Plus de financements pour l’emploi et l’entrepreneuriat des femmes africaines : la Communauté de pratique régionale sur l’égalité des genres discute discrimination positive

27/05/2016
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Au cinquième jour des Assemblées annuelles 2016 de la BAD, qui se tiennent du 23 au 27 mai à Lusaka, une réunion à huis clos a rassemblé une dizaine de ministres des Finances africains – à ce titre gouverneurs du Groupe de la BAD –, et membres de la Communauté de pratique régionale sur l’égalité des sexes, autour des enjeux de financement en matière d’égalité des genres.

Les échanges étaient modérés par le président de la BAD en personne, Akinwumi Adesina.

L’envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre, Géraldine Fraser-Moleketi, y participait.  Elle a d’ailleurs souligné l’influence certaine qu’exerce cette Communauté de pratique africaine sur l’égalité des sexes sur les pays membres régionaux de la Banque, tout en appelant à ce qu’elle se réunisse plus souvent – et pas seulement  lors des Assemblées annuelles –, afin de partager les expériences et d’évaluer les actions menées.

Procéder régulièrement à des évaluations ferait avancer la cause des femmes dans le milieu des affaires et renforcerait le soutien des ministères des Finances des pays africains et de la BAD.

Femmes entrepreneures : la frilosité des banques

Bien souvent, il n’est pas facile d’être femme entrepreneure en Afrique : 47 % d’entre elles disent être confronté à des obstacles majeurs pour accéder aux financements nécessaires pour développer leurs activités – contre 44 % de leurs homologues masculins. Elles ne sont que 16 à 20 % en Afrique subsaharienne à déclarer avoir obtenu un financement à long terme auprès d’établissements financiers formels. Les banques commerciales se montrent trop frileuses, refusant bien souvent d’octroyer des crédits aux femmes entrepreneures, qu’elles jugent comme des clients à risque, voire à haut risque. Le déficit de financement pour les femmes entrepreneures s’élèverait ainsi à 42 milliards de dollars EU, selon les estimations de la Banque mondiale et de sa Société financière internationale, l’IFC.

L’AFAWA (acronyme anglais pour Affirmative Finance Action For Women in Africa, soit “Discrimination positive en matière de financement pour les femmes en Afrique”) est un nouveau programme lancé par le Bureau de l’envoyée spéciale pour le genre de la BAD. Objectif : libérer le potentiel économique des femmes, en les aidant à accéder à un financement. Pour ce faire, l’AFAWA entend mobiliser quelque 3 milliards de dollars EU pour appuyer les systèmes financiers, en adoptant une approche axée sur le partenariat, La BAD devrait contribuer à hauteur de 150 millions de dollars EU et des ressources complémentaires doivent être mobilisées pour l’assistance technique et les opérations nationales et régionales .

Aider à atteindre les objectifs de l’AFAWA

Entre autres solutions et mesures à mettre en place, les ministres des Finances de de la Communauté de pratique africaine sur l’égalité des sexes ont ainsi parlé d’instaurer une discrimination positive pour les femmes ; de renforcer leurs capacités ; de créer des fonds de garantie des crédits et des fonds de développement social spécialisés en microfinance ; de prendre des dispositions pour que soient accordées aux femmes des facilités auprès des banques commerciales, à travers l’ouverture des lignes de crédits dédiées au financement des PME d’entrepreneures ; de budgétiser une composante genre dans les lois de finance respectives des pays membres régionaux ; d’octroyer des titres fonciers aux femmes rurales ; de renforcer l’accès aux services de développement des affaires, comme les incubateurs d’entreprises, etc.