Enseignements monétaires de la plus grande économie d’Afrique

30/10/2013
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La Conférence économique africaine 2013 représentait l’occasion idéale pour lancer le livre intitulé Monetary Policy and the Economy in South Africa (La politique monétaire et l’économie de l’Afrique du Sud), un nouvel ouvrage du professeur Mthuli Ncube, vice-président et économiste en chef de la Banque africaine de développement (BAD), et d’Eliphas Ndou, économiste au service recherche de la South Africa Reserve Bank (SARB).

Le lancement du livre a eu lieu dans le cadre de la 8e conférence annuelle ayant réuni pendant trois jours, à Johannesburg en Afrique du Sud, plus de 500 participants – politiques, économistes et doctorants, venus de tout le continent et d’autres parties du monde –pour parler de l’intégration régionale en Afrique. Parmi les thèmes clés de cette conférence, citons les suivants : la croissance inclusive, la convergence et les unions monétaires, les politiques fiscales ainsi que la libéralisation du commerce et des transports.

Mthuli Ncube a déclaré lors de la conférence de 2013 : « Ce qui a motivé cet ouvrage, c’est ce qui se passe à l’échelle internationale, depuis le début de la crise de 2008, avec le recours à des politiques monétaires non conventionnelles pour y répondre. »

« Notre but ici est d’étudier la politique monétaire de l’Afrique du Sud en réponse au ralentissement de l’économie et d’examiner si l’assouplissement quantitatif international s’est aussi transmis à l’Afrique du Sud. »

Ce livre, publié au mois d’août, présente un historique de l’évolution de la politique monétaire de l’Afrique du Sud. Il analyse les canaux de mise en œuvre de cette politique monétaire et considère son impact sur le PIB, par exemple. L’introduction, au tournant du millénaire, du ciblage de l’inflation en Afrique du Sud a eu des effets positifs, avec une baisse de la variabilité de l’inflation et de la variabilité de la production. La SARB fait du reste, en sorte, que l’inflation se maintienne dans la tranche de trois à six pour cent.

Les auteurs se penchent également sur le marché immobilier sud-africain et constatent que plus les taux d’intérêt et les taux du marché sont élevés, moins il reste de revenu disponible une fois payées les hypothèques, ce qui signifie que les gens disposent de moins d’argent et consomment donc moins.

Mais la politique monétaire a également un impact à l’étranger : « Ce qui m’a surpris, c’est que les perturbations de la politique monétaire et même de la politique de change avait un impact plus important sur les importations que sur les exportations puisque si mon revenu est limité, j’importerai simplement moins », explique Mthuli Ncube.

De même, tout comme la politique monétaire des États-Unis a un impact sur l’Afrique du Sud – en termes de production, de cours des actions et de taux de change –, les activités de l’Afrique du Sud ont-elles aussi un impact sur la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et sur le reste de l’Afrique.

Victor Murinde, directeur de l’Institut africain de développement (EADI) de la BAD, a fait l’éloge de ce livre, à l’instar de nombreux autres participants, et a souligné son importance. « Elle [L’Afrique du Sud] a un effet semblable à celui de l’Allemagne en Europe. Avant l’euro, toute politique monétaire adoptée par le gouvernement allemand avait un impact sur les autres pays d’Europe. Il s’agit donc là, d’un ouvrage important  qui arrive à point nommé alors que nous parlons d’intégration régionale. »

« Nous réalisons de plus en plus que ce que la plupart des pays à revenu moyen attendent de la [Banque africaine de développement], ce sont des connaissances : on ne trouve jamais assez d’argent, mais les connaissances enrichissent le débat politique », note Mthuli Ncube.

La plus grande économie du continent peut fournir nombre d’enseignements utiles.