Mobiliser davantage de ressources pour atteindre l’Objectif de développement durable pour l’eau et l’assainissement

21/07/2016
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Assemblée générale du Conseil des ministres africains de l’Eau, 21 juillet 2016 - De gauche à droite: Mohamed El Azizi, directeur Eau et assainissement de la BAD ; Suleiman Adamu, ministre des Ressources hydriques, Nigeria; Gerson H. Lwenge, ministre de l’eau et de l’irrigation, Tanzanie; Samia Suluhu Hassan, vice-présidente, Tanzanie; Amadou Mansour Faye, ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, Sénégal.

« L'eau et l'assainissement resteront l'un des principaux défis de développement auxquels seront confrontés les communautés et les pays africains, avec des impacts directs sur la croissance économique », a averti la Banque africaine de développement (BAD) lors de la 6e Semaine africaine de l'eau (SAE6), qui se tient à Dar es Salam, en Tanzanie, du 18 au 22 juillet 2016.

Lors de la conférence, Mohamed El Azizi, directeur de la BAD chargé de l’Eau et de l’assainissement, a rappelé que l'Afrique est l'une des régions en développement n’ayant pas atteint les objectifs en matière d’eau potable et d'assainissement. Plus de 50% de la population africaine ne dispose actuellement pas d’accès à des services d'eau et d'assainissement sûrs et fiables. Par ailleurs, l’on estime que 1 million d'Africains meurent chaque année par manque d'assainissement adéquat, d'hygiène ou à cause de maladies d'origine hydrique.

La BAD est dans une position unique pour aider les pays africains à mieux faire face aux défis de l'eau et de l'assainissement.« Nous disposons d’une solide expérience dans la mise en œuvre de projets d’adduction d’eau, d'assainissement ou de résilience aux changements climatiques. Nous excellons également dans la gestion de fond fiduciaires ou d’instruments de financement spécifiques: la Facilité africaine de l'eau (primée pour ses résultats), l'Initiative de la BAD pour l’approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural, ClimDev Afrique, IPPF-NEPAD ... Nous apportons une réelle plus-value forte de notre expérience et des leçons apprises », a déclaré El Azizi.

« L'élargissement de l'accès à l'eau potable et un meilleur assainissement constituent une priorité stratégique pour la BAD. Dans l'ensemble, nos projets ont créé 116 000 m3 de capacités en eau potable entre 2013 et 2015 avec plus de 6,1 millions de personnes additionnelles bénéficiant d'un meilleur accès à l'eau et à l'assainissement à la faveur de nos projets sur la même période », a-t-il ajouté.

La BAD et la Facilité africaine de l’eau – un instrument créée par le Conseil des ministres africains de l'eau et hébergée par la BAD – ont participé à ou organisé une série d'événements visant à traduire en pratique les engagements de haut niveau sur la sécurité de l'eau et l'assainissement. Les discussions ont permis d'identifier les principaux solutions à même de changer la donne ainsi que les changements de politique qui sont nécessaires pour réaliser le sixième objectif de développement durable (ODD6) visant à « assurer l'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous ».

Les participants ont également essayé de développer une compréhension commune des options de conception des politiques et des besoins de financement pour la mise en œuvre pratique de projets de résilience au changement climatique. « Connaître dès le départ la bonne configuration est essentiel pour arriver à financer toute infrastructure. Les informations hydrologiques constituent ainsi des paramètres de conception clés pour les infrastructures d’eau. Dans de nombreux pays, cette information est peu fibale et les incertitudes introduites par les changements climatiques rendent les projections encore plus difficiles. Un nouvel outil, Hydromet, nous permet aujourd’hui de générer une meilleure information pour la conception d'infrastructures résilientes au changement climatique », a expliqué Jean-Michel Ossete, coordonnateur par intérim de la Facilité africaine de l'eau.

« Pour atteindre l’ODD6 en Afrique, des plans de financement à la fois réalistes et exhaustifs sont nécessaires. Ces estimations doivent prendre en compte les coûts des composantes physiques et informatiques ainsi que les coûts de maintenance pour s’assurer que les services fonctionnent de manière efficace et durable », a ajouté Jochen Rudolph, expert en eau et assainissement à la BAD.

La SAE6 a également été l'occasion d'explorer et d'identifier les possibilités de renforcer liens de collaboration entre les initiatives mondiales, régionales et sous-régionales de suivi, afin de mieux suivre les progrès de l’ODD6.

Des idées innovantes ont également émergé. « La SAE a permis d’identifier de nouvelles approches pour suppléer aux mécanismes traditionnels de financement de l’eau à travers la création de liens avec différents acteurs dans le domaine tels que le tourisme ou le secteur privé », indique Tarek Ahmed, du Centre africain des ressources naturelles, une initiative de la BAD.

La délégation de la Banque à la SAE6 a également saisi l'occasion pour expliquer comment les cinq priorités de la BAD ou « Top 5 » ainsi que ses stratégies de financement climatique peuvent contribuer à accélérer la réalisation des ODD.

Les principales recommandations et résolutions de la SAE6 seront synthétisées dans la Feuille de route de Dar es Salam pour réaliser la sécurité en eau et l’assainissement en Afrique qui sera adoptée par le Conseil des ministres africains de l'eau en  fin de semaine.