Mesure de la pauvreté des inégalités et de la polarisation en Tunisie 2000-2010

01/04/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) a pu accompagner en 2011, l’Institut National de la Statistique (INS) dans la revue et la mise à jour de sa méthodologie de mesure de la pauvreté et ce en collaboration avec la Banque mondiale. Le travail a été mené en consultation avec un comité d'experts universitaires tunisiens, des représentants des ministères et des structures publiques et d’organisations non gouvernementales.

L’équipe d’experts a procédé à l’examen des données des enquêtes précédentes sur le Budget et la Consommation des ménages et a noté que l’ancienne méthodologie était solidement fondée et que les mesures antérieures de la pauvreté ont été correctement estimées. Par ailleurs, les experts ont suggéré plusieurs améliorations à apporter à la méthodologie afin d’en affiner les résultats et de la rendre entièrement conforme aux bonnes pratiques internationales.

Les premiers résultats des travaux ont indiqué une croissance de 2,9 % du niveau de consommation des ménages entre 2000 et 2010. La dépense totale par tête par an est estimée à 2601 dinars en 2010 contre 1424 dinars en 2000.

Ces travaux ont également abouti à l’estimation d’un taux de pauvreté de 15,5% en 2010 contre 23,3 % en 2005 et 32,4% en 2000. Un ménage est défini comme pauvre si sa consommation est en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 1277 dinars par an et par individu dans les grandes villes contre 820 dinars par an et par individu dans les zones rurales.

Le taux de pauvreté extrême est estimé à 4,6 % en 2010 contre 7,6% en 2005 et 12,0% en 2000. Le seuil de pauvreté extrême est fixé à 757 dinars par an et par individu dans les grandes villes contre 571 dinars par an et par individu dans les zones rurales.

La baisse du taux de pauvreté entre 2000 et 2010 peut être expliquée par la croissance de la consommation, qui était plus élevée pendant cette période parmi les déciles de la population les moins aisées. Cette croissance pro-pauvre est évidente à la fois en termes des prix courants et en termes des prix constants ; et ce  malgré une hausse des prix des produits alimentaires au cours de la décennie.

Cependant, il a été noté que cette baisse observée n’a pas bénéficié aux régions de l’ouest du pays (Nord, Centre et Sud) qui ont vu leurs écarts par rapport au reste du pays s’accentuer au cours de la décennie étudiée.

Les inégalités ont dans une certaine mesure diminué au niveau national avec un indice de Gini passant de 37,5 en 2000 à 35,8 en 2010. Cependant cette tendance  repose uniquement sur  la baisse des inégalités au sein des régions (qui sont passées de 21,1 en 2000 à 17,6 en 2010), les inégalités entre les régions ayant quant à elles augmenté sur la période (hausse de 16,4 en 2000 à 18,2 en 2010).

Par ailleurs, l’INS a souligné que la population dont le chef de famille est au chômage et/ou ne bénéficie pas d’un niveau d’éducation élevé est plus susceptible d’être pauvre. D’autre part, les taux de pauvreté sont plus élevés en milieu rural et dans les moyennes communes que dans les grandes villes.