Plan d'action de Nairobi pour la promotion des investissements fonciers profitables à l’Afrique

07/10/2011
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Un forum de haut niveau s’est tenu à Nairobi, au Kenya, les 5 et 6 octobre 2011, sur Les investissements directs étrangers dans le foncier en Afrique.  Les participants ont décidé de promouvoir des modèles d'investissements fonciers qui augmentent la productivité agricole et maximisent les débouchés pour les agriculteurs africains.

Les chefs traditionnels, les représentants des gouvernements et du secteur privé, ainsi que les acteurs de la société civile ont souligné que la majorité des Africains tirent leur subsistance de l'agriculture et de l’élevage, et que les ffemmes constituent la majorité des petits exploitants agricoles.

Les conclusions du forum, sous le nom de « Plan d'action de Nairobi », soulignent qu’il est nécessaire de réduire impacts négatifs des acquisitions foncières à grande échelle.

Le forum s'inscrivait dans la ligne de ce que l'ancien président du Botswana, Festus Mogae, a appelé les « tendances dramatiques des acquisitions de terres à grande échelle par les multinationales à des fins agricoles, qui cherchent à assurer la sécurité alimentaire des nations industrialisées ». Dans de nombreux milieux, cette tendance équivaut à l'accaparement des terres.

Le ministre kenyan des Terres, James Orengo, a déclaré au forum que les exportations de l'Afrique vers les marchés internationaux ont considérablement baissé ces dix dernières années, principalement en raison des politiques protectionnistes adoptées par les pays industrialisés.

« C'est le point névralgique de la lutte pour les terres arables en Afrique, car il est maintenant devenu clair que les pays industrialisés ne sont disposés à recevoir des exportations agricoles de l'Afrique que lorsque ces denrées sont produites par leurs propres multinationales. »

Le ministre Orengo a fait observer que dans son pays, la fragmentation excessive des terres et les empiétements sur les zones marginales ont provoqué une faible productivité et la dégradation des sols. Ce qui, a-t-il ajouté, « a abouti à une forte concurrence pour les ressources en diminution et à l’éclatement de violents conflits».

Le gouvernement kenyan a dû intervenir pour arrêter la location de vastes étendues de terres à des investisseurs sans consultations approfondies avec les populations locales, et en tenant compte de la nécessité d'harmoniser la législation foncière avec la politique foncière nationale et la Constitution.

Le forum a décidé de promouvoir, l’année suivante, les évaluations des investissements à grande échelle effectués dans le passé ou en train de se faire. Les évaluations se feront par genre, et s’intéresseront à l’impact des investissements sur la pauvreté. L’objectif est de renforcer, à l’aide de preuves, la défense de la promotion d’investissements dans le foncier qui soient rentables, équitables et durables.

Le forum a également décidé de mettre en place, dans les deux prochaines années, un mécanisme de suivi et d’établissement de rapports sur les investissements fonciers à grande échelle, et de s'assurer que ces entreprises sont bénéfiques au développement économique national et aux communautés locales. À cet égard, les participants ont accepté de prêter une attention particulière aux droits fonciers des femmes.

En outre, les participants ont décidé d'élaborer des principes encourageant les investissements fonciers sains et durables, et de tout mettre en œuvre pour orienter les politiques budgétaires dans ce sesn dans les six mois.

À moyen terme, des efforts seront consentis pour mettre en œuvre des politiques foncières qui facilitent l'accès équitable et garantissent les droits des communautés, y compris les femmes, les investisseurs, tant locaux qu'étrangers.

M. Mogae préside la Coalition pour le dialogue sur l'Afrique (CoDA), qui a créé un forum de discussion sur les questions «pouvant être sujettes à controverse et où les processus habituels d’orientation des politiques pourraient ne pas avoir suffisamment de netteté ».

Le forum a été organisé par l'Initiative sur les politiques foncières (LPI), comprenant la Banque africaine de développement, l'Union africaine et la Commission économique des Nations Unies Commission pour l'Afrique.