’évaluation de la coopération (GEC), un partenaire des bureaux d’évaluation indépendants des BMD, créé en vue de promouvoir au sein des BMD, les bonnes pratiques en la matière. L’ECG (dont la BID n’était pas membre à l’époque) avait initialement adopté, notamment pour l’évaluation du secteur privé en 2001, des « normes de bonne pratique (NBP) » pour des questions telles que le cadre d’évaluation (échantillon représentatif, maturité des opérations, etc.), et l’indépendance de la fonction d’évaluation. L’ECG a entrepris une première analyse comparative indépendante en 2002, adopté une deuxième version de NBP en 2003, entrepris une deuxième analyse comparative externe en 2004 (publiée en 2005), et adopté une troisième version de NBP en 2006. Il ressort de la deuxième analyse comparative que le degré de respect des NBP par les BMD oscillait entre 8 % et 92 %. De nombreuses BMD ont entrepris des évaluations indépendantes sur la base de la dernière version (2006) de NBP et présenté les rapports afférents dans le COMPAS 2007. La prochaine analyse comparative indépendante fondée sur les NBP est prévue pour 2009. La plupart des BMD évaluent le degré de succès de leurs opérations du secteur privé par rapport aux indicateurs suivants: résultats de développement, performance financière, performance économique, performance environnementale et sociale et impact sur le développement du secteur privé.

Il est cependant apparu que les NBP étaient appliquées de différentes manières, s’agissant notamment du cadre et des normes, de la « représentativité » des échantillons et de l’indépendance de la fonction de revue. Une évaluation intérimaire des systèmes de mesure des résultats de développement, réalisée en 2007 au sein de toutes les BMD (à l’exception de la BID) a révélé que ceux-ci étaient en progression, indique le rapport.

La performance de la BAD

Selon le rapport, les efforts consentis par la BAD en vue de renforcer l’accent mis sur les résultats dans ses interventions ont permis d’enregistrer des améliorations dans certains domaines, notamment les suivants: évaluation des capacités du pays à assurer la gestion des résultats, conception et mise en œuvre des stratégies pays et des projets, et harmonisation avec d’autres organismes de développement. Le rapport souligne que la BAD a fait des efforts pour un meilleur ciblage de la supervision des projets sur les résultats et ce, par l’adoption d’une nouvelle présentation des rapports de supervision et la réalisation d’évaluations de supervision de qualité. En outre, la proportion de stratégies pays soumises à une évaluation rétrospective et indépendante, et dont la performance a été jugée « satisfaisante » ou meilleure, a augmenté de 12 %, tandis que le taux de décaissement a progressé de 20 %. Des améliorations sont encore possibles dans d’autres domaines: utilisation accrue d’indicateurs de résultats dans les RAP, amélioration de la définition des données de référence, intégration d’indicateurs des résultats attendus et indicateurs de suivi des stratégies pays et des projets, etc. S’agissant du secteur privé, l’application des directives pour l’évaluation des notes de succès des opérations et le suivi des résultats de développement à l’approbation, pendant la supervision et à l’évaluation, devrait démarrer incessamment, devrait débuter incessamment, souligne le rapport.