Un nouveau rapport de la BAD apporte des solutions concrètes pour faire profiter les pays africains du Fonds vert pour le climat

06/12/2012
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Un nouveau rapport de la Banque africaine de développement, publié en collaboration avec Vivid Economics, met sur la table des propositions concrètes pour faciliter l’accès des pays africains au Fonds vert pour le climat.

Lancé à Doha en marge de la conférence de l’ONU sur le changement climatique COP18, le rapport « Pour que l’Afrique soit prête pour le Fonds vert pour le climat », adresse une série de recommandations au conseil du Fonds vert et aux pays africains destinées à augmenter leurs chances, avec l’appui de la Banque africaine de développement, pour accéder à plus de flux de financement climatique.

« Les pays africains ne sont pas encore prêts à tirer pleinement profit de toutes les possibilités que le Fonds vert pour le climat recèle, a déclaré Anthony Nyong, responsable de la Conformité et des sauvegardes à la BAD. Ce rapport met en lumière des actions qui aideront les pays africains à dépasser ces difficultés, avec l’assistance adéquate de la Banque africaine de développement. »

« Bien que le Fonds vert pour le climat puisse attribuer aux institutions nationales une plus grande responsabilité et imputabilité dans la gestion des flux publics de financement climatique obtenus auprès de sources internationales, l’expérience actuelle en matière d’accès direct montre que plusieurs pays, y compris en Afrique, ont éprouvé des difficultés à réaliser les opportunités fournies par l’accès direct », explique John Ward, de Vivid Economics.

En se fondant sur les enseignements des fonds actuels, le rapport a identifié plusieurs étapes clés qui devraient être franchies pour que les pays africains puissent réellement tirer profit des possibilités offertes par le Fonds vert.

En ce qui concerne le conseil du Fonds, le rapport a retenu dix actions qui devraient être enclenchées pour mieux répondre aux besoins africains. Entre autres actions, le rapport recommande que les ressources destinées au renforcement des capacités soient rapidement mobilisées, sans attendre que les aspects plus complexes du Fonds soient définitivement arrêtés.

Sur un autre front, le rapport plaide vivement pour l’enregistrement et le traitement des demandes d’accès direct ou de projet dans plusieurs langues, dont le français. Actuellement, les demandes au Fonds d’adaptation, un mécanisme de financement climatique mondial de la CNUCC, ne peuvent être soumises qu’en anglais. « Cela a pénalisé beaucoup de pays dont l’anglais n’est pas la première langue, empêchant même certains de soumettre leurs demandes », critique le rapport.

Quelque 200 millions de personnes, parmi les plus vulnérables au changement climatique, n’utilisent pas l’anglais.

Le rapport place, d’un autre côté, une importante responsabilité sur les épaules des pays africains. Il encourage fortement les pays africains à préparer un vivier crédible et solide d’opportunités de financement (et la documentation y afférente) fondées sur des plans d’action nationaux de croissance verte ou de changement climatique.

Il leur recommande en outre de s’atteler dès maintenant à préparer l’infrastructure nécessaire pour accéder au Fonds vert pour le climat. Chaque pays devra établir une Autorité désignée servant comme point focal pour toute interaction avec le fonds. Dans le cas du Fonds d’adaptation, seule la moitié des pays africains avaient créé un tel organisme.

Le rapport invite également les pays africains à se lancer dans un dialogue multisectoriel sur les opportunités fournies par le fonds, en associant la société civile et le secteur privé, tout en inscrivant cette action dans le cadre des réformes économiques nationales.

Pour aider les pays africains à dépasser tous ces défis, le rapport a identifié des domaines d’action pour la BAD. « La Banque africaine de développement peut jouer un rôle important pour améliorer l’accès direct des pays africains au Fonds vert pour le climat ». Il identifie la Facilité verte pour l’Afrique soutenue par la BAD comme une plateforme d’action possible.

Le rapport recommande à ce titre que la BAD appuie fortement le renforcement des capacités des organismes nationaux, avant et après l’accréditation. « L’on perd souvent de vue que les organismes nationaux ont également besoin de renforcement des capacités après leur accréditation », rappelle le rapport.

Enfin, le rapport estime que la BAD doit appuyer le développement de plans d’action pour la croissance verte ou le changement climatique spécifiques à l’Afrique. « Le travail que le BAD est déjà en train de réaliser pour soutenir la croissance verte dans certains pays comme la Sierra Leone ou le Mozambique peut constituer une excellente plateforme pour le développement d’un vivier de projets. Cela pourrait être un rôle central de la Facilité verte pour l’Afrique que la Banque africaine de développement souhaite contribuer à créer », suggère le rapport.