Soudan du Sud : les officiels appellent la communauté internationale à s’engager pour la paix et le développement

23/05/2014
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Trois ans à peine après avoir accédé à l’indépendance, le plus jeune pays du monde célébrait encore sa liberté nouvelle lorsqu’il a plongé dans un violent conflit. Le 15 décembre 2013, les Soudanais du Sud se sont réveillés au son des coups de feu, ravivant ce conflit qu’ils avaient tant combattu pour y mettre fin.

Avec plusieurs milliers de morts et plus de 3 millions de personnes déplacées, les parties belligérantes ne sont pas toujours pas parvenues à un accord de paix durable. Le gouvernement de Salva Kiir et le groupe rebelle, dirigé par l’ancien vice-président Riek Machar, ont été accusés de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu qui avaient été signés. Beaucoup pensent que le conflit, qui semble avoir pris les Soudanais du Sud par surprise, était en fait inévitable.

« Nous savions que nous avions hérité d’un État fragile et, dès le départ, nous nous sommes désignés comme tels. Nous avons rejoint le G7+, qui comprend des États fragiles, dans l’espoir de bénéficier de toute l’aide nécessaire pour mener le pays sur la voie de la création d’un État démocratique fort », a déclaré Aggrey Tisa Sabuni, ministre des Finances, du Commerce et de la Planification économique du Soudan du Sud.

Les problèmes qui ont émergé dès le départ, comme le fait de ne pas démilitariser les civils, ont culminé ensuite pour déboucher sur ce qui a été décrit comme un conflit ethnique. « Pendant la guerre d’indépendance, tout le monde a pris les armes et c‘était important de le faire à l’époque. Cependant, il était difficile de convaincre les gens de se séparer de leurs armes et nos politiques en matière de DDR n’ont donné aucun résultat probant », a expliqué Aggrey Tisa Sabuni. Par ailleurs, les programmes en faveur d’une réconciliation et d’un accès à la justice n’ont pas été conduits de manière efficace.

Prenant la parole lors d’une session intitulée « Table ronde pour le Soudan du Sud », organisée le 20 mai dans le cadre des assemblées annuelles 2014 de la Banque africaine de développement (BAD) à Kigali, Sabuni a appelé à une assistance humanitaire et au développement, notamment dans le domaine de l’agriculture, pour aider le Soudan du Sud à se remettre des cinq mois de conflit. Dans cette optique, Badr-Eddin Mahmoud, le ministre des Finances et de l’Économie nationale pour le Soudan, a appelé à une intervention décisive de la communauté internationale, afin de mettre fin au conflit qui, selon lui, a franchi les frontières du Soudan du Sud et affecte l’ensemble de la région.

« L’histoire du Soudan du Sud est longue et vous tous avez collaboré avec nous, a reconnu Rebecca Joshua Okwachi, la ministre des Télécommunications et des Services postaux du pays. Nous vous demandons de ne pas nous abandonner et de continuer à nous soutenir. Notre gouvernement a la volonté politique de rétablir la paix dans notre pays et il nous faut toute l’aide que nous pouvons obtenir ».