Les objectifs du Millénaire pour le développement : des avancées mitigées

24/05/2010
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  • A cinq ans de l’échéance fixée pour la réalisation des OMD, des progrès encore trop lents: les gouvernements doivent redoubler d’efforts.
  • En chiffres absolus, la pauvreté a augmenté. Elle touche désormais 388 millions d’individus.

A cinq ans de l’échéance fixée pour la réalisation des OMD, les progrès sont dans l’ensemble trop lents pour que ces objectifs soient atteints.

Le Rapport sur les perspectives économiques en Afrique (PEA) 2010, publié conjointement  par la Banque africaine de développement  (BAD) et l’OCDE, lundi 24 mai 2010  à Abidjan, dans le cadre des Assemblées annuelles de la BAD,  a souligné les avancées obtenues dans le cadre de la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire (ODM).

Le document souligne qu’« à cinq ans de l’échéance fixée pour la réalisation des OMD, les progrès sont dans l’ensemble trop lents pour que ces objectifs soient atteints.»

A cet égard, il souligne que «les gouvernements africains doivent redoubler d’efforts pour accélérer le rythme, avec l’appui de la communauté internationale».

Les PEA  estiment toutefois que les décideurs africains doivent aussi se résoudre à procéder à des arbitrages difficiles. Face à une échéance qui se rapproche et face aux contraintes à la fois humaines et financières, ils doivent choisir entre tendre, sans y parvenir, vers la réalisation de tous les objectifs à la date prévue, ou en atteindre quelques-uns seulement, ceux jugés les plus vitaux pour leur développement à long terme.

Passant en revue ces ODM, le rapport évoque la lutte contre l'extrême pauvreté et la faim. Il  souligne que, bien que l’Afrique ait connu plusieurs années de croissance soutenue, qui ont permis de ramener la proportion de pauvres dans la population de 58% en 1990 à 50% en 2005, en chiffres absolus, la pauvreté a augmenté. Elle touche désormais 388 millions d’individus, précise le document.

«La croissance économique alerte du continent entre 2000 et 2008 a été brusquement interrompue en 2009 par la crise financière internationale. Dès le début de l’année 2009, il est devenu évident que cette crise serait un véritable coup dur pour la plupart des pays africains. À cinq ans de l’échéance fixée pour la réalisation des OMD, l’Afrique est encore moins en mesure qu’avant de concrétiser l’OMD relatif à la réduction de la pauvreté.»

Eviter une crise du développement

Les PEA avertit en outre que «pour éviter une crise du développement, la communauté internationale doit continuer d’intervenir en partenariat avec les pays africains afin d’atténuer l’impact de la crise financière. Celle-ci menace les résultats obtenus sur le front de la croissance, ainsi que les gains enregistrés au cours de la décennie écoulée dans la lutte contre la pauvreté. »

Le document indique par ailleurs que «bien qu’en valeur absolue, le nombre des personnes sous-alimentées dans la région a augmenté, passant de 172.8 millions en moyenne en 1990-92 à 217.2 millions en 2004-06, la proportion de la population africaine ne recevant pas le niveau minimal d’apport calorique a reculé de manière marginale, passant de 34 % à 30 %.»

«Ces chiffres ne prennent pas en compte l’Afrique du Nord, où moins de 5 % des habitants sont sous-alimentés. Concernant l’Afrique de l’Ouest, les données indiquent un recul en valeur absolue du nombre de personnes sous-nourries sur la même période», précise PEA.

Les données de 2007 montrent que le continent a continué de progresser en direction de cette cible, bien que le nombre de personnes souffrant de la faim a en réalité augmenté du fait de la pression démographique, poursuit le document.

Le Ghana a déjà atteint cette cible grâce, en grande partie, à une gouvernance stable, des politiques macro-économiques saines et une augmentation des investissements dans l’agriculture. Les pays d’Afrique du Nord sont dans le même cas.

Mais ailleurs, il faut redoubler d’efforts pour atteindre cette cible, parce qu’elle a un impact sur d’autres OMD et, en particulier, sur ceux qui ont trait à la santé. La coopération internationale reste à cet égard cruciale.

«L’interaction entre la faim et la pauvreté complique l’évaluation des progrès. La faim fait toujours partie des réalités dans de nombreux pays d’Afrique en 2010, en particulier au Niger, au Burkina Faso, à Madagascar, en Érythrée et au Tchad. Les récentes crises mondiales alimentaire et économique rendent cette cible totalement inaccessible pour bon nombre de pays», conclut PEA.