Maroc : Lancement des travaux de la plus grande centrale solaire du monde, financée par la BAD

13/05/2013
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Le lancement officiel de la première phase des travaux de la centrale solaire de Ouarzazate a eu lieu vendredi 10 mai 2013, dans la commune rurale de Ghessate (province de Ouarzazate). La cérémonie s’est déroulée en présence du roi Mohamed VI, et des représentants de la direction de l'Agence créée par le Maroc pour le développement de l'énergie solaire (dite MASEN, pour “Moroccan Agency for Solar Energy” en anglais), ainsi que du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

La BAD finance la première phase de travaux de la centrale, à hauteur de 168 millions d’euros, prélevés sur ses ressources propres, outre un prêt concessionnel de 100 millions de dollars EU octroyé via le Fonds pour les technologies propres (FTP) l’un des fonds d'investissement climatique (FIC) géré la BAD. Les accords de prêts ont été signés le 19 novembre 2012. Mustapha Bakkoury, président du directoire de MASEN, a salué le soutien de la BAD dans la concrétisation de ce projet.

Ledit projet consiste en l’installation d’une centrale de 160 MW, qui constitue la première phase du complexe solaire de Ouarzazate, dont la capacité finale atteindra 500 MW. Aussi, la centrale de Ouarzazate sera la plus grande centrale au monde utilisant la technologie dite du “solaire concentré”. Le projet est structuré sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP), conclu entre MASEN et le consortium mené par International Company for Water and Power (Acwa Power) d’Arabie Saoudite.

Dans un témoignage diffusé à l’occasion de la cérémonie de lancement des travaux, Donald Kaberuka, président du groupe de BAD a salué le caractère innovant du projet : « C’est un exemple de montage financier innovant, qui illustre l’approche marocaine consistant à combiner des financements publics, privés et climatiques ». Et d’ajouter : « Le projet solaire de Ouarzazate est le premier projet en Afrique à recourir à la technologie solaire concentrée ». Selon lui, « cette centrale constitue une étape importante dans la stratégie de croissance verte et inclusive du Maroc ».

Le projet de Ouarzazate contribuera à diversifier les sources de production d’énergie (basées essentiellement sur les énergies fossiles) du Royaume, qui pour satisfaire ses besoins en énergie, dépend à près de 97 % de l’étranger. La première phase de construction permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre, en évitant l’émission de 240 000 tonnes de dioxyde de carbone par an, sur une période de 25 ans. Une industrie locale capable d’offrir au programme solaire des intrants manufacturés localement sera aussi développée. Selon une étude récente du cabinet conseil Ernst and Young, le Maroc est devenu le 2e pays le plus attractif au monde en matière de  développement de projets dans le secteur de l’énergie solaire concentrée.

Ce projet est le troisième du genre que finance la BAD dans le domaine des énergies renouvelables au Maroc, après la centrale thermosolaire de Ain Beni Mathar et le Programme intégré éolien, hydraulique et électrification rurale (PIEHER). Approuvé par le conseil d’administration de la BAD en juin 2012, le financement de ce programme intégré consiste en un prêt de la BAD de 359 millions d’euros et un  prêt concessionnel de 125 millions de dollars EU octroyé via le Fonds pour les technologies propres.

Le partenariat et la collaboration qui lient le Groupe de la Banque et le Maroc datent de plus de quarante ans. Donald Kaberuka a rappelé que la BAD est le premier partenaire au développement du pays, et que le Maroc est le premier client de la Banque. Les engagements cumulés du Groupe dans le secteur de l’énergie au Maroc s’élèvent à près de 1,35 milliards d’euros (soit 15 milliards de dirhams), sur un total de 10 milliards d’euros, tous secteurs confondus.