OMD : la BAD donne l’exemple en matière d’eau et d’assainissement en Afrique

01/07/2008
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L’Afrique pourrait ne pas atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, selon un rapport du système des Nations unies présenté au Sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert lundi à Charm El Cheikh, en Egypte. Donnant les grandes lignes du rapport, Mme Rodha Peace Tumusiime, commissaire de l’Union africaine chargée de l’Economie rurale et de l’agriculture, a indiqué que seuls 41% de la population africaine auront accès à l’eau potable en 2015, si la tendance actuelle se poursuivait. Environ 68% d’Africains seulement auront accès à l’assainissement à la même échéance, a-t-elle ajouté en marge du Sommet qui a pour thème principal l’eau et l’assainissement en Afrique en rapport avec les OMD.

Le rôle moteur de la BAD

Le président de la BAD, Donald Kaberuka, a tenu à marquer l’intérêt de l’institution pour l’accès à l’eau et à l’assainissement en prenant part au Sommet de Charm El Cheikh. La banque ambitionne, rappelle-t-on, de porter le nombre d’Africains qui ont accès à l’eau potable à 46% d’ici 2010 grâce à la mobilisation de près de 4,5 milliards de dollars.

Selon M. Andrianarison Rakotobé, directeur du département Eau et assainissement de la BAD, les objectifs de la banque dans ce domaine ont été clairement définis par le lancement en 2003 de l’Initiative pour l’Approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR). Dix-sept programmes de l’IAEAR devaient permettre à quelque 33 millions d’Africains supplémentaires d’accéder à l’eau et à l’assainissement. Confortée par le bilan positif de la première phase de l’initiative, la BAD entend désormais lancer la deuxième étape afin de poursuivre la construction d’infrastructures d’eau et d’assainissement sur le continent, en priorité dans les zones rurales. Les efforts accomplis en faveur des pays membres régionaux (PMR) dans le cadre de l’IAEAR sont complétés par d’autres initiatives prises au titre de la Facilité africaine de l’eau (FAE), un fonds ad hoc géré par la BAD. Depuis son lancement en 2004, la FAE a financé des projets d’adduction d’eau potable, soutenu les organisations de bassin (Nil, Niger, Mano…) et participé au renforcement des compétences techniques en matière d’eau et d’assainissement à travers des ateliers, des séminaires de formation.

En accord avec le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW, en anglais), la BAD avait accueilli, en mars dernier à Tunis, la première Semaine africaine de l’eau. Cet événement avait adressé des recommandations au Sommet de l’Union africaine de Charm El Cheikh tout en réaffirmant le rôle stratégique de l’eau dans la réalisation des OMD.

Une question transversale

Pour la BAD, la priorité accordée à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement procède aussi de la volonté de donner à l’Afrique davantage de chances d’atteindre les autres aspects des OMD. Car régler les problèmes d’accès à l’eau potable dans les zones rurales, c’est donner aux femmes la chance de disposer de leur temps pour entreprendre des activités génératrices de revenus ; c’est aussi leur donner la chance d’utiliser le temps qu’elles consacraient à la recherche de l’eau à l’éducation et à la santé de leurs enfants. Les problèmes socio-économiques posés par l’absence d’eau et d’assainissement en Afrique sont estimés à plusieurs milliards d’euros chaque année. La réduction de la pauvreté sur le continent tout comme l’accès à l’éducation et à la santé passent donc forcément par le règlement du problème d’accès à l’eau potable. Il s’agit, de toute évidence, d’une question holistique à laquelle la BAD accorde une attention toute particulière et des moyens substantiels.


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